De 1986 à 2026, et bien avant, quels sont les cabinets ministériels, les législatures, ou les conseils communaux qui dirigent les villes du pays, qui ne sont pas composés au moins d'un fils ou d'une fille de Madan Sara, d'une femme sage, d'une femme de ménage et d'autres métiers pas toujours valorisés au sein de la société ? Grâce aux sacrifices, aux contributions et investissements de ces mères, belles-mères ou veuves courageuses, à travers l'encadrement et l'accompagnement de ces épouses, compagnes et collaboratrices éclairées et visionnaires, des enfants, ainsi que des maris sont devenus des références dans le pays et de par le monde, jusqu'à atteindre le sommet de nos institutions.
Dans la forme et le fond, en explorant la place des femmes dans l’espace haïtien, il paraît évident ou même urgent d’encourager la société et les autorités encore reconnaissantes, à offrir une meilleure représentation des filles et des femmes valorisées dans l'espace-temps de nos villes, dans la grande majorité vidées des monuments inspirants, des miroirs de la mémoire collective instructive, des symboles qui doivent servir de phares pour guider les générations. Plaidoyer pour l'érection de huit nouveaux monuments imposants et inspirants en l’honneur et en hommage aux femmes en Haïti, dans huit villes à travers les dix départements géographiques du pays.
Haïti mérite au moins 8 nouveaux monuments en l'honneur des filles et en hommage aux femmes ?
Dans l’histoire d’Haïti, les femmes ont toujours été des forces silencieuses, des bâtisseuses de communautés, des gardiennes de valeurs et des actrices essentielles du progrès social. Pourtant, leur présence dans l’espace public demeure limitée, souvent invisible, rarement célébrée à la hauteur de leur contribution.
Dans l'érection de ces huit monuments dans huit villes du pays pour honorer huit catégories de femmes, il s'agit bien plus qu’un simple projet artistique. C’est un acte de reconnaissance nationale, un geste politique au sens noble, une manière de réécrire la mémoire collective en y intégrant celles qui, depuis toujours, soutiennent l’économie, la culture, la famille et l’avenir de nos enfants, de nos institutions et de notre nation.
Des objectifs et des finalités qui ne peuvent que renforcer l'éducation populaire et la reconnaissance collective de tous les acteurs de la vie sociale en Haïti, autour de la place des femmes. Ce projet vise avant tout à éduquer, encourager, exposer et ériger, dans une perspective où chacun de ces nouveaux monuments servira à éduquer les populations autour de l’histoire et du rôle des femmes dans la société haïtienne ; A encourager les familles et institutions à préserver et transmettre la mémoire collective ; À exposer des modèles inspirants pour les jeunes générations ; À ériger des symboles publics capables de réveiller la conscience citoyenne et de renforcer l’identité nationale.
1. Femmes Madan Sara : Le cœur battant de l’économie populaire ?
Dans chaque marché, sur chaque route nationale, dans chaque ville, les Madan Sara incarnent la détermination et la vitalité de l’économie informelle. Elles transportent, négocient, distribuent et nourrissent la nation. Leur travail, souvent pénible et invisible, soutient des milliers de familles et alimente les circuits économiques locaux.
Déterminé à encourager la promotion ou la matérialisation de cette œuvre dans l’espace public haïtien, depuis plusieurs années, à travers plusieurs autres publications similaires, Ce monument dédié aux Madan Sara serait un hommage à leur courage, mais aussi un rappel de leur rôle stratégique dans la stabilité alimentaire du pays. Ce symbole pourrait devenir un lieu d’éducation économique, un espace où l’on explique aux jeunes comment ces femmes ont bâti, jour après jour, un réseau commercial essentiel à la survie nationale.
2. Femmes sages : gardiennes de la tradition et de la guérison ?
Dette morale et personnelle. C’est une femme sage qui a assisté ma mère pour me mettre au monde. Autant exprimer toute ma reconnaissance aux femmes sages. Ces matrones, ces guérisseuses, et ces conseillères communautaires qui sont les dépositaires d’un savoir ancestral. Elles accompagnent les naissances, apaisent les douleurs, transmettent les plantes, les rituels, les mots qui soignent.
Défendre la médecine traditionnelle a travers ces femmes qui évoluent dans les coins reculés du pays. Un monument en leur honneur serait un pont entre tradition et modernité. Il rappellerait que la santé communautaire ne repose pas uniquement sur les infrastructures médicales, mais aussi sur la sagesse transmise de génération en génération. Ce lieu pourrait accueillir des ateliers, des expositions et des programmes éducatifs sur la médecine traditionnelle haïtienne.
3. Femmes enseignantes : bâtisseuses de générations ?
D’un geste solidaire envers les pairs. Dans les écoles rurales comme dans les lycées urbains, les enseignants sont les architectes de l’avenir. Elles forment les citoyens, transmettent les valeurs, éveillent les consciences.
Durant la journée mondiale de l'éducation, la prochaine ville en Haïti qui va accueillir ce monument offrira un coin d’hommage et de souvenir à toutes ces femmes éducatrices, depuis la petite enfance ou préscolaire, en passant par toutes les filières du système éducatif haitien. Un monument dédié aux femmes enseignantes serait un hommage à leur patience, leur discipline et leur engagement. Il pourrait devenir un espace de réflexion sur l’importance de l’éducation, un lieu où les jeunes filles se projettent comme futures éducatrices, scientifiques, artistes ou leaders.
4. Veuves et mères monoparentales : résilience et courage ?
Dans un pays marqué par les crises, les catastrophes et les violences, les veuves et mères monoparentales portent souvent seules la charge amiliale. Elles deviennent à la fois parents, protectrices, travailleuses et piliers émotionnels. En Haïti comme dans la diaspora, elles sont nombreuses ces femmes courageuses qui assurent seules le bien-être des enfants. Sans tomber dans les causes et les jugements, les motifs et les raisons qui justifient leur solitude imprévisible et parfois volontaire, ce monument servira à saluer leur courage tout en gardant en éveil leur réalité dans les débats.
Défendre leur force et leur limite dans l'éducation des enfants, sans la présence du père. Ce monument pour ces femmes serait un acte de reconnaissance nationale envers leur résilience. Il offrirait aussi un espace de dialogue sur les politiques sociales, la protection des familles vulnérables et la solidarité communautaire.
5. Femmes sportives : Santé, discipline et talents émergents ?
Des noms qui se passent de présentation de nos jours, sous les couleurs de la sélection nationale et dans d’autres clubs a l’etranger. Les femmes sportives haïtiennes brillent dans l’athlétisme, le football, le judo, la boxe, et bien d’autres disciplines. Elles portent haut les couleurs du pays et inspirent une nouvelle génération de jeunes filles.
De nouvelles ambassadrices d'Haïti à honorer, à travers la sportive inconnue. Une autre facon d’encourager les filles à pratiquer au moins un sport au profit de leur santé et de leur émancipation. Un monument dédié au sport féminin encouragerait la pratique sportive, la santé physique et mentale, et la valorisation des talents émergents. Il pourrait devenir un lieu de rassemblement pour les clubs, les écoles et les fédérations sportives.
6. Femmes victimes de violences sociales : Mémoire et justice ?
Des femmes et des filles victimes de violences parfois mortelles en Haïti méritent un mémorial. Ce monument serait le plus sensible, mais aussi l’un des plus nécessaires. Les femmes victimes de violences de toutes sortes, domestiques, sexuelles, politiques ou sociales méritent un espace de mémoire, de dignité et de justice.
Dans les différentes campagnes avant, pendant et après le 8 mars de chaque annee, ce symbole, ce lieu pourrait servir à sensibiliser, à prévenir, à éduquer. Il rappellerait que la violence n’est pas une fatalité, mais un combat collectif. Il offrirait un espace de recueillement, de témoignage et de mobilisation citoyenne.
7. Femmes de la diaspora : Ponts culturels et économiques ?
Des femmes haïtiennes évoluant dans la diaspora se font quotidiennement humilier, insulter, rabaisser dans les différents pays d’accueil, au sein des institutions et par les clients ou patients. En dehors du fait confirmé que la diaspora haïtienne est une force mondiale, ces femmes qui en font partie soutiennent leurs familles, investissent dans le pays, transmettent la culture et défendent l’image d’Haïti à l’étranger malgré le poids des souffrances, du racisme, du viol, de la discrimination, des restrictions migratoires, de la déportation, de la prostitution forcée parfois, et des humiliations sans réparation.
Dans l’une des villes en Haïti, un monument en leur honneur symboliserait la connexion entre les villes haïtiennes et les communautés diasporiques. Il pourrait devenir un lieu de rencontres, de festivals culturels, de programmes d’échanges et de partenariats économiques.
8. Femmes dans les métiers non traditionnels : Innovation et progrès ?
Des ingénieures, informaticiennes, mécaniciennes, policières, architectes, techniciennes, entrepreneurs, elles sont de plus en plus nombreuses de nos jours ces femmes qui brisent les stéréotypes et ouvrent la voie à une société plus inclusive. Il est venu le temps d'offrir aux filles d’autres rêves, métiers et talents a part de devenir secrétaire, infirmière…tout en respectant de tels choix.
Dans le cadre des campagnes d’orientation professionnelle pour les filles, ce monument entre son décor et les motifs qui l’entourent permettrait aux visiteurs de découvrir des milliers de noms de femmes et des métiers qui font d’elles des références universelles. Un monument dédié à ces pionnières encouragerait les jeunes filles à explorer des domaines encore dominés par les hommes. Il serait un symbole d’innovation, de progrès et de transformation sociale.
L'éducation populaire passe également par l'érection des monuments imposants et inspirants ?
Dans l’agenda pour le 8 mars de chaque année, des différentes institutions impliquées dans la promotion des droits de femmes en Haïti et dans le monde, ces huit nouveaux monuments contemporains, qui s’ajouteront aux rares monuments qui valorisent les femmes dans ce pays serviront à mieux illustrer les calendrier, diversifier les lieux de rassemblement, et inspirer les jeunes, les familles et le public par de nouveaux modèles.
Devoir de mémoire. Ériger ces huit monuments dans huit villes d’Haïti, c’est investir dans la mémoire, dans l’éducation et dans la cohésion sociale. C’est offrir aux jeunes des modèles visibles, concrets, inspirants. C’est rappeler que les femmes ne sont pas seulement des actrices du quotidien, mais des forces historiques, économiques, culturelles et morales.
Ce projet appelle à la mobilisation des collectivités territoriales, des institutions éducatives, des organisations de femmes, de la diaspora, des artistes et architectes, des mécènes et partenaires internationaux. Ensemble, il est possible de transformer l’espace public haïtien en un musée à ciel ouvert, un lieu où chaque citoyen peut apprendre, se souvenir et s’inspirer. Ces monuments ne seraient pas seulement des statues, ils deviendraient des phares de conscience, des outils pédagogiques, des symboles d’unité, et surtout, des hommages vivants à celles qui portent Haïti depuis toujours.
Dominique Domerçant
