La fin de l’année 2025 n’aura pas eu le goût de fête pour une grande partie de la population haïtienne. Alors que le Nouvel An rime habituellement avec rassemblements, déplacements et activités économiques intenses, cette période s’est déroulée dans un climat lourd, marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et une crise humanitaire persistante.
Sur le terrain sécuritaire, les derniers jours de l’année ont été particulièrement éprouvants. Plusieurs axes routiers stratégiques ont été paralysés par des barrages et des attaques armées, notamment dans l’Artibonite. Des tronçons de la Route nationale numéro 1 ont été bloqués dès la période de Noël, compliquant les déplacements entre Port-au-Prince et le Nord du pays, en particulier vers le Cap-Haïtien. Pour de nombreux voyageurs, prendre la route relevait du risque, voire de l’impossible.
Dans ce contexte tendu, la Police nationale d’Haïti a multiplié les annonces et les opérations. La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) est activement à la recherche de Marcus Louis, présenté comme le principal suspect dans l’assassinat de l’inspecteur Hold Jean Esterlin, responsable du commissariat de Fort-Jacques. L’officier a été tué par balles le 30 décembre 2025 à Kenscoff, un drame qui a profondément choqué l’opinion publique.
Parallèlement, un avis de recherche a été lancé contre le policier Nelson Prud’homme, issu de la 25e promotion de la PNH. Il est accusé d’être l’auteur d’un double homicide survenu le 1er janvier 2026 dans la zone de Delmas 40A. Selon une note officielle, le dossier a été confié à la DCPJ et à la Direction du renseignement général (DRG).
Sur le terrain, des opérations ont également été menées. Le 2 janvier, la PNH, appuyée par la Task Force, est intervenue à Bercy, dans la commune de l’Arcahaïe. Objectif , démanteler un poste de péage illégal installé par des hommes armés pour extorquer les usagers. Bilan , plusieurs bandits mortellement touchés, trois armes de gros calibre saisies, dont deux fusils M4 et un Kalachnikov, ainsi que des chargeurs. Pour la police, il s’agit d’un pas de plus dans la reprise du contrôle de zones dominées par des groupes criminels.
Mais au-delà des opérations policières, les conséquences de l’insécurité se font lourdement sentir dans la vie quotidienne. Les transports interurbains ont été ralentis, parfois suspendus. Ce qui entraîne des pénuries temporaires sur les marchés, une flambée des prix et des produits de base de plus en plus inaccessibles pour des familles déjà à bout. Les petits commerçants, transporteurs et vendeurs informels, qui comptent sur la période des fêtes pour respirer économiquement, ont vu leurs activités s’effondrer.
La situation humanitaire, elle aussi, s’est aggravée. Les déplacements internes se sont multipliés, notamment dans l’Artibonite et l’aire métropolitaine. Pour de nombreuses familles déplacées, l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins reste extrêmement limité, alors que les moyens de réponse humanitaire demeurent insuffisants.
