À l’occasion du 16e anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) exprime ses préoccupations face aux conditions de vie précaires des personnes déplacées, forcées de fuir la violence des gangs armés, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre.
Selon les résultats du travail mené par l’Office de la Protection civile (OPC) des départements de l’Ouest et du Centre, en collaboration avec le RNDDH, 217 camps de fortune ont été recensés à travers le pays, résultant directement de la crise sécuritaire. Certains d’entre eux ont vu le jour après le passage de l’ouragan Melissa à Petit-Goâve. Ces sites sont répartis dans 25 communes des départements susmentionnés. La commune de Port-au-Prince en compte à elle seule 58, suivie par Hinche, avec 24 camps.
L’organisation défenseure des droits de l’homme précise avoir réalisé cette enquête auprès d’un échantillon de responsables de 40 sites, lesquels hébergent un total de 69 681 personnes, dont 27 247 femmes et 19 455 enfants. Parmi elles, figurent 252 personnes vivant avec un handicap moteur, 65 souffrant de troubles cognitifs et 46 présentant une déficience sensorielle, dans environ 36 camps.
Le rapport du RNDDH souligne que 57,5 % des sites ne sont pas équipés de latrines adéquates, tandis que 22,5 % ne disposent pas d’espace pour les besoins physiologiques. Par exemple, dans le département de l’Ouest, à Festi Délices et au site de l’ancien local de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) à Pacot, les déplacés sont contraints d’utiliser des sachets pour leurs besoins et de les jeter sur des tas d’immondices.
Dans l’Artibonite, les déplacés de la Cité des Fleurs et ceux du camp situé à l’arrière de l’École nationale de l’Estère font de même, utilisant des sachets ou des seaux, et les jettent dans les rivières. Le même constat est fait dans le département du Centre, où les déplacés du site de la rue Charlemagne Péralte sont obligés de se rendre dans les maisons voisines pour faire leurs besoins, mais uniquement lorsqu’ils obtiennent la permission.
La plupart des espaces transformés en abris provisoires sont des établissements scolaires. Les camps sont exigus ; les déplacés vivent dans une grande promiscuité qui engendre l’insalubrité, propice à la prolifération des insectes et des rongeurs.
Le RNDDH exige la restauration de la paix dans le pays et appelle la justice à sévir contre les fauteurs de troubles ainsi que les criminels. L’organisation recommande de fournir une assistance financière aux familles décapitalisées, une assistance psychologique aux déplacés et la mise en place d’un plan de protection pour les femmes, les filles et les personnes vivant avec une déficience.
Shelsa Philius
