« Je me sers des animaux pour instruire les hommes ». Cette célèbre citation est tirée de la dédicace à Monseigneur le Dauphin au début de ses Fables (Livre I). Jean de la Fontaine « utilise l'allégorie animalière, où les animaux parlent et agissent pour incarner des défauts ou vertus humains, afin d'éduquer, divertir et critiquer la société avec subtilité ». Dans ce texte, mis à part les quelques lignes du préface du livre Nelson Mandela Conversations avec moi-même, j’utilise aussi les bases du Tango, cette romantique et sensuelle danse comme une sorte de précautions que devrait prendre la nouvelle administration, si toutefois elle veut trouver une solution à cette crise sécuritaire et d’instabilité politique que traverse le pays. «Pour bien danser le tango, vous devez laisser la musique vous envahir et la sentir circuler dans votre corps. Écoutez donc du tango aussi souvent que vous le pouvez! Pendant que vous faites la vaisselle, dans votre voiture, en prenant le petit déjeuner et au diner. Vous devez vous familiariser avec le tango afin de comprendre ses mécanismes et savoir ce qui va se passer dans les morceaux pour ne pas vous laisser surprendre par les changements rythmiques.»
De plus, « Avant de danser avec une partenaire, vous devez apprendre les mouvements de base, surtout si vous êtes un homme et devez conduire. Vous devez vous préparer un minimum avant d'inviter quelqu'un à danser. Imaginez que vous allez sur un court de tennis avec des talons aiguilles et un club de golf ! Bien sûr, vous pouvez apprendre avec une partenaire débutante, cela vous facilitera l'apprentissage à tous les deux », peut-on lire.
« Devenir un bon danseur de tango n'est pas une chose facile et il faut pour cela avoir un bon professeur. Vous pouvez en revanche apprendre les bases seul ou avec une amie. De cette romantique et sensuelle danse il est dit aussi que vous devez embrasser votre partenaire de façon sensuelle, mais avec confiance, tout en étant souple, léger et prêt à tout. En dansant le tango, les deux partenaires se reflètent et se complémentent naturellement. C’est embrassé votre partenaire ou allié politique pour la réussite d’une cause juste. Si le tango est une danse romantique et sensuelle, quant à la politique elle n’est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est la seule pour combattre le malheur et elle seule, à l’échelle d’un pays ou du monde put le faire efficacement et social. »
Tout ceci c’est pour dire, pour danser politiquement avec des récalcitrants, particulièrement dans le cas d’Haïti, pays instable et de mangeur d’homme, il vous faut se faire une idée des risques et des conséquences surtout négatives qui peuvent en découler. Si en dansant le tango, « vous n'adoptez pas la bonne posture, non seulement vous risquez de paraitre ridicule (le ridicule ne tue pas direz-vous), mais vous risquez de blesser votre partenaire. Si vous êtes courbé vers l'avant, vous obligez votre partenaire à se pencher en arrière ce qui peut endommager sa colonne vertébrale et elle devra tourner autour de vous en faisant attention de ne pas glisser ou de vous marcher sur les pieds. Vous aurez bientôt du mal à trouver une partenaire avec qui danser! »
Cette démarche doit être applicable aussi dans les relations de cohabitation entre le chef de gouvernement et ses ministres surtout s’ils sont d’appartenance politiques différentes. Mais, elle est aussi plus nécessaire dans le cas d’Haïti où, ces derniers jours, il y a des tractations entre le pouvoir exécutif et des activistes politiques, quant à la formation d’un gouvernement, pour le partage des ministères et des postes de directions générales.
Quand, au bout du tunnel, l'espoir semble presque vain, voire même impossible, il est un impératif de faire le grand dépassement pour aller à la rencontre des autres, pour enfin, vers un avenir meilleur, surtout pour le bien-être collectif, rendre l’impossible, possible. L'ancien président des États-Unis, Barack Obama, préfacier du livre: Nelson Mandela Conversations avec moi-même écrit ce qui suit: «Nous connaissons tous des jours où l'espoir semble presque vain-des jours où l'adversité et nos imperfections nous conduiraient presque à suivre un chemin plus facile, un chemin qui nous permet d'éviter nos responsabilités vis-à-vis des autres. Mandela a lui aussi connu des jours comme ceux-là. Pourtant, même quand la lumière du soleil peinait à éclairer sa cellule à Robben Island, il voyait toujours devant lui un avenir meilleur-un avenir qui méritait ses sacrifices. Même quand il fut tenté par la vengeance, il comprit que la réconciliation était nécessaire et que les principes étaient plus puissants que la force brutale.»
Tout en utilisant les mots de l'ancien président comme un paracétamol ou ibuprofène pour aider à guérir les maux de division, il est aussi du devoir de la nouvelle équipe de transition de se servir de sa pensée positive pour panser les plaies les plus poignantes et douloureuses que traverse le pays. Quand pendant des années, l'obscurité s'éternise en permanence, au point que dans leur âme méchante, elle empêche même à la lumière du soleil d'apporter son chaleur d'espoir dans le cœur des désespérés, la nouvelle administration, dans un élan de solidarité, doit chercher, par des actions concrètes à inspirer la nation.
Prof. Esau Jean-Baptiste
