Face à la dégradation continue de la situation nationale, marquée par l’insécurité généralisée, la corruption institutionnalisée et l’effondrement de l’autorité de l’État, AKSYON POU AYITI KAPAB (AKAP) estime de son devoir patriotique d’interpeller la nation sur les limites juridiques, politiques et morales de la gouvernance actuelle du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
insi, AKAP rappelle que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition arrive à expiration le 7 février 2026. Cette échéance est juridiquement établie et politiquement non négociable. Conformément à l’Accord politique du 3 avril 2024, notamment en ses articles 12.1 et 13, la transition est strictement limitée dans le temps et aucune disposition ne prévoit la prolongation du mandat du CPT. En outre, confirmée par le décret du 10 avril 2024 portant création, organisation et fonctionnement du Conseil Présidentiel de Transition. Les articles 4 et 10 dudit décret consacrent sans ambiguïté le caractère exceptionnel, transitoire et temporaire du CPT, avec un mandat qui prend fin au plus tard le 7 février 2026, sans possibilité de renouvellement ni de prorogation.
Désormais, Toute tentative de prolongation, directe ou déguisée, constituerait une violation grave des textes fondateurs de la transition, un abus de pouvoir et une rupture avec les engagements pris devant le peuple haïtien. Une telle dérive ne ferait qu’aggraver la crise de légitimité et approfondir la défiance populaire.
En effet, après plusieurs mois de gouvernance, le constat est sans équivoque : l’action du CPT repose essentiellement sur deux réalités dominantes, la corruption et l’insécurité. L’État continue de perdre le contrôle de larges portions du territoire, les groupes armés étendent leur emprise, les ressources publiques sont gérées dans l’opacité, et la population demeure livrée à la violence, à la peur et à la précarité. Loin d’incarner une rupture, cette transition a reproduit les pratiques qui ont conduit à l’effondrement actuel. Elle n’a ni restauré la sécurité, ni renforcé les institutions, ni ouvert une perspective crédible de redressement national. Elle s’est révélée donc incapable de répondre aux attentes fondamentales du peuple haïtien.
Face à cette situation, AKAP rejette catégoriquement toute velléité de prolongation du CPT et toute tentative de normalisation de ce modèle de gouvernance. Prolonger le mandat du CPT reviendrait à institutionnaliser l’échec, à légitimer la corruption et à banaliser l’insécurité comme mode de gestion de l’État.
C’est dans ce contexte que AKAP propose que l’Université d’État d’Haïti (UEH), en tant qu’institution publique, autonome et historiquement légitime, assume un rôle de médiateur national, aux côtés des forces vives du pays : organisations populaires, mouvements sociaux, syndicats, paysannerie, jeunesse, secteur académique et intellectuels engagés ... Cette médiation doit permettre de construire une alternative nationale claire, souveraine et crédible, rompant avec les dérives du modèle actuel.
AKAP appelle enfin le peuple haïtien à la vigilance et à la mobilisation citoyenne afin que le pays ne retombe jamais dans ce modèle de gouvernance fondé sur l’improvisation, la corruption, l’insécurité et la confiscation du pouvoir. Le 7 février 2026 doit marquer la fin d’un cycle d’échecs, et non l’ouverture d’une nouvelle crise politique.
Par conséquent, AKSYON POU AYITI KAPAB (AKAP ) réaffirme son engagement pour une Haïti souveraine, sécurisée, juste et capable, fondée sur le respect des textes, la responsabilité politique et la dignité nationale. La rupture n’est pas une option, elle est une nécessité historique.
Port-au-Prince, le 18 Janvier 2026
Peterly ADRIEN, Coordonnateur Général Adj
Rodné Pascal, secrétaire général Adj
Blanchard CHARLES, Secrétaire General
Johny VILCIUS, Porte-parole
Jhonsy Charles, Responsable Relation Internationale
