Dans mes recherches renouvelées pour actualiser la banque des compétences haïtiennes en réserve de la République, plusieurs dossiers issus des archives du Système des nations unies en Haïti me conduisent vers le nom de l'une des femmes professionnelles qui a marqué l'histoire d'Haïti et de ses institutions en particulier, entre 2003 et 2017, dans le cadre de la gestion de plusieurs catastrophes naturelles et humaines. Quand les temps sont durs, Alta Jean-Baptiste est toujours présente et active, pour assister les autorités, appuyer l'ensemble des acteurs du système de gestion des risques et désastres, et pour accompagner les organisations et les collectivités locales. En somme, elle apporte des solutions à la population.
Des faits qui se justifient dans ce rappel, parmi d'autres : “En 2010, alors que le pays est dévasté par un terrible séisme, combiné à une épidémie de choléra et d’autres événements hydrométéorologiques, Mme Marie Alta Jean-Baptiste a su, renforcer le Système national de gestion des risques et des désastres, lui-même fortement déstabilisé par le séisme. Le regard porté sur l’avenir, elle a su proposer aux partenaires techniques et financiers du système une vision claire quant au devenir de la gestion des risques et des désastres en Haïti.”.
Dans ce même paragraphe, on peut lire : “Elle a également renforcé la coordination entre les différents acteurs, à travers la création d’un forum des organisations non gouvernementales qui assure une meilleure synergie entre les actions humanitaires et la gestion des risques et des désastres à proprement parler.”.
Dans la ville des Gonaïves, Marie Alta Jean-Baptiste, a vu le jour le 3 mai 1959. Elle est reconnue comme une femme professionnelle accomplie, qui a servi son pays dans des moments extrêmement difficiles, avec un sens de responsabilité affirmée, une crédibilité confirmée, et un sens de leadership collectif et inclusif. Certains responsables des institutions internationales autant que des anciens collaborateurs issus de l’administration publique entre autres confient que : “Son leadership et son engagement sont un modèle pour l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine et au delà, que ce soit au sein du gouvernement, de la communauté internationale ou de la société civile Haïtienne.”.
Depuis son remplacement par un autre haut cadre autant respecté du milieu, le docteur Jerry Chandler, le 5 mai 2017, à la tête de la direction de la Protection civile, et malgré son retrait professionnel et son recul dans la vie publique, cela n'empêche pas à un grand nombre des anciens collaborateurs de madame Marie Alta Jean-Baptiste de continuer à citer son nom en de bon termes, pour les treize années de services rendus.
Des expériences professionnelles et personnelles réalisées dans la gouvernance du système nationale de gestion de crise, et dans l'élaboration de document de politique publique, en tant qu'ancien directeur de communication, membre de cabinet de ministres et représentant du ministère de la Culture et de la Communication entre 2009 et 2011, et représentant du ministère des Affaires étrangères et des Cultes entre 2012 et 2015, auprès de la Protection civile, m'autorisent à confirmer l'ensemble de ces considérations et appréciations envers cette professionnelle.
Dans l’histoire contemporaine de l’administration publique haïtienne, ils sont nombreux les hommes et les femmes, parmi les hauts cadres connus, sans occuper pourtant des postes électifs ou des fonctions politiques de premier plan, imposent en de bons termes dans l’imaginaire collectif et la mémoire institutionnelle, pour les qualités comme la compétence, le sérieux, le sens de résultat, la responsabilité, l'éthique, l'empathique, et le leadership. A travers le profil de Marie Alta Jean-Baptiste figure autant ces repères et références qui lui ont permis de servir plusieurs régimes politiques, tout en gardant la tête haute et en bénéficiant le respect du plus grand nombre. Que celles et ceux qui peuvent dire le contraire, profitent de cette publication pour avancer leurs critiques contre l'ancienne directrice de la Direction de la Protection civile (DPC).
Diplômée ingénieure agronome de la Faculté d’Agronomie et de Médecine vétérinaire de Port au Prince (Haïti). Cette ancienne directrice de la DPC, a assumé avec ce poste au sein du ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales : "la direction technique et stratégique de la protection civile Haïtienne, elle coordonnait le Secrétariat permanent de gestion des risques et désastres (SPGRD), et servait de point focal GRD de l’ISDR en Haïti”, en se basant sur les archives du Système des nations unies en Haïti: https://www.preventionweb.net/files/workspace/37131_nominationformundpfrench.pdf?startDownload=true
Dans le document : “Prix Sasakawa Nomination de Marie Alta Jean-Baptiste – Note justificative Proposé par le Système des nations unies en Haïti”, une note biographique d’Alta Jean-Baptiste souligne qu’elle a été : “A la tête de la Direction de la protection civile (DPC) haïtienne depuis 2003, Madame Marie Alta Jean-Baptiste travaille sans relâche pour aider son pays à mieux se préparer aux situations d’urgence et à mieux intégrer la réduction des risques dans les politiques et programmes de développement sectoriels.”.
Dès la première année, elle a eu à gérer de nombreuses inondations mais surtout le cyclone Jeanne aux Gonaïves en septembre 2004 qui a fait plus de 3000 victimes. Les années qui ont suivi n’ont pas épargné Haïti qui a été confronté au passage successif de quatre cyclones en 2008 ; au séisme du 12 janvier 2010 ; à l’épidémie du choléra et la tempête tropicale Tomas la même année ; à l’ouragan Sandy en 2012, etc.
D’autres précisions viennent renforcer le parcours de cette femme de terrain, en lien avec : “Ces événements nous ont rappelé qu’Haïti compte parmi les pays les plus vulnérables aux risques de catastrophes dans le monde. La Directrice de la protection civile a bien compris cela et s’est efforcée de renforcer le Système national de gestion des risques et des désastres, un système multisectoriel et basé sur le principe de subsidiarité. Cela s’est traduit par la couverture territoriale du pays en structures de protection civile ; la vulgarisation des systèmes d’alerte et d’évacuation auprès des acteurs clés et de la population ; le renforcement de la coordination entre les différents acteurs de la gestion des risques et des désastres, mais aussi la dotation du pays de capacités opérationnelles et la promotion de l’implication communautaire.”.
Des contributions significatives apportées dans les temps les plus sombres dans l’histoire nationale, et de façon transversale en considérant le fonction de la DPC entre la politique intérieure et la politique extérieure du pays. On peut lire : “Consciente du manque de capacités de l’Etat Haïtien, Mme Jean-Baptiste sait également que la principale ressource d’Haïti est sa jeunesse. Dès lors, la stratégie du SNGRD se base sur le développement d’une culture du risque auprès des jeunes, que ce soit à travers la formation dans les écoles, l’intégration de la réduction des risques dans les cursus universitaires ou encore dans des activités de sensibilisation ciblant particulièrement les jeunes. Au-delà de l’information et de l’éducation, le SNGRD s’appuie sur les jeunes comme relais de l’information des populations les plus vulnérables ou comme volontaires contribuant directement aux activités de préparation et de réponse aux désastres. La jeunesse n’est donc pas simplement réceptrice de l’information mais actrice de sa propre résilience.”.
Dans ce pays qui ne fait pas de cadeau, plusieurs témoins reconnaissent que : “Madame Jean-Baptiste a donné une assise durable à la gestion des risques et désastres en Haïti et a considérablement contribué à renforcer la résilience de la population et des institutions haïtiennes face aux risques de catastrophes naturelles.”.
Sources combinées: MCC / CICP ; MAEC ; Note justificative Prix Sasakawa du Système des nations unies en Haïti ; Archives personnelles ; Articles Le Nouvelliste ; Le National ; Oxfam....
Dominique Domerçant
