L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a signé ce jeudi 05 février 2025 un protocole d’accord avec l’Université Quisqueya portant sur la mise en œuvre du cours universitaire intitulé « Corruption, pratiques et répression ». Une option intégrée au syllabus du programme de licence en sciences politiques de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’UniQ.
Cette nouvelle matière vise à doter les étudiants d’outils analytiques, juridiques et institutionnels leur permettant de mieux comprendre les mécanismes de la corruption, d’identifier ses manifestations et d’appréhender les stratégies nationales et internationales mises en place pour combattre ce fléau au sein de l’administration publique, selon les deux partenaires.
« La corruption est un fléau qui gangrène toutes les institutions publiques. De par cette initiative, nous voulons former de futurs cadres conscients des mécanismes de lutte anticorruption, créer des lanceurs d’alerte et des dénonciateurs éthiques, sensibiliser les témoins potentiels et renforcer la culture de la transparence et de l’intégrité », a expliqué l’assistant directeur des opérations chargé des statistiques et de la programmation.
Le directeur général de l’ULCC, Jacques Hans Ludwig Joseph, indique que la signature de cet accord marque l’engagement de l’institution dans la promotion de l’éthique publique et la formation d’une nouvelle génération d’acteurs engagés dans la lutte contre la corruption, tout en affirmant qu’elle demeure l’un des défis auxquels la société haïtienne fait face au fil des années et qu’elle fragilise les institutions, affaiblit la confiance des citoyens dans l’État, compromet le développement économique et accentue les inégalités sociales.
Me Joseph s’engage à mettre à la disposition de la communauté universitaire l’expertise technique de l’ULCC, son expérience opérationnelle ainsi que ses ressources pédagogiques afin de contribuer amplement au renforcement académique de l’université dans le domaine de la gouvernance et de l’intégrité publique.
« Vous êtes les futurs juristes, politologues, décideurs et leaders du pays. Cette formation doit vous inciter à être des acteurs du changement, porteurs des valeurs d’intégrité, de probité et de service public », a rappelé l’homme de loi aux étudiants, arguant que dans ce climat où le pays fait face à de nombreux défis, le monde universitaire se doit d’être un lieu de conscientisation pour les futurs responsables.
M. Joseph dit reconnaître l’ampleur des défis liés à la pérennisation de ce projet. Toutefois, il réitère sa détermination à tout mettre en œuvre pour assurer la réussite et la durabilité de cette initiative afin d’en faire un outil d’engagement et de transformation sociale.
De son côté, le doyen de la Faculté des sciences politiques et juridiques de l’Université Quisqueya, Me Bernard Gousse, a salué ce protocole d’accord, qui permettra de renforcer les capacités des étudiants dans la lutte contre la corruption qui gangrène le pays. « La corruption est un mal insidieux, une peste qui ronge les fondements de l’idéal démocratique », a-t-il dit. Il appelle par ailleurs les universitaires à s’imprégner d’une culture d’intégrité et du sens de la responsabilité dans le service public.
Sheelove Semexant
