L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a organisé, ce mardi 27 janvier 2026, à Pétion-Ville, un atelier de formation à l’intention des personnes en situation de handicap, autour du thème : « Comprendre et dénoncer la corruption : la contribution du secteur handicap ».
Cet atelier s’inscrit dans la continuité des activités menées dans le cadre de la Journée internationale de la lutte contre la corruption. Il visait notamment à renforcer les capacités des participants sur le rôle et la mission de l’ULCC, les mécanismes de dénonciation des actes de corruption, ainsi que sur la promotion des valeurs éthiques et déontologiques.
Selon M. Joseph, à travers cette initiative, l’ULCC entend poursuivre sa mission préventive en sensibilisant la société haïtienne aux effets néfastes de la corruption, tout en promouvant la bonne gouvernance, la transparence et l’éthique. L’activité a également mis un accent particulier sur l’inclusion des personnes en situation de handicap, notamment celles vivant avec une déficience visuelle.
Dans son allocution, le docteur Michel A. Péan, coordonnateur national de la Société haïtienne d’aide aux aveugles (SHAA), a rappelé que la lutte pour l’inclusion des personnes handicapées dans le tissu social haïtien dure depuis plusieurs années. Selon lui, l’inclusion constitue un droit fondamental fondé sur l’égalité en droits et en dignité de tous les citoyens. Toutefois, il estime qu’une véritable inclusion ne peut se réaliser dans une société où la corruption demeure dominante.
À cet effet, il a plaidé pour une contribution stratégique plus structurée du secteur du handicap dans ce combat, notamment à travers une meilleure organisation. Dans la perspective de solutions durables, il a également proposé l’organisation d’« États généraux sur le handicap », souhaitant leur tenue en 2027, à l’occasion du 20e anniversaire du Bureau du Secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées.
« Nous avons tous l’obligation de recréer le rêve de l’inclusion », a-t-il déclaré.
De son côté, le directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a souligné que cette activité permet d’aborder la problématique de la corruption en dehors du cadre étatique traditionnel. Il a précisé que l’objectif principal de la journée était de faciliter la compréhension et l’appropriation des outils de lutte contre la corruption par les personnes vivant avec une déficience visuelle, à travers des documents traduits en braille.
Ces documents, élaborés par des cadres de l’ULCC, portent notamment sur le guide de lutte contre la corruption destiné aux jeunes, ainsi que sur les mécanismes de dénonciation des actes de corruption. Ils s’inscrivent dans les efforts continus de l’institution pour renforcer le contrôle social et favoriser l’implication de divers acteurs dont le rôle est jugé déterminant dans la lutte contre ce fléau.
À travers cet atelier, l’ULCC entend également éduquer les personnes en situation de handicap sur le cadre réglementaire et institutionnel de lutte contre la corruption, les former aux mécanismes de dénonciation et renforcer en elles les valeurs éthiques et déontologiques.
Pour sa part, Bellegarde Fenel, représentant du Secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées, a indiqué que le thème retenu ne constitue pas un simple intitulé technique, mais un véritable appel à l’action et à l’exercice d’une citoyenneté pleine et entière. Il a insisté sur le fait que les personnes handicapées ne doivent pas être perçues uniquement comme des bénéficiaires de soins ou d’assistance, mais comme de véritables acteurs de changement.
Selon lui, le handicap ne saurait en aucun cas constituer un obstacle à l’exercice de la vigilance citoyenne ni au respect des droits. « Pour qu’Haïti ait une chance, chaque Haïtien doit avoir les mêmes chances », conclut-il.
Modeline Youte
