À quelques heures de la date butoir du 3 février 2026, l’inquiétude qui pesait sur la communauté haïtienne vivant aux États-Unis s’est transformée en soulagement. Le Temporary Protected Status (TPS), dispositif migratoire protégeant depuis plusieurs années des centaines de milliers de Haïtiens contre l’expulsion et leur permettant de travailler légalement sur le sol américain, a été confirmé par la justice américaine.
Le TPS avait été accordé à Haïti après le séisme dévastateur de 2010, puis renouvelé à plusieurs reprises en raison de la dégradation persistante de la situation sécuritaire, politique et humanitaire dans le pays. Aujourd’hui, alors que l’insécurité et la crise humanitaire perdurent, la protection a été maintenue grâce à une décision judiciaire.
La Cour d’appel de Californie avait déjà jugé illégale la décision de l’administration américaine visant à mettre fin au TPS pour les Haïtiens. Le juge Edward Chen avait estimé que retirer cette protection aux bénéficiaires haïtiens était injustifié compte tenu de la situation sécuritaire toujours alarmante en Haïti.
Parallèlement, une autre procédure cruciale se déroulait à Washington devant la juge fédérale Anna C. Reyes. Après avoir examiné les arguments des parties et demandé des documents supplémentaires sur la situation en Haïti, la juge Reyes a finalement décidé de poursuivre le TPS, assurant ainsi la continuité de la protection pour les bénéficiaires.
Cette décision empêche plus de 300 000 à 350 000 Haïtiens de perdre leur protection légale, leurs autorisations de travail et de se retrouver exposés au risque de déportation.
Pour de nombreux bénéficiaires du TPS, installés depuis plus d’une décennie aux États-Unis, cette protection est vitale. Beaucoup ont fondé des familles et occupent des emplois essentiels dans les secteurs de la santé, de la construction, de l’éducation et des services.
Sur le plan politique, le dossier du TPS pour les Haïtiens avait suscité de vives tensions, avec des critiques envers la gestion du Département de la Sécurité intérieure. La décision judiciaire met temporairement un terme aux contestations, même si les enjeux migratoires restent au centre des discussions nationales.
Sorah Schamma Joseph
