L’ascension est fulgurante, presque méthodique. En l’espace d’une saison, Melchie Daëlle Dumornay — Corventina pour le football mondial — a changé de dimension économique. Classée 8ᵉ joueuse la plus chère du monde en 2024, la star mirébalaisienne occupe désormais la 5ᵉ place du Top 10 mondial de SoccerDonna, référence européenne en matière de valorisation du football féminin.
Cette progression spectaculaire est la conséquence directe de ses performances de très haut niveau avec l’OL Lyonnes lors de la saison 2025. Impact décisif, constance, maturité tactique et capacité à faire basculer les rencontres : autant d’éléments qui ont convaincu les analystes de rehausser sa valeur marchande à 1,2 million d’euros. Seules le Ballon d’Or Aitana Bonmatí, Alessia Russo, Mariona Caldentey et Patri Guijarro la devancent désormais.
Ce chiffre fait de Corventina la joueuse la plus chère de l’Arkema Première Ligue, un statut qui dépasse le symbole. Elle devance nettement ses coéquipières lyonnaises Selma Bacha (820 000 €) et Jule Brand (800 000 €), confirmant son rôle central dans le projet sportif du club rhodanien et son attractivité sur le marché international.
Derrière elle, le Top 5 d’Arkema illustre la densité du championnat français : la Parisienne Sakina Karchaoui est estimée à 750 000 €, tandis que la jeune prodige lyonnaise Yohannes, en pleine ascension, atteint déjà les 700 000 €. Mais aucune n’affiche une progression aussi rapide et structurée que l’internationale haïtienne.
Au-delà des chiffres, cette valorisation raconte une histoire plus large : celle d’une joueuse issue de Miragoâne devenue actif stratégique du football européen, et ambassadrice incontestable du football féminin haïtien. Dans un sport où la reconnaissance économique reste un combat, Corventina impose une évidence : le talent, lorsqu’il est accompagné de performances et de vision, finit toujours par trouver sa juste valeur.
Le National félicite la Grenadière pour cette nouvelle étape franchie et forme le vœu qu’elle poursuive sur cette trajectoire d’excellence, portant haut les couleurs d’Haïti et confirmant, saison après saison, que le football féminin haïtien a désormais un visage… et un prix.
Gérald Bordes
