On sait que la nation a des problèmes. Mais il y en a un qu’on ne faisait que soupçonner, qu’on avait un grand malaise, une honte immense à en parler. Celui de la nullité de cerveaux qu’on avait pris pour de la matière grise, mais qui se révèlent être tout autre chose. Notre langue créole définit bien ce contenu. L’étranger est entré dans le jeu de ces incompétents qui voulaient à tout prix une sorte d’organisme collégial pour une prétendue transition. C’était intéressant l’expérience. Neuf cerveaux haïtiens peuvent-ils, collectivement, relever un défi dont dépend l’avenir même de leur pays ? Pas neuf cerveaux, mais dix, car il faut y ajouter le Premier ministre. Car nos politiciens tiennent à une structure bicéphale de manière à avoir plus de monde autour de la mangeoire. Mais l’expérience s’est révélée un échec complet. Une catastrophe ! Au cours des deux dernières années, non seulement aucun problème n’a été résolu, mais la situation s’est considérablement aggravée. En effet, des routes sont toujours bloquées, des territoires importants ont été perdus, un aéroport international a été fermé et un trafic en tout genre a prospéré en raison de la détérioration complète des structures étatiques.
De 7 février en 7 février, on persiste dans les mêmes démarches absurdes. Le honteux spectacle que nous ont livré certains membres du CPT à l’Hôtel Montana a choqué même les frileux de nos citoyens, ceux qui voulaient accorder encore un quelconque crédit à nos politiciens.
Dix cerveaux experts en chaos, en magouilles, en croc-en-jambe !
Dix cerveaux sans aucune sensibilité pour la nation souffrante ! Dix cerveaux fonctionnant dans le vide, mais incapables de réaliser quoi que ce soit de concret, sauf peut-être dans le domaine du chaos et de la délinquance ! Grande victoire du système éducatif haïtien ! Ce serait bien de voir quelles écoles ont fréquenté ces échantillons de l’intelligence haïtienne.
De ces dix cerveaux, un seul, semble-t-il, restera pour gérer et protéger ce chaos ou mettre en place une imposture acceptable par le bon vouloir de l’étranger.
Le 7 février 2027, risque de nous trouver encore en pleine catastrophe. Avec des élections contestées, truquées, validées par l’étranger pour qu’un autre égorgeur de patrie s’asseye sur le fauteuil présidentiel ? Ou encore avec un autre vide institutionnel, une énième transition, ce dont rêvent tous ces politiciens glauques, délinquants, jeunes et moins jeunes qui ne pensent qu’à venir ripailler sur le dos de la nation ?
Comment casser la boucle infernale quand la corruption, la délinquance sont partout ? Parler de bandits à sapat et de bandits à cravate, c’est faire une différence qui n’a plus de sens dans notre réalité. Entre les chefs de gangs qui rançonnent pour des centaines de millions de gourdes et nos bandits à cravate qui ripaillent à coups aussi de centaines de millions de gourdes du trésor public, les deux engeances se donnant la main par des mécanismes qu’il faudra bien étudier, comprendre pour les détruire un jour, il n’y a que des différences cosmétiques.
Notre société civile est aussi gangrenée. On a vu la somme de personnalités qui étaient prêtes à rentrer dans le jeu de la comédie du Montana. On se dévore, on s’étripe, sur les ondes, dans les médias sur les réseaux. Souvent on sombre dans de véritables délires mystico-religieux qui démontrent comment la folie court les rues dans notre société.
La Première république noire est vraiment à la traine alors qu’en Afrique, des nations lèvent la tête, refusent les diktats des Occidentaux et tentent de trouver leur propre voie qui passe par le recouvrement de leur souveraineté. Une souveraineté, honte à nous, que nous avons perdue depuis longtemps même si, sacrilège, nous continuons à citer les noms de nos glorieux ancêtres.
Gary Victor
