Le parti politique Les Engagés pour le Développement (EDE), accompagné de plusieurs autres leaders des partis politiques, a organisé une messe de requiem ce mardi 7 juillet 2026 pour rendre hommage à l'ancien président Jovenel Moïse, à l'occasion du cinquième anniversaire de son assassinat crapuleux.
Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le président Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence privée par des mercenaires colombiens. Soixante mois plus tard, aucun auteur intellectuel de cet acte odieux n'a été révélé par la justice haïtienne.
Ce mardi 7 juillet 2026 marque la 5e année de cette tragédie historique du pays qui a coûté la vie au 58è président de la République d'Haïti. Pour marquer cette date tragique de la mémoire des Haïtiens.
Cette cérémonie de recueillement a réuni des responsables politiques, les membres de l'organisation politique les Engagés pour le développement (EDE), des militants et des sympathisants. Des anciens collaborateurs et des anciens ministres ont pris part à cette messe de requiem pour rendre hommage à l'ancien chef de l'État, assassiné le 7 juillet 2021.
Dans son intervention, l'ancien Premier ministre sous la gouvernance de Jovenel Moïse, Claude Joseph, a fait savoir que cette messe se tient en sa mémoire pour continuer à réclamer justice pour le président. Tout en constatant que, cinq ans après, il y a une velléité d'oublier le président Jovenel Moïse, il estime qu'il est de leur responsabilité historique de continuer à prendre des initiatives afin de préserver la mémoire du président et de maintenir vivant son héritage.
« Le président œuvrait en faveur d'une politique publique visant à répondre aux véritables besoins de la population haïtienne. Il avait un ensemble de réalisations et des activités qu'il menait pour cela. C'est pour cela que nous, au niveau du parti EDE et bien d'autres leaders, sommes réunis ici en sa mémoire », a expliqué M. Joseph.
Par ailleurs, il a fait savoir que cette messe s'est organisée notamment dans plusieurs villes du pays, dont Trou-du-Nord, le Nord-Est, Grand-Bassin, le Sud, le Plateau Central, etc. Ceci explique que la population se souvient de cette date et est reconnaissante des travaux.
Pour sa part, l'ancien Premier ministre, Evans Paul, a déclaré que l'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse constitue un véritable effondrement de l'État.
Évoquant les dispositifs de sécurité dont bénéficiait le président, il a souligné que des unités telles que l'USGPN, le CAT Team et l'USP mobilisaient plus de 600 agents, financés par le budget de l'État et dotés d'importants moyens logistiques. Pourtant, cela n'a pas empêché les assaillants de pénétrer dans sa résidence, de l'assassiner et de blesser son épouse, sans qu'aucun membre de ces dispositifs n'intervienne. Selon lui, une telle situation demeure extrêmement difficile à comprendre et à accepter.
« Mis à part l'assassinat physique du président, le contexte de l'exercice de l'assassinat du caractère de l'ancien président est encore inacceptable », a critiqué M. Paul.
En outre, Evans Paul, connu sous le nom de Compère Plume (K-Plim), a expliqué qu'ils n'ont pas seulement assassiné le caractère de Jovenel Moïse, ils ont également exécuté ses œuvres après sa mort.
Il a déploré l'absence de continuité dans les projets et réformes qu'il avait entrepris pour le pays, estimant que l'abandon de ces réalisations constitue une autre forme d'assassinat de son héritage politique.
Par ailleurs, les anciens Premiers ministres ont également évoqué le fonctionnement de l'appareil judiciaire, déplorant qu'aucun procès n'ait encore été organisé concernant cet assassinat.
Ils ont rappelé que, cinq ans après, six juges d'instruction se sont déjà succédé sur ce dossier, sans qu'aucune avancée majeure n'ait été enregistrée.
À ce jour, le seul procès lié à cette affaire s'est tenu aux États-Unis, où plusieurs personnes ont été condamnées.
Ils ont toutefois réaffirmé leur confiance dans la justice haïtienne, l'encourageant à poursuivre son travail afin que justice soit rendue à l'ancien chef de l'État.
Selon eux, nul ne devrait être privé de la vie, quels que soient les prétextes invoqués. Ils estiment qu'un véritable sens des responsabilités doit être développé au sein de l'État haïtien. Ils ont enfin lancé un appel aux autorités en place ainsi qu'à celles qui seront appelées à diriger le pays, les exhortant à mettre fin à la dégradation continue de la situation nationale.
Yasmine Sanon
