La Conférence Nationale des Associations et Organisations de Jeunesse d’Haïti (CNAOJH) a organisé une rencontre ce mercredi 14 janvier 2026 afin de dialoguer et de discuter de la nécessité que les jeunes soient représentés autour de la table des discussions, en vue d’une meilleure représentation de la jeunesse dans les prises de décisions du pays pour le prochain gouvernement de transition.
En effet, environ une centaine de jeunes et de représentants d’associations de jeunesse ont pris part à cette conférence-débat dans le but de discuter du rôle concret de la génération juvénile dans les débats nationaux et dans la construction d’un avenir plus stable pour Haïti.
Dans ce contexte, Jean Mary Auguste, activiste politique, a fait savoir dans son intervention qu’il constate que, de 2014 à 2025, toutes les décisions importantes concernant l’avenir du pays ont été prises sans la participation réelle de la jeunesse. Malgré les multiples enjeux liés à la jeunesse, cette dernière a été systématiquement mise à l’écart.
Il a fait savoir qu’un ensemble d’organisations, d’associations de jeunes et de leaders jeunesse ont décidé de s’unir pour réfléchir ensemble, dans l’idée de structurer et d’unifier la jeunesse haïtienne, non pas dans le cadre d’un projet politique partisan, mais dans une dynamique de revendication collective.
« Notre objectif est de permettre à la jeunesse haïtienne de participer pleinement aux dialogues et au processus de décision concernant l’avenir du pays, surtout en perspective de la période post-7 février 2026, qui marquera la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. C’est dans cette logique que nous nous réunissons en tant que Confédération des Associations et Organisations de Jeunes d’Haïti, comme une voix collective et structurée, pour dire aux autres acteurs nationaux et internationaux que la jeunesse refuse désormais que des décisions continuent d’être prises en son nom sans sa participation », a déclaré M. Auguste.
En outre, il a fait savoir qu’à travers cette confédération, ils lancent un appel fort pour que la jeunesse soit représentée valablement. Après les débats tenus aujourd’hui, ils vont ensemble désigner une ou deux personnes pour les représenter afin de participer aux négociations politiques et aux discussions relatives à l’avenir du pays.
Par ailleurs, il affirme que ce travail d’unification se poursuit dans le Sud, dans le Nord et dans toutes les régions du pays. « Aujourd’hui, la jeunesse s’organise pour être un acteur à part entière, une force de proposition, de dialogue et d’espoir pour Haïti », a-t-il ajouté.
Parallèlement, le leader des jeunes a confirmé qu’il a pris connaissance de plusieurs accords, propositions et prises de position de différents acteurs politiques, de la société civile et d’autres organisations. Dans ce cadre, ils ont pris le temps d’analyser ces documents et d’en évaluer les avantages et les inconvénients.
Pour lui, ce qui est essentiel, c’est que toute solution durable à la crise actuelle doit passer par une médiation locale et haïtienne. Il estime qu’il est impératif que les Haïtiennes et les Haïtiens dialoguent entre eux, sans imposition extérieure, afin de définir ensemble l’avenir du pays.
Pour M. Auguste, la question du 7 février ne peut être résolue sans un véritable dialogue national impliquant tous les secteurs politiques, économiques et sociaux, la jeunesse, les femmes, les syndicats et tous les autres acteurs clés de la nation.
Il souligne ensuite la nécessité de ramener le pays vers le retour à l’ordre constitutionnel à travers un processus inclusif, qui permettra à l’État haïtien de retrouver sa capacité à servir et à protéger la population.
Il conclut en affirmant que cette structure est ouverte à tout dialogue franc et constructif. Il ajoute que ce dialogue doit être sous médiation haïtienne et viser un consensus national solide afin d’aboutir à une transition légitime, respectueuse de la Constitution, en rupture avec la corruption, l’impunité et l’exclusion.
Yasmine Sanon
