L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) intensifie la pression sur les anciens membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et leur chef de cabinet. Ces derniers disposent désormais d’un délai strict pour déposer leur déclaration de patrimoine de sortie, échéance fixée au 7 mars 2026, conformément à la loi du 12 février 2008.
En effet, le dépôt de déclaration de patrimoine doit être effectué au greffe du Tribunal civil de leur domicile et constitue une étape essentielle pour garantir la transparence et la responsabilité des dirigeants ayant exercé leurs fonctions pendant la période de transition. Tout retard ou manquement à cette obligation pourrait entraîner des poursuites judiciaires, précise l’ULCC.
Cette mesure intervient à peine 72 heures après la fin officielle du mandat des neuf membres du CPT, qui ont transmis le pouvoir au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’institution rappelle que cette formalité n’est pas optionnelle et tout refus de se conformer à la loi pourrait être sanctionné.
En parallèle, certaines acquisitions immobilières réalisées par des ex-membres du CPT suscitent déjà des interrogations. Selon des sources concordantes, certains biens auraient été acquis par le biais de proches ou de prête-noms. L’un des cas évoqués concerne l’achat d’une résidence d’une valeur estimée à 750 000 dollars américains, inscrite au nom d’un membre de la famille d’un ancien conseiller résidant aux États-Unis.
« À moins d’un mois de la date limite, l’ULCC attend des anciens membres du CPT une transparence totale, et les autorités judiciaires seront attentives à tout signe de non-respect. Ce contrôle constitue un test de probité pour des personnalités qui ont dirigé le pays durant une période particulièrement sensible sur le plan politique et institutionnel. ».
Soulignons que le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) a pris fin le 7 février 2026 lors d’une cérémonie organisée à la Villa d’Accueil. Le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a officiellement transmis les responsabilités au Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. En présence des autorités gouvernementales, des responsables sécuritaires et du corps diplomatique, il a rappelé les priorités nationales, notamment la sécurité, le dialogue politique, les élections et la stabilité du pays, tout en mettant en garde contre les forces hostiles à la démocratie.
Vladimir Predvil
