En 2025, la crise multidimensionnelle qui secoue Haïti depuis des années s’est empirée. Les groupes criminels opérant au sein de la coalition « Viv Ansanm » ont intensifié leurs attaques coordonnées et à grande échelle, qui ont paralysé le pays depuis janvier 2025 jusqu’à aujourd’hui. Ces attaques ont eu de graves répercussions sur les services publics, notamment l’approvisionnement en électricité et en eau, l’assainissement, les soins de santé, l’éducation et les transports, limitant considérablement l’accès aux biens essentiels. La moitié de la population haïtienne a lutté quotidiennement pour manger à sa faim, le pays ayant l’un des taux les plus élevés d’insécurité alimentaire aiguë de la Caraïbe, voire du monde.
L’année 2025 en matière de santé en Haïti est marquée par cette crise humanitaire profonde due à l’insécurité généralisée, entraînant la fermeture d’hôpitaux, un accès limité aux soins, une recrudescence des maladies infectieuses (choléra, dengue) et des besoins en santé mentale explosifs, avec une aide humanitaire entravée par le manque de financement et l’insécurité. Le système de santé est au bord de l’effondrement, touchant près de 6 millions de personnes nécessitant une assistance.
Les meurtres et enlèvements commis par les groupes criminels ont augmenté, avec une réponse faible de l’État et un système judiciaire inefficace. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, cette année a été marquée par des violences sexuelles, avec pour les survivantes un accès très restreint aux soins de santé. La faim et l’extrême pauvreté croissante ont forcé des enfants à rejoindre des groupes criminels, où ils sont exposés à des abus, notamment à l’exploitation sexuelle.
Le niveau élevé de vulnérabilité en matière de santé de base en Haïti est un fait réel qui demande une intervention particulière compte tenu du rythme d’évolution de la détérioration. La situation est plus délicate dans les sections communales où il y a de fortes agglomérations et une absence d’infrastructures sanitaires de base.
À Port-au-Prince et dans ses périphéries, la situation en matière de santé de base est un fait constaté, selon le Dr Gabriel Thimothé, dans ses allocutions lors de la commémoration de la Journée mondiale du sida, le 1er décembre dernier. Tenant compte du niveau de vulnérabilité de la ville de Port-au-Prince sur le plan de l’aménagement du territoire, de la gestion urbaine et autres, la santé communautaire devrait être un outil pour accompagner la population dans le processus d’amélioration de ses conditions sanitaires, ont fait savoir certains professionnels de santé.
Car, dans les espaces périphériques de Port-au-Prince, la situation sanitaire est de plus en plus complexe, avec un poids démographique incontrôlé et aussi des déficits en matière de logement dans les quartiers vulnérables et précaires. En 2026, la santé communautaire devrait être une urgence pour les autorités sanitaires afin d’accompagner les plus vulnérables.
Considérant la santé communautaire comme une stratégie d’action et de prévention dans un espace social visant l’amélioration et le bien-être de chacun, compte tenu du niveau de vulnérabilité sanitaire de la population, selon la FENATRAS.
En effet, il faut souligner que la problématique de la santé en Haïti reste un problème social qui exige d’être abordé suivant une approche technique et scientifique, non seulement en vue de la comprendre et de l’analyser, mais aussi de réaliser un bilan à des fins de propositions, a déclaré un responsable de la clinique Men Kontre, située à Delmas 33. Partant des problèmes de santé de base aux problèmes sanitaires spécialisés, la situation demeure très critique à l’orée de 2026, avec un taux élevé de mortalité infantile tant dans la capitale que dans les villes de province, selon le rapport de l’EMMUS.
Ces situations montrent l’importance d’une politique urgente de santé publique pour les années à venir, avec une détermination du MSPP à améliorer la résilience de ses structures de santé essentielles, à savoir les hôpitaux et les services d’urgence, afin qu’ils restent en capacité de fonctionner en situation de crise.
Les efforts de prévention doivent se concentrer sur la surveillance épidémiologique et de laboratoire, permettant de détecter, d’évaluer et de répondre rapidement aux menaces potentielles pour la santé publique.
Gerard H. Resil
