Médecins du Monde (MDM) Suisse a réalisé une évaluation rapide des besoins et risques associés aux violences basées sur le genre (VBG) après le passage de l’ouragan Melissa.
Cette évaluation sectorielle a été réalisée avec le financement de l’UNFPA, à Petit-Goâve, du 15 au 31 décembre 2025.
Le rapport de l’équipe technique de MDM souligne des actions concrètes à prendre afin d’adresser les besoins et risques de VBG identifiés dans d’autres secteurs d’opération humanitaire (santé, Wash et sécurité alimentaire par exemple).
Résultats clés de l’enquête
Sur les 793 ménages enquêtés, 95 % des ménages déclarent avoir été affectés, contre seulement 5 % non affectés. Cette forte proportion est cohérente avec le contexte de crise.
Situation d’hébergement
Le graphique sur la situation actuelle des conditions d’hébergement met en évidence une précarité marquée des ménages, affectant de manière disproportionnée les femmes et les filles. En effet, seuls 49% des ménages vivent encore dans leur maison familiale, tandis que 51 % se trouvent dans des conditions d’hébergement instables ou dégradées.
La proportion élevée de personnes hébergées chez des proches (29 %) ou vivant dans une maison endommagée, mais habitable (9 %) traduit une perte de sécurité, d’intimité et de stabilité, facteurs reconnus comme augmentant les risques de violences basées sur le genre (VBG).
De plus, les ménages sans abri (2 %) ou vivant en site de déplacement / abri collectif (1 %) sont exposés à des risques accrus de violences, d’exploitation et de stress psychosocial.
Ces résultats confirment que les conditions d’hébergement post-crise restent précaires et inadaptées, renforçant la vulnérabilité des femmes, des filles et des autres groupes à risque. Ils soulignent la nécessité d’interventions urgentes intégrant la protection, la prévention des VBG et le soutien psychosocial.
Moyens de subsistance
Les résultats de l’enquête montrent une dégradation sévère des moyens de subsistance des ménages à la suite du passage de l’ouragan Melissa. Aucun ménage n’a déclaré une augmentation de revenus (0 %), tandis que 38 % rapportent une perte totale de leur revenu, 32 % une forte diminution et 15 % font état d’une légère de revenu.
Au total, ce sont 85 % des ménages qui ont subi une perte de revenu, à des degrés variables. Cette situation reflète l’impact direct du cyclone sur les activités économiques locales, l’emploi et les moyens de subsistance, exacerbant la vulnérabilité socio-économique des ménages, en particulier des femmes cheffes de ménage, des filles et des autres groupes à risque.
La perte ou la réduction de revenu constitue également un facteur aggravant des risques de VBG, notamment de la violence domestique, de l’exploitation et des mécanismes d’adaptation négatifs.
Ces constats soulignent la nécessité d’interventions urgentes de relèvement économique, incluant l’assistance en espèces, le soutien aux activités génératrices de revenus, ainsi que des mesures de protection sensibles au genre, intégrées à la réponse post-urgence.
Source: UNFPA Haiti
