Haïti, le premier pays indépendant des Caraïbes, est à la croisée des chemins. Après des années de crise politique, économique et sociale, le pays est confronté à des défis majeurs qui menacent son avenir. Ses élites politiques et économiques sont incapables de dépasser leurs petits intérêts claniques et mesquins pour résoudre les problèmes de l'intérieur et projeter le pays sur la scène mondiale. En cette fin d'année 2024 marquée par une cascade d'assassinats gratuits et stupides des gangs, l'impuissance de l'État face à la gravité de la crise inquiète ceux qui hier encore, croyaient qu'il était possible d'endiguer ce phénomène sans précédent.
Une histoire en dents de scie
Haïti a une histoire complexe et tumultueuse. La révolution haïtienne de 1804, menée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines et tous les autres fondateurs, a fait de Haïti le premier pays indépendant des Caraïbes et le deuxième du continent américain. Mais cette indépendance a été suivie de deux siècles d'instabilité politique, de guerres fratricides voire de domination étrangère, de corruption et de violence. Au XXe siècle, Haïti a connu une série de dictatures, dont celle de François Duvalier, alias "Papa Doc", qui a régné sur le pays avec une main de fer de 1957 à 1971. Son fils, Jean-Claude Duvalier, alias "Baby Doc", a pris le pouvoir après la mort de son père et a gouverné Haïti jusqu'en 1986. Au départ de ce dernier, le pays passe rapidement d'une dictature avérée à une "Démocrature" marquée par la montée douloureuse de forces obscures -populistes- de droite comme de gauche.
Les défis actuels
Aujourd'hui, Haïti est confronté à des défis majeurs. La pauvreté est endémique, avec plus de 60% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. L'éducation et la santé sont en crise, avec des écoles et des hôpitaux sous-équipés et sous-financés. La corruption est également un problème majeur, avec des fonds publics détournés à des fins personnelles (pétro-caribe, le fond de l'intelligence au palais à la primature et aux ministères : Intérieur et Justice). La violence est également désormais la plus grande préoccupation nationale, avec des gangs armés qui terrorisent les quartiers populaires, contrôlent les grands axes routiers et asphyxie l'économie nationale déjà mal en point.
Les opportunités
Mais malgré ces défis, Haïti est également une terre d'opportunités. Plus que jamais, il est possible de reprendre le pays en main et en faire un havre de paix. Pour cela, des sacrifices doivent être consentis au sein des acteurs politiques et économiques, ce qui semble de toute évidence n'est pas pour demain. Le pays regorge de possibilités pour se relever, mais il lui manque un leadership visionnaire et responsable. Là est tout le combat des prochains jours.
La voie à suivre
Pour sortir de la crise, Haïti doit prendre des mesures drastiques pour renforcer son économie, améliorer son système éducatif et sanitaire, et lutter contre la corruption. Le gouvernement doit également travailler pour rétablir la confiance des citoyens et des investisseurs étrangers. Les Haïtiens doivent également prendre leur destin en main et travailler pour reconstruire le pays. Les organisations non gouvernementales et les entreprises privées doivent jouer un rôle important en fournissant des ressources et des expertises pour soutenir les efforts de reconstruction.
En somme, Haïti est à la croisée des chemins, mais le pays a également une histoire de résilience et d'espoir. Cet espoir et cette résilience peuvent, au mieux, aider dans un effort commun à confronter la crise multiforme qui entrave l'avenir du pays ; au pire, un élément paralysant qui témoigne notre degré de résignation collective face à l'énormité des sacrifices à faire pour se libérer de cet état chaotique. C'est pourquoi chacun doit y mettre du sien.
Charlot Jacquelin Jr
