Les autorités haïtiennes ont commémoré, ce mardi 7 juillet, le cinquième anniversaire de l'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse. Une cérémonie de recueillement s'est tenue à la Villa d'Accueil, à l'initiative du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
La cérémonie a rassemblé des membres du gouvernement, le secrétaire général de la Présidence, le secrétaire général du Conseil des ministres, ainsi que des représentants du haut commandement de la Police nationale d'Haïti (PNH) et du haut état-major des Forces armées d'Haïti (FAd'H). Des proches de l'ancien chef de l'État et plusieurs invités ont également pris part à cet hommage.
Le temps fort de cette commémoration a été la célébration d'une messe de requiem présidée par le Révérend Père Jean Robert Louis. Dans son homélie, le célébrant a rappelé que « la mort est le commencement d'une nouvelle vie », affirmant que Jovenel Moïse est retourné vers Dieu. Il a également exhorté les fidèles à vivre dans la vigilance.
La cérémonie s'est poursuivie par la sonnerie aux morts et une minute de recueillement, avant de s'achever dans une atmosphère empreinte de solennité. À travers cet hommage, les autorités ont réaffirmé leur volonté de préserver la mémoire de l'ancien président, dont l'assassinat demeure l'un des événements les plus marquants de l'histoire récente d'Haïti.
Dans la nuit du 7 juillet 2021, Jovenel Moïse avait été tué à sa résidence privée de Pèlerin 5 par un commando lourdement armé. Son épouse, Martine Moïse, avait été grièvement blessée. Ce crime avait provoqué une onde de choc en Haïti et au sein de la communauté internationale, plongeant le pays dans une crise politique et institutionnelle sans précédent.
Cinq ans plus tard, le dossier judiciaire n'a toujours pas connu son épilogue en Haïti. L'instruction a été menée successivement par plusieurs magistrats, dont Garry Orélien et Walther Wesser Voltaire. Ce dernier a renvoyé devant le tribunal criminel une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles Joseph Félix Badio, l'ancien sénateur John Joël Joseph, l'ancienne juge Wendel Coq Thélot, ainsi que plusieurs anciens militaires colombiens. En parallèle, la justice américaine a enregistré plusieurs avancées, avec des plaidoyers de culpabilité et des condamnations de plusieurs personnes impliquées dans le complot. Malgré ces progrès, de nombreuses zones d'ombre subsistent encore quant aux véritables commanditaires de cet assassinat, tandis que les familles des victimes et une partie de la population continuent d'attendre que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Sorah Schamma Joseph
