Onze ans après leur désillusion face aux Patriots de Tom Brady, les Seattle Seahawks ont pris une éclatante revanche en remportant leur deuxième Super Bowl.
Portés par une défense impitoyable qui a étouffé Drake Maye — présenté comme l’héritier du GOAT mais rattrapé par son inexpérience — et par l’efficacité clinique de Sam Darnold, les Seahawks ont construit leur victoire patiemment avant de sceller leur triomphe au dernier quart-temps.
Kenneth Walker, élu MVP avec 135 yards au sol, et le kicker Jason Myers, auteur d’un sans-faute historique, ont symbolisé la maîtrise collective d’une équipe soudée par l’adversité.
Si la première mi-temps est restée stérile en touchdowns, la rencontre s’est embrasée après un spectacle de mi-temps assuré par Bad Bunny dans une atmosphère politiquement électrique. Le show a transcendé le simple divertissement : entre salsa audacieuse, drapeaux latino-américains et réinterprétation de God Bless America, l’artiste portoricain a transformé le halftime en manifeste culturel, célébrant une Amérique plurielle plutôt qu’un nationalisme monolithique.
Cette performance a cependant ravivé les fractures idéologiques du pays.
Tandis que Donald Trump dénonçait une « gifle à l’Amérique », la droite radicale organisait un concert alternatif concurrent.
Au-delà du terrain, ce Super Bowl aura ainsi cristallisé un affrontement symbolique entre deux visions du pays — l’une ouverte et métissée, l’autre nostalgique et identitaire — faisant de cette soirée un moment sportif autant que politique.
Gérald Bordes
