À quelques semaines de l’échéance prévue par l’Accord du 3 avril 2024, le Conseil présidentiel de transition réaffirme sa volonté de quitter le pouvoir le 7 février 2026.
En déplacement à Jacmel, le samedi 10 janvier 2026, le conseiller-président Leslie Voltaire a déclaré devant la presse que le CPT respecterait strictement le calendrier établi par l’accord fondateur de la transition. « Nous quitterons le pouvoir le 7 février. Nous avons déjà signé. Nous ne serons pas légitimes le 8 février 2026 », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent alors que des spéculations persistent dans l’opinion publique sur une possible prolongation ou reconfiguration de la transition. Leslie Voltaire a fait savoir qu'aucune renégociation de l’accord ni modification du calendrier n’est envisagée.
Un climat toujours préoccupant
À moins d’un mois de la fin annoncée du mandat du CPT, les conditions générales du pays demeurent extrêmement fragiles. L’insécurité reste omniprésente, la crise économique s’aggrave et les désaccords politiques internes freinent la mise en œuvre de réformes structurelles. Malgré cette situation, Leslie Voltaire se dit confiant quant à l’organisation d’élections, évoquant une mobilisation accrue des forces de l’ordre dans la lutte contre les gangs armés et certains signaux qu’il juge « encourageants » sur le terrain.
Jacmel au cœur d’un projet de développement
Profitant de son séjour dans la capitale du Sud-Est, le conseiller-président a également présenté un projet d’aménagement et de développement de Jacmel et de ses environs à l’horizon 2030. Architecte de formation, Leslie Voltaire estime que la ville dispose de forts atouts pour devenir un pôle touristique majeur, capable de stimuler l’économie régionale.
De même, il poursuit une tournée dans le Grand Sud, visant à promouvoir un plan de développement régional qu’il qualifie d’essentiel pour la relance économique et sociale du pays. Cette initiative a été confirmée par le bureau de communication de la présidence à travers une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Rappelons qu'à l’approche du 7 février 2026, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à la responsabilité politique. Des acteurs de la société civile estiment qu’aucun vide institutionnel ne doit être toléré et exhortent les parties prenantes à conclure un accord garantissant la continuité de l’État.
Dans cette dynamique, un collectif dénommé Citoyens Conscients et Engagés pour Sauver Haïti (CICASH) a soumis une proposition de sortie de crise nationale aux autorités haïtiennes. Le document, adressé au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, vise à contribuer à la recherche d’une solution politique, institutionnelle et sécuritaire avant l’échéance du 7 février 2026.
Toutefois, l’avenir immédiat de la transition demeure suspendu à la capacité des acteurs politiques et sociaux à s’entendre sur une voie de sortie consensuelle, dans l’intérêt supérieur du pays.
Vladimir Predvil
