À Marigot (région Sud-Est d’Haïti), la section communale de Macary a été le théâtre d’une violence inouïe tôt le vendredi 30 janvier 2026. Une incursion d’individus lourdement armés a plongé la localité de Tèt Ka Jak dans le deuil, avec un bilan provisoire de sept morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels considérables, selon les informations rassemblées par la rédaction du quotidien Le National.
Le réveil a été brutal pour les habitants de Tèt Ka Jak. Aux premières heures de la matinée, des détonations d’armes automatiques ont brisé le calme de cette zone rurale de Marigot. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, une bande armée a pris d’assaut la communauté, tirant de manière indiscriminée sur les résidents.
Lourd bilan
Le bilan de cette expédition punitive est tragique et révoltant. Au moins sept personnes ont succombé à leurs blessures par balles sur le coup; quatre autres blessés graves ont été transportés en urgence vers les centres hospitaliers les plus proches, notamment à Jacmel, alors que les autorités locales craignent que ce chiffre ne s'alourdisse dans les prochaines heures.
À côté de pertes en vies humaines, les assaillants ont semé la terreur en utilisant le feu. Plusieurs maisons ont été incendiées, forçant des dizaines de familles à fuir vers les bois environnants pour échapper aux flammes. Les agresseurs ne se sont pas arrêtés là, ils ont volé ou détruit plusieurs motocyclettes, principal moyen de transport des agriculteurs et des commerçants de la zone, paralysant ainsi toute activité économique dans la section de Macary.
Insécurité galopante
Cette attaque s’inscrit dans un contexte de détérioration sécuritaire alarmante en Haïti. Bien que le département du Sud-Est ait longtemps été considéré comme une zone de paix relative, les incursions de gangs venus des régions limitrophes se multiplient. Les autorités de transition, qui ont récemment annoncé des élections pour 2026, font face à un défi colossal pour protéger les populations civiles face à de groupes armés de plus en plus mobiles et audacieux.
Lors de cette incursion, aucune présence policière renforcée n'a été signalée dans la zone pour sécuriser le périmètre. Les habitants de Tèt Ka Jak, livrés à eux-mêmes, lancent un cri de détresse au gouvernement et à la Police nationale d'Haïti (PNH) pour éviter que ce massacre ne reste impuni.
Mitchel Kewing ETIENNE
