Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, le 28 janvier 2026, une résolution prorogeant jusqu’au 31 janvier 2027 le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
Dans ce texte, présenté par les États-Unis et le Panama, le Conseil de sécurité réaffirme son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité et à l’unité territoriales d’Haïti. Il se dit favorable à une solution globale, durable et dirigée par les Haïtiens, exhortant toutes les parties prenantes à s’entendre sur la future structure gouvernementale.
Le Conseil exprime sa profonde préoccupation face au manque de progrès accomplis dans la transition politique et réitère l’importance de la mission de bons offices du BINUH afin de favoriser un processus politique dirigé par les Haïtiens, avec la participation de tous.
La résolution se dit également vivement préoccupée par la situation critique en matière de sécurité, condamnant avec la plus grande fermeté l’augmentation des violences, des activités criminelles et des violations des droits humains, notamment la violence sexuelle, les homicides, les exécutions extrajudiciaires, ainsi que le recrutement et l’enlèvement d’enfants par des gangs armés.
Par cette décision, le Conseil révise le mandat du BINUH, dirigé par un Représentant spécial du Secrétaire général, chargé d’exercer ses bons offices et d’assurer la coordination, notamment en ce qui concerne le respect des droits humains, le processus politique, l’état de droit et la lutte contre l’impunité.
Le BINUH est notamment chargé de faciliter le dialogue national interhaïtien, de soutenir l’action des autorités haïtiennes pour l’organisation et la tenue d’élections municipales, parlementaires et présidentielles prévues en 2026, et d’assurer un transfert pacifique du pouvoir aux élus haïtiens. Il devra également coordonner l’assistance électorale internationale en coopération avec des acteurs régionaux et internationaux.
La résolution prévoit en outre un appui aux autorités haïtiennes pour réduire la violence, mettre en place un programme de désarmement, de démantèlement et de réintégration, et remédier au problème de la détention provisoire prolongée, tout en assurant la veille et le suivi des atteintes aux droits humains.
Dans le cadre du suivi de l’application de cette résolution, le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de lui rendre compte tous les 90 jours de la mise en œuvre des dispositions relatives au mandat du BINUH.
Le Conseil de sécurité prie également l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) de lui faire rapport tous les six mois, par l’intermédiaire du Secrétaire général, sur l’évolution de la criminalité transnationale organisée, y compris le trafic d’armes et les crimes financiers, ainsi que sur l’action menée conjointement avec le Centre régional pour la paix, le désarmement et le développement en Amérique latine et dans les Caraïbes (UNLIREC), dans le prolongement de la Feuille de route des Caraïbes sur les armes à feu et du Plan d’action national d’Haïti établi au titre de cette Feuille de route, ainsi que sur les activités menées par les entités des Nations Unies dans ces domaines.
Dans cette même dynamique, le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de lui présenter, dans un délai de 90 jours, un rapport écrit, établi en consultation avec les autorités haïtiennes, présentant un éventail d’options envisageables et les coûts y associés pour l’appui que l’ONU et la communauté internationale pourraient apporter à l’exécution d’un programme de désarmement, de démantèlement et de réintégration dirigé par les Haïtiens, ainsi qu’un soutien à la mise en œuvre de la réforme de la justice, au renforcement du contrôle interne et à la lutte contre l’impunité, en optimisant les efforts engagés et les dépenses afin d’éviter les chevauchements et les doubles emplois.
Sorah Schamma Joseph
