À l’occasion de la commémoration du 222e anniversaire de l’Indépendance d’Haïti, célébrée le 1er janvier 2026, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a surtout mis l’accent sur la tenue des élections, présentées comme la clé de sortie de la crise politique actuelle.
Dans son allocution, le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, a clairement affirmé que 2026 est une année électorale, estimant que « les élections sont le meilleur moyen de rétablir la légitimité, la stabilité et la confiance ». Il a rappelé que le décret électoral est déjà adopté, que le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié un calendrier et que les fonds nécessaires seraient mobilisés par l’État.
À l’approche du 7 février 2026, date symbolique de la fin des transitions politiques en Haïti, M. Saint-Cyr a insisté sur l’urgence de sortir de l’état d’exception, déclarant : « Nou paka chita sou tranzisyon, sou tranzisyon ankò ». Pour le coordonnateur du CPT, prolonger la transition risquerait de compromettre les efforts déjà engagés, notamment dans le processus électoral.
Cependant, les garanties concrètes entourant l’organisation des élections restent floues. Aucune précision n’a été apportée sur les mesures de sécurité devant encadrer le scrutin, dans un contexte marqué par la présence de groupes armés et une insécurité persistante, particulièrement dans la capitale. Le discours n’a pas non plus détaillé les mécanismes d’accompagnement des partis politiques ni les dispositifs envisagés pour prévenir ou sanctionner d’éventuelles perturbations électorales.
Tout en lançant un appel à la participation citoyenne et à l’unité nationale, le CPT a invité les acteurs politiques et sociaux à privilégier l’intérêt supérieur de la nation afin d’éviter un nouvel enlisement institutionnel.
En définitive, le discours du 1er janvier confirme la volonté affichée du CPT d’organiser des élections en 2026, mais l’absence de calendrier opérationnel, de garanties sécuritaires claires et de mécanismes transparents de mise en œuvre continue de nourrir le scepticisme. Dans un pays marqué par des transitions prolongées et des promesses non tenues, la crédibilité du processus électoral dépendra moins des déclarations que de la capacité des autorités à poser rapidement des actes concrets et vérifiables.
Modeline Youte
