N’est autre que fait preuve de discernement politique, c'est-à-dire « analyser une situation complexe sous tous ses angles, anticiper les conséquences des décisions et porter un jugement éclairé, objectif et perspicace, au-delà des émotions immédiates. Cela implique de la clairvoyance, de l'indépendance d'esprit, et la capacité de distinguer l'intérêt général des influences partisanes ».
C’est aussi fait le dépassement pour comprendre que le chef d'orchestre est capable d’accorder tout ce qui, ces derniers mois, avait été désaccordé par des accords mal accordés dans l'accordéon des mauvais dirigeants qui ne savaient pas comment donner de la cohésion à l’exécution d’un pouvoir exécutif décacéphale. « Donner de la cohésion à un gouvernement nécessite une direction claire, une solidarité ministérielle et une communication unifiée. Cela passe par un cap politique partagé, des méthodes de travail collégiales (réunions régulières), et la gestion des désaccords en interne pour afficher une unité face aux défis. »
Par contre, en désaccord avec tout accord qui ne s'accorde pas à accorder de la priorité aux problèmes de l’insécurité généralisée est plus que légitime. Puisqu’il est inconcevable et ironique à la fois que des hommes d’affaires et politiques, avec leur pouvoir d’argent et leurs accointances dans les médias locaux font de la propagande pour un accord qui ne tient pas en compte de la tuerie de la population.
Au-delà de toute considération, tout accord qui continue d'accorder des privilèges aux hommes d’affaires est un accord mal accordé. Il est impensable que les masses pataugent dans la misère la plus abjecte pendant que, comme des rapaces, cette classe des affaires venue d’horizon divers a accaparé toutes les richesses du pays. De plus, quand des familles à elles seules contrôlent toutes les richesses du pays pendant que le reste de la population n’a absolument rien, donc il faut qu’il y ait un accord qui pénalise les coupables, que ce soient les nouveaux riches aussi bien que les petits-fils de ceux-là qui ont été absents au combat de Vertières le 18 novembre 1803.
Cela fait plus de deux-cents ans depuis que des ingrats et des traitres à la nation ont assassiné l’Empereur Jean-Jacques Dessalines. Ces gens l’avaient assassiné pour pouvoir empêcher son rêve et l’idéal de prospérité pour les nouveaux libres d’alors, dont aujourd’hui, leurs petits-fils vivotent dans les bidonvilles dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, des villes et sections rurales des provinces du pays. Tant qu’il y a des familles dans les bidonvilles qui meurent de faim et des paysans qui n’ont pas de terre et des matériels modernes pour leurs travaux agricoles pendant que des nantis de la classe d’affaires, avec la complicité de la classe politique vassalisée ont accaparé toutes les richesses du pays, y compris les terres des paysans, il faut qu’il ait un accord avec un gouvernement de Salut public pour mettre fin au projet de sabotage de l’idéal dessalinien.
Depuis la mort de l’Empereur en 1806, les agents du système oligarchique monopolisent tout le système économique du pays. Ainsi, la distribution de richesses et de services publics est mal orientée. Le système économique imposé au peuple l’asphyxie tout simplement. Aujourd’hui, kidnappings, corruption, misère, pénuries, crises sociales et politiques, villes paralysées par des bandits sont les grands titres d’actualité des journaux internationaux sur Haïti qui, autrefois, était un lieu d’accueil et d’hospitalité pour les opprimés. Face à ce constat accablant, il faut qu’il y ait un accord qui enlève tout privilège entre les mains de ceux-là qui ont toujours eu le monopole de richesses et de la violence dans le pays. Cet accord doit mettre fin aux pouvoirs politiques et économiques de cette oligarchie rapace qui, depuis la mort de l’Empereur le 17 octobre 1806, affiche leur totale indifférence face au sort des masses défavorisées.
Il est temps pour ceux et celles qui croupissent dans les bidonvilles et dans divers coins de l'arrière-pays de respirer ? Avec la prolifération des armes dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et les villes de province, Haïti est devenue un vaste champ de tir. Donc, si un accord ne prend pas en compte les problèmes de l'insécurité qui s'éternise dans tout le pays, c’est un accord qui n’est pas accordé.
En fin de compte, le véritable accord, ce n’est pas seulement un compromis entre les partis et organisations politique, c’est aussi celui d’un chef de gouvernement visionnaire, avec la vision d’accorder tout ce qu’avait été, ces dernières années, désaccordé par des accords mal accordés dans l'accordéon de mauvais chefs d’orchestre. L’accord, celui signé ce weekend, doit-être une source d'inspiration pour les opprimés, non pas une opportunité de plus pour les dilapidateurs, les assassins, les voleurs, les violeurs, les démarcheurs politiques aussi bien que les oppresseurs d’imposer leur nouveau joug de déshumanisation au peuple haïtien. Haïti doit, à travers un accord inclusif, se retrouver là ou l’idéal dessalinien avait été assassiné le 7 octobre 1806. Cependant, tout accord qui ne vise pas d’inclure les exclus, de résoudre les problèmes de l’insécurité, puis l'organisation des élections générales et crédibles à la fin de cette année est définitivement un accord mal accordé.
Prof. Esau Jean-Baptiste
