Sans vouloir être trop pessimiste ni défaitiste, si la tendance se maintient, 40 ans plus tard, on vantera le bilan du Conseil Présidentiel de Transition et celui de tous ceux qui ont dirigé le pays après 1986.
De l'éditorial du 29 janvier 2026 paru dans le Nouvelliste, on peut ressentir regret, amertume, triste constat, désolation, ambivalence, complaisance, irresponsabilité et une forne d'échec voilé de presque toutes les forces vives de la nation haïtienne. S"il est vrai qu'un éditorialiste commente l'actualité immédiate en exprimant son opinion personnelle ou celle d'un média, peut-il faire un travail sur le passé sans du recul pour au moins fournir des explications éclairantes si le but ultime est d'influencer l'opinion publique sur le présent? Méthode et rigueur sont de mise dans les écrits, surtout lorsqu'on utilise son encrier sans buvard. Des grosses taches et bavures malicieuses peuvent glisser dans des textes pondus à la dernière minute sur le coup d'une impulsion émotionnelle ou dicté pour des raisons autres d'intérêt public. Loin de ma pensée d'imposer à un éditorialiste invétéré des exigences trop élevées, car après tout un éditorialiste n'est pas historien. Toutefois, comme le diable est dans les détails, au nom de la déontologie et de la rigueur, il n'est donc pas permis à un éditorialiste d'abonder dans le même sens des influenceurs de réseaux sociaux pour mériter de l'appréciation auprès de quelque lecteur que ce soit. Au dire de l'acteur américain bien connu Denzel Washington: " L 'écriture est une arme et elle est plus puissante qu'un poing ne pourrait jamais l'être".
Si les causes profondes de la situation actuelle du pays ne sont pas profondément établies avec des pistes de solutions, plusieurs compatriotes se sont penchés sur la déchéance du pays, depuis la fin du régime des Duvalier. Certains ont exprimé du regret et beaucoup de nostalgie en invoquant à juste titre que seuls les défenseurs acharnés du duvaliérisme (organes institutionnels et groupes paramilitaires) étaient armés sous un certain contrôle étatique; enfin l'ordre régnait au pays. Le concept de territoires perdus vient hanter nottr esprit pour nous rappeler que la mobilité des citoyens tout comme la circulation des biens et services étaient jads garanties par l'état.
D'autres incombent l'entière responsabilité de la crise qui sévit et perdure déjà trop longtemps aux acteurs de la classe politique; piégés dans le jeu de la chaise musicale. Ces figures réclament à répétition des démissions et/ou révocations oubliant parfois que c'est notre mode de gouvernance qui est indigeste à la stabilité politique et économique du pays.On peut changer à maintes reprises les entraîneurs et tous les joeurs d'une équipe sportive, tant et aussi longtemps que les mêmes pratiques d'une stratégie inefficiente sont à l'oeuvre, on peut facilement prédire les résultats. Tout est permis dans notre mode actuel de gouvernance. Dans quel état sont les trois pouvoirs énoncés dans notre constitution? Pour combien de temps encore la constitution restera en veilleuse? Ne faudrait-il pas l'amender pour jeter les bases d'un nouvel ordre étatique? Combien de futurs gouvernements de transition sont à l'horizon? ll nous faut de toute évidence faire cet effort et poser les vraies questions pour sortir notre mère patrie de ce bourbier orchestré par des conzés et de la majorité silencieuse qui se contente d'observer de près ou de loin les dérives de la société haïtienne. Défendre les intérêts de son pays est une responsabilité citoyenne, collective et participative.
Bien malin celui qui pouvait imaginer qu'un jour notre pays continuerait d'exister sans chef d'état, sans législateurs, sans justiciers? La situation actuelle nous force à imaginer Haïti comme un géant paquebot laissé pour comble dans une mer agitée sans capitaine, sans matelots, qui continue sa traversée avec des passagers résilients.
Chrisnel Blot
29 janvier 2026
