Face à la montée inquiétante du recrutement d’enfants par les groupes armés en Haïti, la Fondation Zanmi Timoun tire la sonnette d’alarme. Dans un entretien accordé au journal Le National le responsable du programme d'intervention et de réinsertion sociale de la dite fondation Besnard Felix, met en lumière les causes profondes du phénomène et appelle à des réponses structurelles pour protéger les droits fondamentaux des plus jeunes.
Besnard Felix a exprimé sa vive inquiétude face à l’augmentation du nombre d’enfants qui intègrent les gangs armés en Haïti.
Selon lui, ce phénomène ne relève pas du hasard. Il s’explique notamment par la vulnérabilité accrue des familles et leur décapitalisation progressive, qui les prive de ressources économiques essentielles. Il souligne également l’impact du déplacement forcé de la population dans plusieurs quartiers, notamment à Solino et à Carrefour-Feuilles, où la violence des groupes armés a contraint de nombreuses familles à fuir leur domicile.
« Cette situation agit directement sur le droit à l’éducation des enfants et facilite leur intégration dans les groupes armés. Privés d’accès régulier à l’école et d’un environnement stable, ils deviennent plus vulnérables au recrutement », précise Besnard Felix.
Le responsable évoque également le cas des enfants vivant dans les rues, souvent livrés à eux-mêmes. Il déplore, par ailleurs, l’absence de modèles positifs dans le pays. Dans ce contexte, certains enfants en viennent à croire qu’appartenir à un gang pourrait leur garantir une vie meilleure, en leur offrant protection, revenus ou sentiment d’appartenance.
Au sein des groupes armés, les enfants occupent divers rôles. Ils servent fréquemment d’antennes chargées de transmettre des informations sur les quartiers et les mouvements observés. D’autres remplissent des fonctions domestiques ou sont utilisés comme soldats. Les filles, quant à elles, sont souvent exposées à des violences sexuelles.
Plus loin, Besnard Felix insiste sur la nécessité de s’attaquer aux vulnérabilités structurelles qui affectent les enfants. Il estime qu’il est indispensable de rétablir la sécurité afin de garantir un accès effectif à l’éducation pour tous et de veiller au respect de la convention relatives aux droits de l’enfant.
Sorah Schamma Joseph
