Écrit pour vous à partir d’un extrait d’un carnet de voyage d’un vieux.
Ce court texte est l’histoire d'un ancien opposant politique qui attend le métro. À la gare, au milieu des bruits des moteurs puissants, des vacarmes de toutes sortes et le va-et-vient des gens, avance lentement le silhouete d'un homme âgé. Quoique épuisé par le poids des ages, le vieil homme ne cesse de penser à Haïti, sa terre natale. Ce journaliste et analyste politique, opposant farouche contre le régime dictatorial et macoutique des duvaliers des années 70 et 80, continue d’écrire de ce pays de la Caraïbe. Il refuse de casser sa plume.
Il n’écrit pas pour tout simplement écrire. Comme l’artiste qui peint ou le musicien chanteur, compositeur qui chante l’injustice et l’inégalité, lui aussi, il écrit pour se plaindre de l’ingérence de l’international dans les affaires internes de son pays. Avec amertume, il écrit de la souffrance, de l’injustice, de l'inégalité sociale des masses défavorisées de même que des massacres à répétition dans des quartiers populaires dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince et le reste du pays. De plus, il écrit pour dénoncer l’exploitation à outrance de son peuple par une oligarchie locale. En un mot, il écrit pour, dénoncer ce qu’il voit, exprimer ce qu’il resent, et ce qu’il comprend. Il souffre, donc il écrit. Et certaines fois avec frustration.
Dans une station de train mouvementé par le va-et-vient des gens, le vieil homme, ancien activiste sociopolitique est assis sur un banc. Comme il attend l’arrivée de son train, de l’autre coté, il regarde des tableaux et d’affiches publicitaires de tout genre. Avec ses lunettes perchées sur son nez, parmi tous ces objets de décoration, il admire, particulièrement, une peinture d’expression qui “montre une scène de sévices corporel infligé à des esclaves”. Il y avait aussi un tableau de taille moyenne qui dénonce des siècles de traitre négrière et de colonisation sur le mur dans une gare qui, depuis bien des années, avec de grands changements effectués par la Mairie de la ville, se transforme en une galerie d’art de décolonisation.
Dans cette ambiance de variétés de couleurs, de dissension des uns et de différend des autres, l’ancien journaliste revivre, chronologiquement, les quarante ans de gabegies administratives dans une transition politique qui, dans les labyrinthes d’une démocratie occidentale, n’en finit pas. On dit souvent que si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, mais le décalage du temps n’a pas empêcher au vieil homme de jongler entre une vie remplie d’expérience du passé des sages, de fougue et d’energie des jeunes. Il tente de remonter le temps pour arriver à comprendre le présent qui dans la sagesse du silence lui apprend à écouter ce que le bruit cache dans le plus profond secret d’idées d’un sage.
Le silence n'est jamais vide. Il porte la fatigue, la colère et la résignation. Parfois l'amour qu'on arrive même pas à montrer. Il peut protéger, mais aussi détruire. Un silence trop long peut aussi briser....ou effacer une confiance. Par ce qu'au fond, se taire, c'est aussi choisir de laisser l'autre deviner. Et parfois, ce qu'il devine est aussi pire que la vérité, avions nous appris d’un fou sage qui croyait follement dans la sagesse des mots.
Si le sourd n’entend pas le tonnerre grondé, il verra la pluie, dit-on. Dans le langage des sages, il est aussi fait mention que les fous ne comprennent rien. Mais ils sont devenus fous par ce qu’ils ont tout compris, a dit un sage qui, lui-même, définitivement, n’est pas fou comme ceux-là qui espèrent rester ou retourner au pouvoir après le 7 février de cette année pour, en sortes, gaspiller comme de grands dépendeurs, le reste de ce qui est resté des fonds du Trésor public.
Dans le carnet de ce vieux sage, il est noté que les politiciens de son pays ne soucient pas de l’ampleur de la crise politique ou de la notion du temps parce qu'ils ne sont pas pressés. Pressé pour aller où? Et pour faire quoi? Sinon, ils veulent le pouvoir pour faire de l’argent. Ils refusent de laisser du temps au temps qui de temps en temps décide seul de l’avenir incertain de bien des choses qui malheureusement ne se comprennent pas toujours facilement. Maitre de l’avenir dans une école de sagesse follement mal pensé, le temps, dans bien des circonstances, semble ne pas enseigner à ces coquins de l’importance du temps qu’ils avaient, bien-entendu, gaspillés dans des futilités superficielles, insignifiantes etc.
Oui, sauf une meilleure compréhension du temps peut faire comprendre à ces opportunistes et affairistes politiques qui courent après des postes pour tout simplement faire de l’argent facile dans un pouvoir composé des agents corrompus des âmes méchantes, que le pouvoir arbitraire et fort même d’un puissant dictateur est momentané.
Puisque c’est l’accomplissement de petits ou de grands projets qui mesure la durée du temps, donc le maitre du temps et des circonstances, dans sa sagesse, permet toujours aux sages de courir après de grandes réalisations pendant, qu’il laisse d’une façon démesurée, aux fous qui se croyaient sages et même beaucoup plus intelligents que beaucoup d’autres, de partir après des choses passagères ou de courte durée.
Bref, toujours dans le carnet du vieux, il est aussi noté tout en regardant le passant qui passe, le vieil homme, dans un commentaire critique sur les commentaires évasifs ou irréfléchis des commentateurs, des gens non avisés sur la notion du temps, c’est que le temps n’est pas à nous, écrit-il. Étant tel, il est trop précieux pour lui de continuer à le gaspiller dans des futilités des politiciens traditionnels qui refusent de croire que le pouvoir politique n’est pas une question de postes, de richesse, de classe sociale, c’est une histoire d’engagement. C’est-à-dire tout en cherchant de comprendre les problèmes quotidiens des masses dans les quartiers défavorisés, c’est se faire le grand dépassement pour aller à la rencontre du peuple et rester attentif à ses besoins.
En attendant le train qui doit arriver sous peu, tout en rédigeant des lignes et des paragraphes de son carnet titré, l’interminable transition, le vieux journaliste pense à des acteurs politiques qui, dans le gaspillage du temps, des fonds du Trésor public, refusèrent de croire que même le pouvoir à vie est éphémère. Ils font le va-et-vient. Ils ont l'air tout à fait perdu et mal informé de la réalité sécuritaire d'un pays au bord d'un éclatement social. De passant qui passait au coordonateur qui passait chaque cinq mois pour coordonner le groupe de neuf membres d'un pouvoir exécutif, c'était absolument du bonnet blanc et blanc bonnet, peut-on lire dans le carnet du vieux opposant politique.
Comme le train tarde à venir, il a vu passer un haut fonctionnaire de l’État haïtien avec un passeport étranger qui court pour prendre un autre train. Ce ministre, bien-entendu qui ne fait pas parti des dirigeants haïtiens sanctionnés pour malversation, comme ces prédécesseurs, il minimise la fonction et le statut homme d’État. Ce dernier qui voyage régulièrement comme un pigeon voyageur, c'est encore le va-et-vient qui se faire pour une affaire de per diem et des dépenses au frais de la princesse de la ville de Port-au-Prince. Et en attendant les élections frauduleuses pour le retour illégal des honorables qui, à leur tour, dans leurs affaires imparfaites auront à déshonorer la fonction de parlementaire, c'est un pays qui se meurt dans un semblant de démocratie sans effectivement des démocrates. Définitivement, avec un État dans un tel état, Haïti est certainement dans un état incertain.
Dans ce méli mélo et de tohu-bohu politique dans les labyrinthes d'une transition démocratique à n'en plus finir, les passants passent comme les autorités qui tentent de se recycler et les honorables parlementaires qui se sont très déshonorés. Dans l’intervalle, des brigands, dans leurs actes de brigandages, kidnappent, violent et tuent des gens de la population. Ce qui fait que tant de vies sont gaspillées dans le gaspillage du temps des politiciens gaspilleurs. Et le mal dans tout ça, pour le malheur d’Haïti, comme des anciens grands dignitaires de l’État qui attendent leurs décharges pour qu'ils puissent enfin retourner décharger le reste de ce qui est resté du Trésor public, les gangs armés, fils de vipères, eux aussi ils espéraient avoir une amnistie pour leurs crimes et exactions commis sur la population. Ce serait de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, écrit le vieux.
Bref, quelques minutes plus tard, une fois dans le train, le vieux pense à bien des choses comme par exemple, le 16 décembre 1990. Un rêve assassiné. Tout en cherchant des mots pour des maux face au problème d’insécurité généralisée aussi bien que de l’après le 7 février, le vieux, dans un style satirique se voulait que ses écrits se servent comme une pensée pour panser les plaies de la société haïtienne causées par la violence des gangs armés dans le pays.
Il remet en question les accords qui désaccordent les familles haïtiennes. Selon ce qui est écrit dans le carnet de ce vieux, tout en signant des mauvais accords, les hommes politiques, considérés comme des grands mangeurs d’Haïti, ils mangeaient avec un appétit dévorant l’argent du tremblement de terre du 12 janvier 2010 aussi bien qu’à celui du Petro Caribe. Ces derniers n'ont pas de temps pour se soucier des injustices dans un pays de deux peuples, de deux modes de vie contrasté. Un pays fait d'inégalité et de corruption de tout genre? Les dirigeants politiques n’ont pas de temps pour penser pays. Leur temps c'est de l'argent. De l'argent, dans bien des cas, venant des agents destructeurs des âmes méchantes, peut-on lire dans la note de ce vieil homme.
Dans cet État en mauvais état, l'engagement de ces mauvais dirigeants dans la gestion de la cité est inexistant. Comme dans un grand Bric-à-Brac dans un quartier populaire déserté de leur population, des dirigeants du pouvoir de l'exécutif, au fond, n'exécute absolument rien sinon que leurs poches aussi bien que celles de leurs proches, ajoute l’opposant politique, le vieux journaliste qui refuse de casser sa plume.
Au frais de la princesse, avec l'argent des pauvres contribuables port-au-princiens et du reste du pays, ces officiels haïtiens voyagent tout le temps. Ils séjournent dans des hôtels cinq étoiles, pendant que la population, aux abois, dort à la belle étoile aux Champs-de-Mars. Dans leur confort exceptionnel fait de chambre spacieuse, salle de bain privée, Wifi et services personnalisés, sans les lunettes d'un nationaliste visionnaire, ils accumulent leur per diem. Ils gaspillent l’argent de l’État. De ce fait, on a l'impression que le ministère des Affaires étrangères est beaucoup plus étranger dans les affaires diplomatiques du pays
Basé sur des commentaires de divers commentaires des commentateurs politiques de ces derniers jours, dans son carnet, pour mieux décoder les maux du pays, avec bien entendu des mots, le vieux, dans un style satirique ou de raisonnement par l'absurde, tente, dans une tentative désespérée de comprendre le comportement incompréhensible des hommes politiques qui veulent encore rester au pouvoir. Tout en ridiculisant cette absurdité, aussi triste que ça en a l’air, le ridicule de l’affaire, même avec neuf présidents et un Premier ministre pour un pouvoir exécutif anencéphale ou décacéphale, plus de territoires sont perdus pendant le pouvoir de ces perdants politiciens. Tant de vies et de ressources sont gaspillées dans le gaspillage du temps de ces politiciens gaspilleurs. Le rêve rêvé de ces rêveurs politiciens, c'était d'être chef. Malheureusement pour zéro résultat, peut-on lire dans le carnet du vieux.
Et le vieil homme a conclu en ces termes, ils sont membres du CPT, Premier ministre, ministres, conseillers politiques, opposants dans l'opposition pour des postes, signataires d'accords, etc. Ils sont des corrompus qui ont pillé les caisses de l'État. On ne change pas une équipe qui gagne, avions-nous appris des chroniqueurs sportifs. Mais quand une équipe est incapable de donner de résultats, il est un impératif de tout changer comme dirigeants, entraineurs et joueurs, etc. Et ce exemple est valable aussi pour les politiciens haïtiens.
En fin de compte, ce sont des dirigeants qui veulent encore rester au pouvoir. À ce stade pour faire quoi?, se questionne le vieil homme. Ce vieux qui, en dépit des vicissitudes de la vie, continue encore son longue journée chaotique de voyage dans le pétrin d’un train
Prof. Esau Jean-Baptiste
