Plusieurs leaders religieux ont organisé une marche pacifique le samedi 3 janvier 2026 dans plusieurs rues de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Tabarre, Delmas et Pétion-Ville. Cette mobilisation visait à réclamer la paix, la stabilité et la sécurité dans le pays.
Depuis plusieurs années, la situation nationale ne cesse de se détériorer en raison de la montée continue de la crise sécuritaire. La population vit sous la menace permanente des groupes armés, qui ont étendu leur contrôle sur de vastes territoires, notamment dans la capitale et d’autres départements du pays. Face à cette réalité alarmante, différents secteurs de la société se sentent interpellés, dont les leaders religieux.
Dans ce contexte, quatre figures religieuses bien connues ont pris la parole lors de la marche : le pasteur André Muscadin, le prophète Markinson Dorilas, le pasteur Marcorel Zidore et le pasteur Gérard Forges. Ensemble, ils ont appelé à l’unité nationale et à la fin de la violence.
Des milliers de citoyens, vêtus de t-shirts blancs, brandissant le drapeau national et des pancartes appelant à la paix, ont participé à cet événement qualifié d’historique par les organisateurs. Le rassemblement a débuté à Tabarre 27, devant les locaux de l’église Roc Solide à Carradeux, avant de passer par Delmas 19 et Delmas 33. Les manifestants ont ensuite emprunté la route de Delmas pour se rendre à Pétion-Ville. Tout au long du parcours, les participants ont exprimé leur ras-le-bol face à la gravité de la situation sécuritaire et aux violences qui paralysent le pays.
Dans son intervention, le responsable de l’Église Shalom, le pasteur André Muscadin, a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages religieux. « Avant d’être protestants ou vaudouisants, nous sommes tous Haïtiens. Nous ne laisserons pas la religion nous diviser », a-t-il déclaré. Il a souligné que les acteurs religieux s’accordent sur l’urgence de redresser le pays et de rétablir la paix sur l’ensemble du territoire national.
« Ce n’est pas le moment de rester divisés à cause de la religion. Ce qui compte, c’est de bâtir ensemble une nouvelle Haïti pour l’avenir », a-t-il ajouté. Le pasteur a également précisé que cette mobilisation n’a aucun lien avec la politique. Selon lui, le mouvement vise uniquement à exiger le rétablissement d’une paix durable en Haïti.
Par ailleurs, plusieurs structures de la société civile ainsi que des membres d’organisations politiques ont également pris part à la marche. Tous se sont réunis autour d’un même objectif : exiger le retour à l’ordre afin que chaque Haïtien puisse vivre librement et en sécurité dans son propre pays.
Yasmine Sanon
