Dans l’ambiance de la fête de la Saint-Valentin qui symbolise sous le poids du marketing et de la consommation des masses la fête des amoureux dans de nombreuses sociétés modernes, la journée du 14 février qui arrive une semaine après la date historique du 7 février en Haïti, devrait pouvoir servir de prétexte pour promouvoir une nouvelle éducation populaire autour de l’amour patriotique chez les Haïtiens et les Haïtiennes d’ici et d’ailleurs envers leur terre natale, Haïti. Et si la Saint‑Valentin nous invitait à aimer et à honorer nos ancêtres, afin de mieux aimer notre pays ? Quelles sont les 14 actions indispensables pour prouver qu'on aime son pays ? Quels sont les 14 hauts lieux symboliques à valoriser pour montrer aux ancêtres son amour ou appréciation pour cet héritage recu ?
- Aimer Haïti en honorant d’abord nos ancêtres, grands-parents
Discours citoyen légitime ou démarche politique objective, en dehors de l'initiative “Aimer Haïti” et du parti politique "Renmen Ayiti", il ne faudrait jamais se lasser pour rappeler aux jeunes de nos jours, cette obligation d'aimer leur pays, comme un devoir indispensable pour construire leur bien-être et leur avenir, face aux revers de l'exil et les torts que de nombreuses familles haïtiennes continuent de subir dans d'autres pays d'accueil, qui font face à des problèmes de toutes sortes, et sont contraints de servir et de protéger avant tout leurs citoyens d'origine.
Dans la matérialisation du concept “Aimer Haïti”, il faudra commencer par un geste de mémoire d’abord et avant tout envers nos ancêtres, qui ont bâti, au prix de sacrifices immenses, la première République noire du monde. Ces derniers ont résisté, créé, rêvé et souffert pour que nous puissions exister en tant que peuple libre. Leur courage, leur intelligence et leur dignité constituent le socle de notre identité. Honorer leur mémoire, c’est reconnaître que nous sommes les héritiers d’une histoire exceptionnelle, faite de luttes, de victoires et de résilience.
Difficile de parler d’amour en Haïti, sans commencer par apprendre le respect des anciens malgré leurs faiblesses, erreurs et limites, autant que de la réciprocité intergénérationnelle. Respecter les ancêtres, c’est aussi préserver les lieux de mémoire, transmettre les récits fondateurs, valoriser les héros connus et inconnus, et enseigner aux jeunes que leur identité est un héritage précieux. En gardant vivante la mémoire des générations passées, nous renforçons notre fierté collective et notre responsabilité envers l’avenir.
2. Aimer Haïti en respectant la mémoire collective ?
Dans l’action d’aimer son pays, il est impossible de construire une relation solide sur l’avenir sans prendre en compte les repères de la mémoire collective. Tous les esprits avisés reconnaissent que la mémoire d’un peuple est un trésor fragile. Elle se nourrit de traditions, de rituels, de symboles, de musiques, de langues et de gestes transmis de génération en génération. Préserver cette mémoire, c’est protéger ce qui nous unit, ce qui nous distingue et ce qui nous inspire. C’est refuser l’oubli, la dévalorisation ou la honte de soi.
Dans toutes les villes haïtiennes comme dans les communautés éloignées de la diaspora haïtienne en particulier, il paraît légitime de placer au moins un drapeau dans l'entrée de chaque maison ou dans chaque chambre des enfants, afin de leur rappeler qui ils sont, quelles sont leurs racines. En valorisant nos fêtes nationales, nos rites culturels, nos contes, nos proverbes et nos pratiques spirituelles, nous consolidons un lien profond entre passé et présent. La mémoire collective n’est pas un musée : elle est vivante, évolutive et essentielle pour guider nos choix.
3. Aimer Haïti en des paroles qui affirment la fierté ?
De grâce ! Comment rappeler aux jeunes de nos jours, qu'Haïti n’est pas le pays le plus pauvre et le plus corrompu dans le monde, en dehors de certains rapports publiés chaque annees, qui ne prennent pas en compte tous les aspects de la réalité critique du peuple et de l’influence externe persistante, qui ne permettent pas aux Haïtiens de décider librement de leurs droits de penser et d’action. Les mots ont un pouvoir immense. Ils peuvent détruire ou construire, décourager ou inspirer. Parler d’Haïti avec respect, lucidité et dignité, c’est déjà un acte patriotique. Cela ne signifie pas nier les difficultés, mais refuser de réduire le pays à ses problèmes, ou des quartiers et villes victimes des violences importées et des complots racistes pour tuer le tourisme local.
De la responsabilité des parents de se responsabiliser, et de responsabiliser leurs enfants dans chaque action et ses conséquences dans les différents angles et générations. Il faudra egalement stimuler parallelement la conscience individuelle et collective des jeunes autour des engrenage de la discrimination et de la domination. Chaque fois que nous partageons une histoire positive, que nous transmettons la fierté de nos origines ou que nous corrigeons une fausse information, nous contribuons à renforcer l’image du pays. Les paroles préparent le terrain pour l’action.
4. Aimer Haïti par des actes inspirants ou des actions valorisantes ?
Depuis toujours, quand on aime, on aide, on assiste, on accompagne, on apporte son support à l'autre, on apprend à grandir ensemble. L’amour du pays se manifeste dans les gestes concrets : soutenir un artisan, participer à un projet communautaire, acheter local, offrir du bénévolat, encourager une initiative locale, contribuer dans l'amélioration de l’environnement et dans le renforcement des institutions. Ces actions, même modestes, nourrissent l’économie, renforcent la cohésion sociale et montrent que chacun peut contribuer.
Dans les deux sens, les dirigeants autant que la population dans sa globalité partagent à un niveau ou à un autre la responsabilité dans le chaos actuel, en dehors de l’autre, des bulletins de vote, ou de la passivité persistante. Agir pour Haïti, c’est reconnaître que le changement ne viendra pas seulement d’en haut, mais de la mobilisation collective. Chaque geste compte. Chaque homme, femme et enfant devrait etre eduquee autour du pourquoi et comment aimer son pays ?
5. Aimer Haïti en arrêtant de critiquer l'autre sans agir soi-même ?
Des critiques externes et internes, c’est ce qui ne manquent pas. Et pourtant, la critique peut éclairer, contrairement à la critique stérile qui épuise. Aimer Haïti, c’est apprendre à transformer la plainte en proposition, la frustration en initiative et la colère en énergie constructive. Le pays a besoin de bâtisseurs, pas de spectateurs.
Dans une approche intelligente et empathique, solidaire et collective, il est venu le temps d'enseigner l'empathie, en mettant à la place de l’autre en face, pour comprendre le sens et la cohérence de ses actions, autant que ses souffrances souvent endurées en silence. En analysant les conclusions et les décisions à prendre, cela ne signifie pas de se taire ou de renforcer la liste des complices. Chaque situation devrait inviter les acteurs à parler dans le sens de l'intérêt commun afin d’améliorer les relations ou la situation, sans pour autant se détruire ou s’auto-détruire. La bienveillance critique est un moteur de transformation.
6. Aimer Haïti passe inévitablement par l'accompagnement des jeunes ?
Des parents qui participent dans la destruction des institutions du pays aujourd'hui, vont tôt ou tard voir leurs enfants et leurs petits-enfants payer l’addition, en fonction de la loi du Karma. En sachant que les jeunes sont la promesse du pays. Les accompagner, c’est investir dans l’avenir. Cela passe par le mentorat, l’orientation, le soutien aux entrepreneurs émergents et la création d’espaces où ils peuvent s’exprimer et se développer.
Dans chaque action politique, dans chaque agenda économique, et dans toutes les négociations institutionnelles entre les différents camps, l’amour des intérêts et des avantages devrait se traduire dans le bien-être collectif au présent, et l'amélioration dans le futur des conditions de vie des jeunes et des prochaines générations. Encourager les jeunes, c’est leur offrir des modèles positifs, des opportunités et la confiance nécessaire pour devenir des acteurs du changement. Un pays qui aime sa jeunesse se donne les moyens de se réinventer.
7. Aimer Haïti en apprenant à connaître et comprendre le pays dans son essence ?
Devant l'impossibilité de donner ce qu’on a pas. L’amour du pays passe avant tout par la transmission des connaissances utiles, pratiques, stratégiques, intelligentes et incontournables que chaque Haitiens devrait savoir et maîtriser en permanence. La connaissance est un acte patriotique. Étudier l’histoire, comprendre les enjeux sociaux, lire les auteurs haïtiens, se former aux technologies : tout cela renforce notre capacité à agir de manière éclairée.
De l'éducation informelle à la transmission des savoirs formels, entre les différentes institutions organisées, telles que la famille, les médias et le transport en commun, il nous faut imposer de nouveaux supports d’informations, et de nouvelles formes pédagogiques parallèles pour informer et former de façon objective ce peuple trop souvent innocent, inconscient, ignorant en somme foncièrement naïf et amnésique. Un peuple informé est un peuple plus fort. Apprendre, c’est se donner les moyens de participer à la transformation du pays.
8. Aimer Haïti par l'enseignement du sens du devoir et de la responsabilité ?
Dans chaque action et institution, il y a des savoirs en partage dans ce pays. Enseigner, c’est transmettre la lumière. Ce n’est pas seulement le rôle des professeurs : chaque Haïtien peut partager ses compétences, encourager la lecture, promouvoir l’éducation civique ou créer des espaces d’apprentissage.
De l'éveil individuel à la conscientisation collective, en valorisant les savoirs traditionnels autant que les connaissances modernes, nous construisons une société équilibrée, enracinée et ouverte.
9. Aimer Haïti en commençant par protéger l’environnement ?
Dommage pour celles et ceux qui refusent de comprendre l’importance de cette terre sacrée, qui, à chaque fois qu’on annonce des moments de violence irréversible, les nuages imposent des temps sombres pour calmer la terre et retarder ou reporter les bains de sang. La terre haïtienne est notre maison commune. La protéger, c’est assurer la survie des générations futures. Planter des arbres, réduire les déchets, préserver l’eau et soutenir l’agriculture durable sont des gestes essentiels.
D’un pays à un autre, l’environnement n’est pas un luxe : c’est une urgence nationale face aux grands defis écologiques mondiaux actuels. Aimer Haïti, c’est aimer sa terre. Cette terre qui n’est pas maudite, mais tout simplement mal comprise, mal aménagée, entretenue et habitée sans respect des lois de la nature et des lwa qui définissent notre nature. Demandez-vous pourquoi des nations qui disposent d’aussi vastes territoires continuent de se tourner vers Haïti, ce petit coin de terre tant critiqué mais attractif ?
10. Aimer Haïti dans toute sa culture ?
Défendre à tout prix ce qui fait l’essence de notre authenticité. Notre culture est un trésor mondial. Elle porte notre identité, notre mémoire et notre créativité. Soutenir les artistes, valoriser le créole, protéger le patrimoine et célébrer nos traditions, c’est préserver ce qui nous rend uniques. C’est aussi et surtout la manière la plus intelligente de manifester son amour pour ce pays.
Dans toutes ces dimensions, ses composantes et ses représentations, la culture est aussi un pont entre Haïti et sa diaspora. Elle unit, inspire et raconte au monde la beauté de notre peuple.
11. Aimer Haïti en renforçant la solidarité à tous les points de vue ?
Du symbolisme des doigts de la main, il est possible d’enseigner l’amour d'Haïti par la contribution et la complémentarité de chaque doigt qui se distingue. La solidarité est l’âme du peuple haïtien. Aider un voisin, soutenir une famille vulnérable, partager des ressources ou créer des réseaux d’entraide, ce sont des gestes qui renforcent le tissu social. C'est la plus belle manifestation d'amour en dehors du chocolat à offrir aux ancêtres, pour les faire renaître.
Dans un pays confronté à de nombreux défis, la solidarité est vitale. Elle permet de traverser les crises et de reconstruire ensemble. Il est temps de l'enseigner de façon objective, pour que tous les camps, les familles familles politiques et économiques sortent tous gagnants.
12. Aimer Haïti en respectant les institutions, celles qui défendent l’existence de la nation ?
Dignité nationale. Les institutions sont les piliers d’un pays. Les respecter, c’est encourager la participation citoyenne, promouvoir la transparence et exiger l’intégrité des dirigeants. Cela implique aussi de respecter les lois et de défendre les droits humains, autant que les biens et investissements de l'Etat.
Devoir civique et citoyen. Un État fort se construit avec des citoyens engagés. La bonne gouvernance est un acte d’amour envers la nation. Autant rappeler celles et ceux qui portent l’empreinte de cette terre à protéger cet héritage commun.
13. Aimer Haïti, c'est valoriser le travail qui produit de la richesse ?
Des exemples anciens et récents à travers d’autres peuples continuent de justifier que c’est par l’effort qu’on devient fort. Le travail est une source de dignité et de progrès. Encourager l’entrepreneuriat, soutenir les travailleurs, valoriser les métiers techniques et promouvoir la formation continue sont des moyens concrets de renforcer l’économie nationale.
Dans cette culture indispensable pour apprendre aux Haïtiens à aimer Haïti, il est possible d’engager le plus grand nombre des acteurs capables de reconnaître la valeur de l’effort, pour enfin créer des opportunités pour tous.
14. Aimer Haïti, notre miroir d'espoir qui garde notre cœur en vie ?
Dans cet amour impossible ou mal formulé par les Haïtiens d’ici et d’ailleurs depuis plusieurs générations, malgré les souffrances et les défis de toutes sortes, Haïti demeure un pays de lumière, de créativité et de résilience. Célébrer l’espoir, c’est mettre en avant les réussites, encourager les initiatives positives et croire en la capacité du pays à se relever.
Dans toute relation d’amour, chaque geste positif ou empathique inspire, encourage et renouvelle toujours l’espoir de jours meilleurs à partager entre les partenaires. Autant dans l’amour à définir et à enseigner entre les Haïtiens et leur pays d’origine, l’espoir ne sera certainement pas naïf, mais extrêmement nécessaire pour inspirer, rassembler et donner la force de pardonner et d’avancer. Aimer Haïti, dans toutes les langues possibles, comme Renmen Ayiti, c’est choisir de croire en cette terre, encore et toujours. Ce pays qui nous habite, et qui fait corps avec notre chair, notre sang, notre esprit, notre cœur et notre ADN.
Dominique Domerçant
