L'oncle, celui qui fut, qui est, et qui sera, dans son ‘’amour incommensurable’’ pour Haïti, le pays de père Thomas, avait imposé son neveu bien-aimé pour asseoir sur le trône grâcieux de la Primature. Cette décision dans le contexte actuel de grave crise, est claire que pour le moment, le neveu représente le seul et unique héritier de l’oncle. Il est celui en qui l’oncle a mis toute son affection. En pleine traversée du désert faite de graves crises d’instabilités politiques et d’insécurités généralisées, le neveu bien-aimé, dans cette phase de transition, a la confiance absolue, l’appui indéfectible, total et inconditionnel de son oncle pour conduire le pays là où les neuf chefs d’un pouvoir exécutif ne l’avaient pas fait. Avec pour mission de conduire le peuple vers la terre promise, aujourd’hui, c’est ce puissant neveu bien-aimé que la foule suit égarement. Cette grande foule le suit par-ce-qu’elle se rend compte que le neveu trouve grace aux yeux de son oncle, c’est-à-dire, il est apprécié, bien vu ou obtenir la faveur de ce grand personage, celui qui décide de tout.
Et c’est ce neveu, après l’onction et l’approbation de son puissant oncle qui avait, pour la réalisation de son projet, fait appel à plus d’un. Pour renforcer son action sur le terrain, il cherche le support de multiples partis et organisations politiques. Ainsi, certains ont cessé de pleurer sur leurs sorts. D’autres, des recyclés, des fauves de la faune politique, des chercheurs d’emplois qui, bien-entendu, cherchent une opportunité pour se faire une santé économique, tous en la circonstance, ils profitent de cette main tendue. Ils courtisent le neveu de l’oncle. Leur action, tout en disant long de ces partis et organisations politiques, révèle à quel point les hommes et femmes d’Haïti tenaient à faire partir des ministres qui auront à accompagner le neveu dans la courte mission de transition que lui confiait son oncle.
Mais avec le temps, la lune de miel entre l'abeille et les consonmateurs du sirop miel ne durera pas pour trop longtemps. De la même façon que corder aujourd'hui, et décorder demain, nombreux de ceux qui signent ou font de la promotion de l'accord, une fois le ''bonbon sirop’’ est mal partagé, ils, comme d’habitude, seront dans l'opposition pour grossir le ton et exprimer leur colère, ou tout simplement pour se faire mieux entendre, et obliger le neveu à penser à eux. Et dans l’immédiat, si rien n’est fait dans ce court mandat de transition, ainsi commencera le grand débat entre accorder d'hier pour finalement désaccorder aujourd'hui.
Dans un pays ou les élites politiques et économiques donnent les priorités au verbe avoir sur le verbe être, surtout au temps présent, donc conjuguer un verbe au future avec eux, c’est tout simplement du temps perdu. C’est comme planifier le divorce avant même la lune de miel avec un homme d’affaires qui est toujours imparfait dans leurs actions imparfaites.
Question pour dire que les opposants, toujours en opposition pour des positions politiques, ils seront dans les radios à grande écoute pour crier à haute et intelligible voix pour dénoncer le neveu bien-aimé du puissant oncle. Et dans leur dénonciation, même cela ils le feront très mal. Pour boycotter ce qu'ils avaient signés tantôt, ils appeleront leurs alliés dans le gouvernement à se démissionner. Mais là, c'est mal comprendre un politicien haïtien qui est en poste. Ils ne démissionnent pas.
En fin de compte, dans cette jungle de mal des malfinis, produit de l'aigle, laboratoire de tous les maux d'Haïti, les zélés d’aujourd’hui, opposants de demain, dans leur frustration, ils dénonceront énergiquement le processus électoral. Là, avec de tel acharnement dans leur dénonciation de ce que fait le dirigeant qui est bien aimé, seul l'oncle peut, comme un parent qui, dans un fait semblant, tente de punir des enfants tout simplement trop indisciplinés dans leurs actes de vagabondages, les rappeler à l'ordre pour les dire de mettre fin à leur pratique de mauvais gout. A bon entendeur, salut. C’est-à-dire, celui qui a bien compris ce qui est écrit dans ce court texte est alors prévenu.
Prof. Esau Jean-Baptiste
