Le Comité de pilotage de l’Accord KINAM et Alliés a tenu une conférence de presse ce mardi 27 janvier 2026 afin d’annoncer la signature d’un accord intervenue le même jour et de proposer le magistrat Jean Joseph Lebrun comme président provisoire de la République, dans la perspective de la prochaine transition prévue pour le 7 février 2026, à la suite du départ du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Les propositions de sortie de crise continuent de se multiplier, tandis que plusieurs accords et plateformes politiques tentent de se regrouper dans l’objectif de parvenir à une résolution commune à soumettre à une population haïtienne qui souffre depuis trop longtemps de l’instabilité politique, économique et sociale.
C’est dans cette dynamique que les signataires de l’Accord KINAM ont présenté à la population cette résolution proposant le magistrat Jean Joseph Lebrun comme président provisoire. Selon eux, il s’agit d’une personnalité capable d’aborder la situation complexe que traverse actuellement le pays.
La structure invite l’ensemble des acteurs politiques ainsi que le peuple haïtien à se rallier à cette proposition. Le porte-parole de l’Accord a estimé qu’il n’est plus possible de continuer à faire des propositions irréalistes, soulignant l’importance de donner un nom clair et précis aux discussions en cours.
Alors que plusieurs groupes continuent de prôner la Cour de cassation comme solution institutionnelle à la crise, ils n’ont, jusqu’à présent, jamais réussi à désigner une personnalité consensuelle. Dans ce contexte, l’Accord de Kinam et ses alliés ont fait le choix du magistrat Jean Joseph Lebrun comme président provisoire du pays. Ils précisent que ce choix résulte d’une concertation avec plusieurs signataires d’autres accords politiques.
« Nous, au sein de l’Accord de Kinam, prônons le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) afin de pouvoir choisir une personne capable de représenter le pays. M. Lebrun est président du CSPJ et également président de la Cour de cassation. Si l’on veut rester le plus proche possible de la Constitution, c’est le meilleur choix que nous puissions faire », a déclaré Garry Rivière, porte-parole de la structure.
Il a également lancé un appel à tous les acteurs qui défendent la Cour de cassation comme solution, les invitant à rejoindre l’Accord de Kinam dans une concertation visant à dégager un consensus le plus large possible, capable de regrouper l’ensemble des forces politiques du pays. Cette proposition sera ensuite soumise aux acteurs concernés afin de mettre un terme à la crise.
Plus loin, le porte-parole a souligné que, face à la dégradation continue de la crise politique, économique et sociale, il devient impératif pour l’ensemble des acteurs nationaux de conjuguer leurs efforts afin de trouver une solution durable permettant de sortir Haïti de l’impasse.
Concernant la décision du CPT de révoquer le Premier ministre, il estime que, quelles que soient les divergences existantes avec le Conseil présidentiel de transition, celui-ci est dans son droit, puisqu’il a nommé le chef du gouvernement et dispose également du pouvoir de le révoquer. Il a toutefois adressé un message au chef de la Primature et à ses partisans, les appelant à éviter toute escalade susceptible de plonger davantage le pays dans la crise, avertissant qu’une telle situation pourrait créer un précédent dangereux.
Selon lui, destituer le Premier ministre à la fin du mandat du CPT n’est pas approprié, car un nouveau chef de gouvernement n’aurait pas le temps nécessaire pour s’attaquer aux problèmes majeurs du pays. Toutefois, il reconnaît que le Conseil présidentiel conserve ce droit et que sa décision doit être respectée.
Yasmine Sanon
