À quelques jours de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) installé depuis deux ans, les conseillers-présidents multiplient les rencontres afin d’éviter un vide institutionnel dans le pays après cette date charnière. À l’initiative de Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, un dialogue inter-haïtien s’est ouvert le dimanche 1er février et doit s’achever le 3 février 2026.
Ce lundi, dès l’aube, des membres du CPT se sont réunis à huis clos dans la salle Janne de l’hôtel Montana, à Port-au-Prince, dans ’objectif de parvenir à une solution politique concertée avec les acteurs de la classe politique. Après environ 22 mois passé au pouvoir, le CPT consacre trois des cinq derniers jours de son mandat à ces discussions cruciales.
Aux alentours de midi, plusieurs dizaines de militants se sont rassemblés devant les locaux de Montana, lançant des invectives contre les hauts fonctionnaires de l’État. Les journalistes présents sur place n’ont pas été autorisés à pénétrer dans la salle des délibérations. À l’intérieur, les représentants politiques, réunis autour de tables bondées, ont échangé propositions et contre-propositions dans l’espoir de dégager un consensus.
Par ailleurs, l’ancien député de Cerca-Cavajal Antoine Arodon Bien-Aimé, a déclaré que le CPT devait impérativement quitter le pouvoir le 7 février prochain, rejetant toute idée de continuité avec ses membres actuels. Il plaide pour un dialogue inclusif susceptible de déboucher sur un consensus minimal afin de sortir le pays de l’impasse. Selon lui, après vingt-deux mois de gouvernance sans résultats tangibles, il est nécessaire de mettre en place un président et un Premier ministre légitimes, appuyés par un comité de médiation pour diriger le pays.
L’ancien parlementaire a également évoqué la création d’un organe de contrôle chargé de surveiller les actions du nouveau gouvernement, ainsi qu’une feuille de route pour assurer son bon fonctionnement. Les critères de sélection des nouvelles autorités devraient être définis avant le 7 février, afin que la nation sache qui prendra les rênes du pays.
Par contre, de son côté, Francisco Alcide, signataire de l’accord de Montana, a affirmé qu’une solution « strictement inter-haïtienne » émergera de ces assises. Il a insisté sur l’exclusion de toute participation de la communauté internationale dans ce processus.
Selon lui, les discussions pourraient aboutir à la mise en place d’une nouvelle instance collégiale composée de trois membres, dont un issu de la Cour de cassation. Toutefois, Francisco Alcide n’exclut pas que un ou deux conseillers du CPT soient maintenus afin d’assurer une certaine continuité au sein du pouvoir exécutif.
Likenton Joseph
