Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) poursuit son combat contre la détention préventive prolongée en Haïti. Le 29 janvier 2026, un deuxième recours en Habeas Corpus a permis la libération de 24 détenus dans la juridiction de Port-au-Prince, portant à 43 le nombre total de bénéficiaires de ce programme mis en place par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et exécuté par le CARDH-H et l’IMED.
Cette action s’inscrit dans le cadre de l’« Initiative mobile pour la réduction de la surpopulation carcérale et de la détention préventive prolongée », un programme conçu pour apporter une réponse rapide et concrète à l’un des maux les plus persistants du système judiciaire haïtien qui est l’incarcération illégale et prolongée sans jugement.
Dans une ordonnance rendue le 6 février 2026, le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Bernard Saint-Vil, faisant office de juge d’Habeas Corpus, n’a laissé place à aucune ambiguïté. « La détention des requérants est déclarée illégale. Il est ordonné leur élargissement immédiat, sans caution et sur minute », a-t-il tranché, adoptant les conclusions du commissaire du gouvernement.
Parmi les personnes libérées figurent notamment Charlestin Roselor, Jacques Jenny Fleuri, Jean Baptiste Kerry, Saint Louis Wildor, Fritz Paul ou encore Jameson Alphonse. Tous ont quitté les centres de détention.
Dans la seule juridiction de Port-au-Prince, 322 cas de détention préoccupants ont été identifiés. « Il y a urgence », insiste le CARDH-H. « Des hommes, des femmes et même des mineurs attendent toujours qu’on se penche sur leur sort. »
Soutenue par le PNUD à travers le programme PAJLI, cette initiative portée par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et mise en œuvre par le CARDH-H veut aller plus loin. « La liberté ne devrait jamais être une exception », rappelle l’organisation. « Elle doit rester la règle. »
