Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dit prendre acte de la circulation, sur les réseaux sociaux, de quatre avis de recherche émis par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) à l’encontre d’Arnel Bélizaire, Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Édouard Julcène. Dans un communiqué publié le 7 février 2026, l’organisation appelle les autorités policières à agir dans le respect strict des procédures judiciaires.
Ces avis de recherche visent les intéressés pour divers chefs d’accusation, notamment financement du terrorisme, attentat et complot contre la sûreté interne de l’État, blanchiment des avoirs, trafic illégal d’armes à feu, fraude fiscale et association de malfaiteurs. La DCPJ considère les concernés comme armés et dangereux, à l’exception de Smith Joseph.
Le RNDDH estime que l’avis émis à l’encontre d’Arnel Bélizaire constitue une farce, soulignant ses liens avec le directeur actuel de la DCPJ et rappelant sa présence au sein de l’institution en septembre 2025 lors d’une visite à une personne inculpée. L’organisation considère également que les avis visant Ralph Youri Chevry, Édouard Julcène et Smith Joseph présentent un caractère illégal et arbitraire, susceptible de semer la confusion dans l’opinion publique.
Elle rappelle que la résidence privée de Ralph Youri Chevry a été perquisitionnée à deux reprises sans que celui-ci ne soit informé des accusations portées contre lui.
Elle souligne aussi que ces trois personnes n’ont jamais été invitées par la DCPJ et qu’aucun mandat de comparution, d’amener ou d’arrêt n’a été émis conformément aux dispositions du Code d’instruction criminelle. À date, leurs noms n’apparaissent dans aucun rapport d’enquête de l’UCREF ou de l’ULCC concernant les crimes allégués.
Le RNDDH reconnaît l’obligation des agents de la police judiciaire de mener des investigations pour établir la vérité, mais rappelle que celles-ci doivent se dérouler dans le respect des garanties judiciaires, notamment la présomption d’innocence, la notification préalable des charges et le droit à un procès équitable, consacrés par la Constitution haïtienne et les instruments internationaux relatifs aux droits humains.
L’organisation souligne qu’un avis de recherche ne peut être compréhensible et acceptable que lorsque les personnes visées sont en fuite, prises en flagrant délit, évadées de prison ou sous le coup d’un mandat d’arrêt. Elle affirme que ces conditions ne sont pas réunies et que la volonté de collaboration des personnes concernées n’a jamais été mise à l’épreuve, faute de convocation préalable.
Le RNDDH rappelle qu’en aucune circonstance la police judiciaire ne doit être instrumentalisée, estimant qu’une telle pratique constituerait une violation des principes de l’État de droit démocratique et porterait atteinte à la confiance du public dans les institutions. Il dénonce le caractère qu’il juge à la fois farfelu, illégal et arbitraire de ces avis de recherche, précisant qu’ils ne peuvent constituer le point de départ d’une enquête judiciaire.
En conséquence, l’organisation recommande la suspension des avis émis contre Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Édouard Julcène et invite la DCPJ à se référer strictement à la loi dans la conduite de ses enquêtes.
Sorah Schamma Joseph
