Dans l’attente que les forces de sécurité haïtienne assument et assurent pleinement leurs rôles et fonctions envers la nation, afin de protéger les familles et l’ensemble des communautés et populations évoluant sur tout le territoire national, cela ne nous empêche pas de porter l’attention sur l'un des sujets assez pertinents, voire déterminants comme la cyber défense et l'armée en Haïti.
De nombreuses questions parmi les plus pertinentes, ont été formulées le samedi 22 août 2023, au Karibe, par le spécialiste en informatique Guy P. Etienne, en abordant la problématique de “la cyberdéfense et la technologie, construire une armée équipée, moderne et professionnelle ?”.
Dans l’attente de trouver des réponses concrètes à ces questionnements, sous forme d’actions pratiques, préventives et utiles dans l'intérêt de la population en en général, et pourquoi pas pour protéger les institutions et le territoire dans toutes ses dimensions physiques et numériques, l’intervenant a débuté sa communication par ces propos : “Si demain les communications d'une institution stratégique de notre pays sont paralysées, si des informations sensibles sont compromises ou si un système essentiel au fonctionnement de l'État devient indisponible, sans qu'un seul soldat ennemi n'ait franchi notre frontière, sommes-nous simplement face à un problème informatique ? “.
Dans sa réponse apportée, il a pris le soin de rappeler : “Je ne le pense pas. Nous sommes potentiellement face à un problème de sécurité nationale. Et c'est précisément pour cette raison que la réflexion sur la modernisation des Forces Armées d'Haïti doit aujourd'hui intégrer la cyberdéfense et les nouvelles technologies.”.
De quoi parlons-nous véritablement ?
Désormais, une nouvelle dimension de la défense s'impose dans la gouvernance et la sécurité des États et leurs institutions. "Pendant longtemps, lorsque nous parlions de défense nationale, nous pensions principalement à trois espaces : la terre, la mer et l'air. Aujourd'hui, un autre espace est devenu incontournable : l'espace numérique. Les systèmes informatiques, les réseaux de communication et les données jouent désormais un rôle essentiel dans le fonctionnement des institutions modernes.”, informe Guy P. Etienne.
Des considérations importantes apportées, le professionnel et professeur des technologies souligne dans son argumentaire que: “Cela signifie qu'une armée peut disposer de personnel, de véhicules, de moyens de surveillance et d'équipements modernes, mais demeure vulnérable si ses systèmes d'information et ses communications ne sont pas suffisamment protégés. La cybersécurité ne doit donc plus être considérée uniquement comme une responsabilité du service informatique. Dans le contexte militaire, elle devient progressivement une composante de la défense nationale.”.
Une nouvelle dimension de la défense ?
Des systèmes numériques à protéger ou à préserver: “Cela signifie qu'une armée peut disposer de personnel, de véhicules, de moyens de surveillance et d'équipements modernes, mais demeurer vulnérable si ses systèmes d'information et ses communications ne sont pas suffisamment protégés.”, rapporte l’intervenant, tout en précisant que : “La cybersécurité ne doit donc plus être considérée uniquement comme une responsabilité du service informatique. Dans le contexte militaire, elle devient progressivement une composante de la défense nationale.”.
Définir une priorité pour Haïti. L’informaticien Guy Philippe Etienne, qui intervenait lors du forum : Quelle armée pour Haïti ? organisé par le ministère de la Défense persiste et signe : “Dans un pays comme Haïti, où les ressources sont limitées et où les besoins traditionnels des Forces Armées demeurent importants, devons-nous réellement investir maintenant dans la cyberdéfense ? Ma réponse est oui, mais de manière progressive, réaliste et proportionnée à nos moyens. Je ne crois pas que nous devions choisir entre construire les capacités fondamentales des Forces Armées et développer la cyberdéfense. Nous devons faire les deux, mais pas nécessairement au même rythme ni avec les mêmes investissements.”.
Des urgences à anticiper : “Les Forces armées d’Haiti ont des besoins immédiats : la formation, les infrastructures, la mobilité, les équipements, la logistique, les communications et la surveillance du territoire. Ces fondamentaux demeurent essentiels. Mais attendre que tous ces besoins soient entièrement satisfaits avant de commencer à construire une capacité cyber serait, à mon avis, une erreur. Parce que les menaces numériques, elles, n'attendront pas que nous soyons prêts.”, a pris le soin de rappeler l’intervenant.
De l'exposé des constats à la formulation des recommandations, Guy Philippe Etienne poursuit sa communication, en encourageant les plus hautes autorités du pays à : “Commencer petit, mais commencer maintenant Construire une capacité de cyberdéfense ne signifie pas nécessairement créer demain matin une immense structure nécessitant des investissements considérables. Nous pouvons commencer beaucoup plus simplement.”.
Dans la même lancée, il confie : “Notre première étape devrait être de connaître et protéger ce que nous possédons déjà. Quels sont nos systèmes critiques ? Qui y a accès ? Quelles informations devons-nous absolument protéger ? Quelles seraient les conséquences si certains systèmes devenaient indisponibles ? Comment réagirions-nous à une intrusion ou à une perte de données ? Et surtout : sommes-nous capables de poursuivre nos opérations lorsqu'un système numérique devient indisponible ? Une stratégie crédible pourrait donc commencer autour de quelques fonctions essentielles : gouverner, identifier, protéger, détecter, répondre et récupérer. Autrement dit : établir clairement les responsabilités, connaître nos systèmes et nos risques, protéger nos ressources essentielles, détecter les anomalies, savoir réagir lorsqu'un incident survient et être capable de rétablir rapidement les opérations. Ce sont des objectifs réalistes qui peuvent être développés progressivement.”.
De nombreux autres points, parmi les plus pertinents, ont été abordés au cours de cette communication assez concise et précise, qui, sans le citer, met à nu les faiblesses, les limites et les retards du pays face aux défis de la cyberdéfense et l'aménagement des infrastructures technologiques pour les Forces Armées d’Haïti. On peut citer: “Le capital humain avant la technologie ; Les drones ; Les communications ; Une capacité nationale et soutenable, entre autres.
Dominique Domerçant
