Des individus lourdement armés appartenant à la coalition criminelle « Viv Ansanm » ont attaqué la localité de Kajak, dans la section communale de Nouvelle Touraine, à Kenscoff, limitrophe du Sud-Est, dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 janvier 2026. Une dizaine de personnes ont été tuées, parmi elles trois brigadiers et un nourrisson de trois mois.
Selon le magistrat de la commune, Massillon Jean, cette attaque survient un an et trois jours après l’invasion de Kenscoff par les membres de la coalition « Viv Ansanm », qui avait alors causé la mort de plus de 450 personnes, incendié de nombreuses habitations, détruit des plantations, pillé du bétail et ravagé des hôtels de standards internationaux. Près d’un an après ce drame, les gangs armés frappent de nouveau, faisant cette fois plus de sept victimes.
Le magistrat précise que les bandits ont investi la localité de Kajak, où ils ont provoqué d’importants dégâts, notamment des pertes en vies humaines. La population a été contrainte d’abandonner ses maisons sous les balles des gangs.
Toutefois, il souligne également que plusieurs sections communales demeurent sous l’emprise des gangs, qui contrôlent des zones reculées difficiles d’accès pour les forces de l’ordre. Face à cette situation, agent exécutif intérimaire Massillon Jean lance un appel pressant aux autorités de l’État afin de doter la Police nationale d’Haïti (PNH) de moyens adéquats, notamment de supports aériens, pour mener des opérations musclées dans ces zones gangrenées.
Par ailleurs, le magistrat reconnaît la fragilité des localités concernées, où aucune opération policière n’est actuellement engagée. Il déplore que les CASEC et ASEC n’aient pu résister aux assauts répétés des gangs armés.
Il réclame des interventions similaires à celles menées dans les quartiers du bas de la ville, insistant sur la nécessité d’opérations simultanées « en amont et en aval » afin d’empêcher les bandits de se replier d’une zone vers une autre dans les sections rurales. Il demande également le soutien des autorités du Sud-Est, rappelant que Kenscoff partage des points limitrophes avec plusieurs quartiers sensibles, dont Carrefour et Grand-Ravine.
Alors que la PNH intensifie ses offensives au centre-ville de Port-au-Prince, l’agent exécutif intérimaire Massillon Jean plaide pour des actions comparables dans la commune de Kenscoff. Selon lui, les connexions géographiques favorisent le déplacement des individus armés, qui pourraient quitter le bas de la ville pour renforcer leur présence à Kenscoff. Il tire la sonnette d’alarme et appelle les forces de l’ordre à répondre aux gangs avec fermeté.
Au demeurant, il réaffirme son engagement à lutter contre les criminels armés afin que l’ordre et la paix soient rétablis dans les zones de Kenscoff, autrefois une commune paisible et touristique dans le pays.
Likenton Joseph
