Par Dr Erold Joseph, MD, pneumologue, expert en santé publique, santé scolaire et promotion de la santé
« Tant que vous n’avez pas conscience de la loi continue de la mort et de la renaissance, vous n’êtes qu’un vague invité sur une terre obscure... »
Goethe
« Ne pleure plus ma petite maman, je ne t’ai pas quittée pour toujours. Je reviendrai à toi, toute petite, comme ça, »
La petite Alexandrina apparaissait ainsi en rêve à sa mère, pour lui annoncer son retour. Elle venait d’être emportée trois jours plus tôt, à l’âge de cinq ans, par une méningite.
Madame Samona ne croit pas à la réincarnation. Bien plus, son gynécologue, suite à une fausse couche survenue l’année précédente, avait émis de sérieuses réserves sur sa capacité à mener une grossesse à terme. Toutefois, Alexandrina ne se décourage pas. Elle précise dans un autre songe, la période de ce retour :
-Maman, avant Noël, je serai avec toi.
Mais, l’histoire ne s’arrête point là. Maman Samona devient effectivement enceinte et Alexandrina prédit, toujours en rêve, une grossesse gémellaire :
-Maman, il y a une deuxième petite fille en toi.
Le 22 novembre, Madame Samona accouche, après 8 mois de gestation, de deux jumelles hétérozygotes (fausses jumelles). La plus petite physiquement, s’avère une véritable « copiée-collée » de la disparue. Aussi, les parents, ébranlés, décident de la renommer Alexandrina. Elle présente la même hyperhémie (rougeur) de l’œil gauche, la même asymétrie faciale légère, la même séborrhée (vraisemblablement un eczéma) sur le pavillon de l’oreille droite. Cette similitude physique est également psychologique. En effet, Alexandrina II, comme son prédécesseur, est calme, un peu introvertie, ne veut pas jouer à la poupée et déteste le fromage. Elle a « conservé » cette manie de se laver les mains à tout bout de champ. Alexandrina II se rappelle certains événements vécus par « la première », comme cette visite effectuée en famille à Montréal, peu de temps avant son décès. Quand les Samona annoncent un voyage à Montréal à leurs deux filles, âgées désormais de dix ans, Alexandrina, qui comme sa sœur jumelle, n’a jamais mis les pieds au Québec depuis sa « nouvelle naissance », déclare à ses parents abasourdis :
-Mais, Maman, je connais Montréal! Te souviens-tu quand on y est allé, de la grande église, avec sur le toit, une immense statue d’un homme qui ouvre les bras? Te rappelles-tu la dame avec de gros boutons sur le front? Et les petits curés tout en rouge?
Cette histoire, qui se déroule, à Palerme, en Sicile en 1910 a été enregistrée dans les moindres détails par le père de la fillette, médecin et scientifique connu de l’époque. Elle a été communiquée au Dr Innocenzo Calderone lequel l’a publiée dans un périodique italien « Filosofa de la Scienza ». Elle a paru également dans le « Journal du Magnétisme », revue française du Dr Gaston Durville. On la retrouve enfin dans l’ouvrage de Gabriel Delanne intitulé « Documents pour servir à l’étude de la réincarnation ». (1)
Il existe, de nombreux faits encore plus frappants, beaucoup plus récents et mieux documentés. On estime que durant les quarante dernières années, plus de 5000 enfants à travers le monde ont fait des déclarations et fourni des indices relatifs à une prétendue vie antérieure. (2)
Que dit la théorie de la réincarnation ou renaissance?
La doctrine de la « transmigration des âmes » ou réincarnation est basée sur l’idée que nous sommes un Esprit, une Ame ou une Conscience éternelle habitant provisoirement un corps physique que nous rejetons au moment de la mort. Selon la Bhagavad Gita, texte sacré de l’hindouisme, cet Esprit, après un certain temps passé dans « l’au-delà », choisit un nouveau vêtement matériel, c’est-à-dire un nouveau corps, pour renaitre physiquement, afin d’évoluer. Ainsi, débute une autre vie dans le ventre (l’utérus) d’une femme enceinte. Dans l’exemple cité plus haut, la renaissance s’est produite dans la même famille, ce qui serait courant selon les derniers travaux du Dr Brian Weiss, médecin psychiatre américain, expert en régression hypnotique thérapeutique. (3) et (4) Un certain nombre de pathologies mentales et même physiques puiseraient leur origine dans un traumatisme datant non de la vie présente, mais d’une précédente. Il suffit de prendre conscience de ce dernier, de le comprendre, de le revivre mentalement ou spirituellement pour que la guérison survienne, comme dans la catharsis psychanalytique. Selon les recherches sur la réincarnation, nous revenons généralement dans la même lignée ou famille élargie et changeons souvent de sexe au fil des incarnations successives. Le moment de l’incarnation varie selon les traditions. Pour certaines, elle se réalise lors de la conception c’est-à-dire au moment zéro, où dans une relation sexuelle (ou une fécondation in vitro), le spermatozoïde de l’homme féconde l’ovule de la femme. Selon d’autres traditions, l’incarnation surviendrait à l’accouchement, lors du premier cri du nouveau-né. Aujourd’hui, de plus en plus de faits et d’expériences indiquent que les âmes désincarnées choisissent elles-mêmes précocément leurs futurs parents dans « l’entre deux vies », période scrupuleusement étudiée par la médium française Pascale Lafargue, ex-hôtesse de l’air, qui en vous tenant la main, peut remonter, par psychométrie à vos vies passées . Ensuite, avec un petit groupe d’élèves, elle voyage à travers le monde, se rend sur les lieux présumés, consulte les archives pour vérifier, valider ses perceptions médiumniques, ce qui arrive dans la quasi-totalité des cas. Elle a pu ainsi prouver hors de tout doute qu’elle était la réincarnation de Mathilde de Toscane, une chevalière du Moyen Age qui a joué un grand rôle dans la querelle des Investitures laquelle opposa au XIème siècle, la papauté et le Saint-Empire romain germanique. (5) et (6). Signalons que « l’entre deux vies » c’est, dans l’au-delà, le « lieu intermédiaire » à partir duquel les esprits désincarnés (décédés) préparent leur imminent retour sur terre. Cette étape de l’itinéraire de la « Conscience » ou Ame a été aussi topographiée, non seulement par le psychiatre Brian Weiss mais aussi par le psychologue Michael Newton (7), aujourd’hui décédé, en utilisant la «régression hypnotique », laquelle consiste à hypnotiser un sujet et à lui faire revivre, par suggestion, d’abord la période de son enfance, puis celle de sa petite enfance, ensuite celle auparavant où il était un fœtus, puis un embryon (un mois ou deux dans le sein de sa mère) et ainsi de suite. A partir de là, on demande au concerné dans quel endroit il se trouve. Ce dernier correspond à un espace non matériel (le ciel ou un équivalent) où il est entouré d’autres esprits ou « consciences » lesquels préparent, planifient, leur imminent retour (réincarnation) sur la planète Terre. Ils y sont orientés, supervisés par des guides spirituels plus évolués de l’au-delà. Dépendamment de l’objectif fixé, le thérapeute/hypnotiseur peut demander au sujet de régresser davantage et de revivre son décès dans sa précédente vie et même d’identifier les leçons tirées de cette dernière puisqu’on s’incarne sur terre pour apprendre et évoluer. L’écrivain français Daniel Meurois, (aujourd’hui au Canada) et son ex-compagne Anne Givaudan, doués de la faculté de sortir à volonté de leur corps physique et de voyager dans les plans non matériels ou éthériques (voyage astral) ont décrit dans l’un de leurs ouvrages, l’itinéraire d’une âme pendant les neuf mois d’une grossesse. (8) L’âme ne reste pas confinée dans l’utérus maternel. Elle effectue des aller et retour au-delà/matrice, communique et apprivoise progressivement sa mère et même son père. Marie Bolduc, médium de nationalité canadienne, a effectué le même travail que Meurois, quant à la réincarnation future de sa nièce décédée et ceci en collaboration avec cette dernière depuis l’au-delà . (9) La réincarnation doit être distinguée du phénomène de possession où une entité extérieure, un intrus, (un esprit ou un « loa ») postérieurement à la naissance, prend temporairement la place de l’esprit qui occupe déjà le corps d’un enfant ou d’un adulte.
Chacun d’entre nous aurait donc déjà vécu de nombreuses vies même si nous en avons perdu la mémoire. De même que nous nous souvenons à peine de nos songes, chaque matin, au réveil. La vie terrestre, en elle-même, serait un rêve dont on ne peut s’éveiller totalement qu’à la mort. Un individu peut aussi soit spontanément, soit en arrivant par exemple dans un lieu où il avait déjà vécu, avoir un « flashback », un bref rappel d’une existence passée, ce qui est arrivé au poète français Lamartine et qu’il rapporte dans son poème « Voyage en Orient ». La réincarnation est un concept spiritualiste qui va à l’encontre de la thèse matérialiste soutenant que nous ne sommes qu’un corps physique lequel s’anéantit à la mort. Toutefois, cette théorie comporte de nombreuses nuances selon les cultures et les religions qui la professent. Ainsi certaines religions ou cultures prétendent qu’on peut se réincarner dans le corps d’un animal ou d’un végétal. Par ailleurs, dans le bouddhisme, où l’on utilise plutôt l’expression « renaissance », ce n’est pas exactement la personnalité précédente qui revit en tant que telle. Il s’agirait d’un « flux de conscience » drainant avec lui, la mémoire et l’expérience de l’incarnation passée.(10)
Pourquoi devrions-nous revivre autant de fois sur terre?
Selon la thèse réincarnationiste, une seule vie serait trop courte pour atteindre la perfection. D’où la nécessité de revenir un certain nombre de fois en vue d’acquérir progressivement la connaissance et la sagesse, d’évoluer et de réparer les fautes commises dans les vies précédentes. La doctrine de la réincarnation est intimement liée au concept du « karma » qui soutient que notre vie actuelle est la résultante de toutes nos existences antérieures et que nos existences futures sont conditionnées par nos actes, nos pensées et nos émotions présents. C’est la Loi de Causalité laquelle diffère du prédéterminisme. Si, dans votre vie actuelle vous faites du tort à quelqu’un, il est fort probable que, dans la future, vous serez placé en situation de lui faire du bien pour « purifier votre karma ». La réparation, plutôt que le regret et le pardon! Il n’y a pas de « péché » mais des fautes ou erreurs à corriger et dont nous payons les conséquences. Aussi les adeptes éclairés de la réincarnation, accordent-ils une grande importance à la sagesse, à l’amour et à la compassion. Ils s’attachent au présent, seul levier permettant de façonner le futur. Les épreuves de la vie sont vues comme des occasions d’apprendre et de mûrir. Etant donné qu’on ne se souvient que rarement de ses existences passées, il convient de faire le bien autant que possible en vue de se libérer, in fine, du cycle des incarnations, de « la roue des vies successives »du « samsara », pour employer la terminologie bouddhique. (10) A ce moment, nous fusionnons avec l’Esprit Universel ou Intelligence Cosmique : DIEU
Toutefois, certains esprits ayant atteint la perfection, décident, par compassion, de revenir sur terre à différentes périodes afin de guider l’Humanité dans son évolution. Ce sont les Bodhisattvas, les Avatars ou Grands Maitres. Ces êtres qui se caractérisent par leur humanité et leur grande sagesse jouent un rôle important dans l’évolution du monde. Citons parmi les plus grands : Jésus-Christ et Bouddha.
D’où nous vient cette théorie de la réincarnation?
Pour de nombreux chercheurs, la théorie de la réincarnation vient de l’Orient et daterait d’environ un millénaire ou plus avant l’arrivée de Jésus-Christ. On la retrouve ainsi dans les trois grandes religions de cette zone géographique : l’hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme, lesquelles l’auraient hérité du brahmanisme.
Pour d’autres, cette croyance tirerait son origine de l’Egypte ancienne et était enseignée dans les « Ecoles de Mystères » dont se réclament aujourd’hui les adeptes de la Rose-Croix et de la Franc-Maçonnerie. L’Égypte l’aurait puisée des rescapés de l’Atlantide venus s’établir chez eux. Il s’agit de ce continent mythique disparu après un grand cataclysme, auquel font référence certains historiens, mais dont l’existence n’a pas été prouvée. Cette croyance aurait été transmise à la civilisation grecque, mère de l’Occident chrétien.
Dans la Grèce Antique, c’est vers le VIème siècle avant Jésus-Christ que fleurit la thèse de la « métempsychose » ou réincarnation ou « transmigration des âmes ». Les Grecs croyaient que l’on pouvait s’incarner dans un animal ou un végétal et sur d’autres planètes. Platon fait mention de la renaissance dans plusieurs de ses écrits notamment dans « Le mythe d’Er ». Les âmes, avant leur retour sur terre, sont contraintes de boire l’eau du fleuve Amélès, dans la plaine de Léthé afin d’oublier leur existence antérieure. Er a été empêché de le faire pour garder sa mémoire et pouvoir témoigner auprès des vivants.
Les gnostiques et les premiers chrétiens ou Pères de l’Eglise comme St-Augustin, Clément d’Alexandrie et Origène paraissent avoir adopté la doctrine de la réincarnation. Citons ce dernier :
« Pour ce qui est de savoir pourquoi l’âme humaine obéit tantôt au mal, tantôt au bien, il faut en chercher la cause dans une naissance antérieure à la naissance corporelle actuelle. »
Dans la Bible, certains passages ont été interprétés faussement comme des allusions à la réincarnation. Néanmoins, lors du IIème concile de Constantinople qui a lieu en 553 après J-C, l’Eglise Catholique rejette catégoriquement la réincarnation au profit du « dogme de la résurrection du corps » qui permet de contrôler l’opinion. Les Cathares, groupe de chrétiens anti-romains croyant à la théorie de la renaissance, sont alors déclarés hérétiques et exterminés au Moyen Âge, période de l’Inquisition et des Croisades.
Quelle est la position de la science vis-à-vis de la réincarnation?
Jusqu’à une période récente, les phénomènes liés à la vie après la mort ont été systématiquement niés par la science officielle parce qu’ils ne cadraient pas avec son paradigme matérialiste. Attitude peu différente du dogmatisme de la religion organisée imposant ses croyances d’en haut, sans aucun souci de vérification. On ne saurait pourtant nier une réalité, un fait, une catégorie de faits, sous prétexte qu’on n’arrive pas encore à les interpréter.
Depuis quelque temps, un changement s’est produit. Les phénomènes de survie de la conscience après la mort (voir notre précédent article : A la frontière de la vie et de la mort), sont étudiés par la science officielle. Il en va de même pour la thèse réincarnationniste qui, aujourd’hui, retient l’attention de nombreux chercheurs et de plusieurs universités.
La réincarnation n’est-elle qu’une croyance parmi toutes les autres , ou existe-t-il des éléments probants en sa faveur?
Il existe, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, un large éventail de faits et d’expériences tendant à accréditer cette théorie. Il y a d’abord, ces « réincarnations » annoncées, comme celle d’Alexandrina Samona, et qui sont étayées par une série d’indices pour le moins troublants lesquels semblent effectivement établir un lien entre deux personnalités ayant vécu à des périodes différentes. L’annonce peut être onirique ou faite par d’autres voies.
D’autres personnes se rappellent spontanément ou par le biais de certaines méthodes comme l’hypnose, de certains épisodes de leurs prétendues vies passées, épisodes qu’elles arrivent souvent à « confirmer » en allant sur les lieux où aurait vécu la personnalité précédente.
Toutefois, la figure de proue dans la recherche scientifique sur les vies antérieures, reste et demeure le Dr Ian Stevenson décédé en 2007. Ce médecin d’origine canadienne, chercheur de l’Université de Virginie, peut être considéré comme le « Galilée de la réincarnation ». Il a voyagé pendant plus de trente ans à travers le monde et analysé près de 3000 cas d’enfants prétendant se souvenir d’une ou de plusieurs vies passées.
Le schéma est généralement le suivant. Un enfant à l’âge de deux à trois ans, relate constamment les circonstances de sa mort dans sa vie antérieure présumée. Il prétend s’appeler autrement et déclare péremptoirement à son père et à sa mère qu’ils ne sont pas ses vrais parents. Ces derniers, les vrais, habiteraient dans une ville ou un village donné, souvent très éloigné et généralement inconnu de la famille. Devant l’insistance du petit (ou de la petite), la famille l’emmène, accompagnée d’une délégation, sur les lieux de sa vie passée. Surprise! L’enfant reconnait les rues, les sites, les monuments, et conduit le groupe à son ancienne résidence. Il y identifie avec émotion, en les appelant par leur prénom, ses anciens parents, ses frères et sœurs et souvent ses enfants, tous beaucoup plus vieux que lui. Il évoque avec eux, des épisodes particuliers de son existence passée, retrouve un objet dans une cachette inconnue de tous.
Certains enfants étudiés par Stevenson démontrent des talents particuliers, parfois exceptionnels, que possédait la précédente personnalité. D’autres racontent avec force détails les circonstances de leur décès dans la vie passée. Ceci est souvent corroboré par leurs anciens proches. Il arrive même qu’ils portent sur leur corps actuel, la trace de cette mort ou même une malformation congénitale, quand cette mort a été violente. Il s’agit des fameuses « marques de naissance » étudiées par le médecin dans « Réincarnation et biologie ».
Au regard des éléments recueillis, le Dr Stevenson conclut néanmoins, de manière prudente, que la réincarnation serait l’hypothèse explicative la plus plausible pour la grande majorité des cas. Des interprétations alternatives comme la possession, ou la perception extrasensorielle (clairvoyance, télépathie.etc) peuvent être envisagées pour les autres. Ces recherches ont été consignées dans plusieurs ouvrages dont : « Les enfants qui se souviennent de leurs vies antérieures », Réincarnation et biologie , et « Vingt cas suggérant le phénomène de la réincarnation » où il sélectionne les vingt études les plus documentées et les plus probantes. Sans compter les nombreux articles publiés par l’auteur dans des revues scientifiques. (11) (12) et (13) Aujourd’hui, le Dr Jim Tucker poursuit l’œuvre de feu son confrère Stevenson en continuant de se rendre sur le terrain, dans divers pays, en vue de recueillir les souvenirs et témoignages des enfants, de leurs proches afin de les confronter aux faits et aux archives. Tucker y a ajouté des tableaux et indices statistiques de probabilité quant aux types de preuves fournis . (14) (15) et (16)
Toutefois le cas le plus emblématique lié à la renaissance et qui a défrayé la chronique aux États-Unis, est celui d’Edgar Cayce, originaire du Kentucky (1877-1945). Appelé le « prophète dormant » dans un article du New York Times paru en octobre 1910, ce protestant d’instruction rudimentaire, (fin d’études primaires) placé en état d’hypnose, devenait un grand médecin. (17) et (18) Il diagnostiquait, utilisant le langage technique de la profession médicale, les pathologies les plus complexes, prescrivaient des traitements qui réussissaient là où les autres échouaient. Plus tard, il exécutait des « lectures de vie » c’est-à-dire indiquait à ceux qui le consultaient, quelles personnalités ils avaient été dans leurs vies antérieures et quel était l’impact de leurs existences passées sur la présente. Aujourd’hui, il existe des centres Edgard Cayce aux USA, au Canada et dans vingt-cinq autres pays. Le plus connu se localise à Virginia Beach et fait la promotion des idées et des travaux de ce grand et singulier humaniste.
La réincarnation permet-elle d’appréhender le mystère de la vie et de la mort?
L’Être humain ressemble à un petit enfant de trois ans placés sur une autoroute à douze voies où il risque de se faire écrabouiller par des automobiles roulant à des dizaines de milliers de kilomètres. Ce petit gars ne sait ni où il va, ni d’où il vient. Il ne comprend pas les règlements de la circulation. Et pourtant, il marche sur cette route éminemment dangereuse : la route de la vie. Il a appris, de ses nombreux frères et sœurs, tous enfants et qui font le chemin avec lui, que leur mère est décédée. Quant à leur père, il ne s’est jamais manifesté depuis leur naissance. Plusieurs d’entre eux en ont conclu qu’il était mort ou qu’il les avait abandonnés, voire qu’il n’a jamais existé. Quant aux autres, ils soutiennent qu’il est bien vivant, qu’il les aime passionnément, qu’ils l’ont souvent aperçu, mais qu’il les laisse libres de se débrouiller tout seuls, libres de comprendre pourquoi ils sont là. Et, ils se chamaillent à ce sujet. Ces petits s’amusent grâce aux nombreuses distractions qu’ils trouvent sur la voie. Et pourtant, ils souffrent terriblement. Ils souffrent du froid, de la faim, de leurs pensées, leurs émotions, et surtout de l’angoisse de ne pas savoir... De ne pas savoir où ils vont, ni d’où ils viennent. Cette ignorance les rend violents et méchants les uns envers les autres. Ils ont fini toutefois par réaliser qu’ils doivent en effet, se débrouiller seuls. Pour appréhender leur condition, ils choisissent les trois plus âgés d’entre eux afin que, partant de leur vécu quotidien, ils puissent reconstituer leur histoire. Ces trois enfants se nomment : Religion, Philosophie et Science. Malheureusement, ils n’arrivent pas à s’entendre, deviennent dogmatiques, intolérants, souvent violents. Ils racontent chacun une histoire différente, ajoutant à la confusion et à la souffrance de ces petits. De guerre lasse, et devant l’incapacité des trois à présenter une histoire cohérente, ces derniers font le choix de Spiritualité pour réconcilier les trois autres.
La réincarnation est peut-être un fragment important de cette histoire. Elle comporte encore des zones d’ombre. Examinez-la attentivement avant de l’accepter ou de la rejeter. Mais, de grâce, ne fermez pas d’emblée votre esprit…
Dr Erold Joseph
Courriels :eroldjoseph2002@yahoo.fr
et eroldjoseph2002@gmail.com
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- Gabriel Delanne, La réincarnation, Editeur Bercier Vincent ,2017
- Dr Ian Stevenson, Les enfants qui se souviennent de leur vie antérieure, Editions Sand, Paris, 1994
- Dr Brian L. Weiss, De nombreuses vies, de nombreux maitres, Editions J’ai lu, 2015
- Dr Brian L. Weiss, Only love is real: a story of soulmates reunited, Grand Central Publishing, 2025
- Pascale Lafargue, L’entre-deux-vies révélé, Editions Lanore, 2018
- Pascale Lafargue, Sur les pas de Mathilde de Toscane, First Editions, 2021
- Dr Michael Newton, Un autre corps pour mon âme, Les Editions de l’Homme, 2008
- Daniel Meurois et Anne Givaudan, Les neuf marches : histoire de naitre et de renaitre, Edition S.O.I.S, 2000
- Marie Bolduc, Le couloir des élus, Edition revue, Le Dauphin Blanc,2016
- Sogyal Rinpoché, Le livre tibétain de la vie et de la mort, Édition de la Table Ronde, Paris, 2003
- Dr Ian Stevenson, Vingt cas suggérant le phénomène de la réincarnation, Édition J’ai Lu, 2007
- Dr Ian Stevenson, Réincarnation et biologie : la croisée des chemins, Dervy,2020
- Dr Ian Stevenson, Children who remember previous lives : a question of reincarnation, revised edition, Editor Mc Farland, 2016
- Drs Jim B Tucker and Ian Stevenson, Life before life: children’s memories of previous lifes, St-Martin’s Press, NY,2005
- Dr Jim B Tucker, Return to life: extraordinary cases of children who remember past lives,St-Martin’s Griffin, 2015
- Bruce and Andrea Leininger, Soul survivor:the reincarnation of a World War II Fighter Pilot, Grand Central Publishing (Hachette Book Group),2009
- Sydney D. KirkPatrick, Edgard Cayce, an American Prophet, audio book, 2019
- Fabio Foschi, L’homme des miracles : l’histoire vraie d’Edgar Cayce, French Edition, 2026
