​​​​​​​Le Conseil municipal de la commune de Delmas a donné, le mercredi 11 février 2026, le coup d’envoi d’une vaste opération de démolition de bâtiments installés « illégalement » sur ses trottoirs. L’objectif, d’après l’équipe de la mairie, est de libérer l’espace public et de rétablir la circulation des piétons, perturbée depuis plusieurs années par des commerces improvisés, selon les informations rassemblées par la rédaction du quotidien Le National.
Au cœur de Delmas 33, près du K-naval Market et du commissariat, ce qui était autrefois un quartier animé de petites boutiques a été remplacé par un spectacle de poussière, de tôles et de décombres. Pharmacies, shops de vêtements, studios de beauté et même des banques de loterie ont été touchés par les engins de démolition.
Sur place, l’édile de la commune, M. Wilson Jeudy, entouré de policiers, a suivi l’opération de près, veillant à ce que certaines marchandises ne soient pas détruites.
Si la plupart des bâtiments étaient vides – certains commerçants ayant anticipé l’annonce de l’opération – plusieurs retardataires ont exprimé leur colère. « Je suis là depuis 2010 et maintenant ils viennent détruire mes affaires sans que j’aie nulle part où aller », s’indigne une commerçante.
Le maire, lui, justifie ces mesures par le non-respect des normes en vigueur et la nécessité de remettre de l’ordre dans l’espace public. « C’est en agissant par sentiment que nous avons mis le pays là où il est aujourd’hui », a-t-il déclaré au journal, rappelant que la tolérance zéro est désormais appliquée.
D'après les dires des autorités, les commerçants sont invités à utiliser les quinze marchés publics de la commune, dont certains restent fragilisés par l’insécurité ou des incendies récents, comme le marché Dumornay détruit en décembre dernier.
Pour le maire, l’occupation des trottoirs est un choix des commerçants : « ils prétendent que la vente est meilleure au bord de la chaussée », explique-t-il. Or, cette situation entraîne des embouteillages majeurs et augmente les risques d’accidents pour les piétons et les clients.
Soulignant ainsi, l’opération de ce mercredi n’est que le début, d'autres rues de Delmas devraient subir les mêmes mesures dans les jours à venir. Si la mairie affiche sa détermination à libérer l’espace public, une question reste en suspens : où les commerçants démunis pourront-ils réellement s’installer ? Ou du moins, les marchés publics, parfois éloignés ou en mauvais état, suffiront-ils à absorber la clientèle des trottoirs ? Ou encore, cette politique de tolérance zéro prendra-t-elle en compte la situation sociale et économique des habitants, certains étant déplacés par l’insécurité ou vivant de cette activité depuis des années ?
En tout cas, cette initiative de la mairie pose ainsi un dilemme classique des villes en mutation : comment concilier ordre public, sécurité et respect des droits économiques des citoyens, tout en assurant une circulation fluide et sécurisée dans les rues ? Les semaines à venir devraient permettre d’évaluer l’impact réel de cette mesure à Delmas. Et qu’en est-il des débrouillards nouvellement installés au haut-de Delmas pour cause d’insécurité ?
Mitchel Kewing ETIENNE
