Des concertations sur les systèmes alimentaires en Haïti ont été lancées officiellement par le gouvernement intérimaire haïtien, à travers la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) avec le support du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), le mardi 4 mai 2021 a Port-au-Prince. Ces activités réuniront, autour d’une même table, les acteurs impliqués dans la production, la transformation, la commercialisation, le transport et la consommation des produits alimentaires.
Le coordinateur du CNSA, Harmel Cazeau invite donc tous les citoyens à s’investir dans le processus de concertation. Ce, en vue « d’une transformation significative et conséquente des systèmes alimentaires nationaux ». Il a, de ce fait, énumérer les problématiques de différents ordres qui découlent des systèmes alimentaires dominants ; ils sont d’ordre environnemental (érosion, pollution, déforestation…), spatial (augmentation de surface cultivée, accaparement foncier…), économique (pauvreté, revenus précaire réduction de l’ordre d’emploi…), social (la faim, la malnutrition, l’atteinte aux droits de l’homme et des travailleurs…) et sanitaire (les consommateurs soumis aux pollutions, maladies d’origine alimentaires…). Environ 40 % de la population se trouvent en situation d’urgence alimentaire selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
De son côté, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Carly Jean, fait savoir que le secteur agricole n’a pas cessé de se détériorer au cours des trois dernières décennies. Pour lui, les causes de cette détérioration sont, entre autres, imputables au dérèglement climatique, aux variations du taux de change, de la monnaie nationale, l’inflation et les troubles sociaux-politiques. En conséquence, a-t-il expliqué, il résulte un déficit alimentaire ou 50 % des aliments consommés en Haïti sont importés. Un fait qui entraîne un déficit de la balance commerciale, un excédent de la balance des services qui conduit à un déficit de la balance des paiements et la perte nette des réserves de change. Ce qui se traduit par la quasi-absence de production en Haïti et des échanges commerciaux. Le déficit alimentaire se caractérise par l’importation, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar et par le fait que bon nombre de consommateurs sont dans l’incapacité de répondre à leur besoin primaire en alimentation.
Le secrétaire général de la Primature, Jude Charles Faustin croit que ces activités de concertations sont réalisées à un moment idéal où le gouvernement a travaillé sur un document politique et stratégique national de souveraineté, de sécurité alimentaire et de nutrition en Haïti. Un document qui, selon lui, servira de cadre de référence pour répondre à 35 mesures et 37 programmes nationaux dont leur mise en œuvre sur le territoire sera coordonnée par 11 ministères et 12 organismes qui serait un premier pas vers l’atteinte des objectifs du Plan stratégique du développement d’Haïti et les objectifs du développement durable de la souveraineté, de sécurité alimentaire et de la nutrition. Le travail réalisé au niveau des concertations sera donc un complément à ce qui a déjà été réalisé dans le document. Il applaudit le caractère inclusif des activités de concertations qui tient compte de l’avis de tous dans la recherche de solution aux problèmes liés aux systèmes alimentaires.
Ces activités de concertations se dérouleront donc dans de nombreux pays dans le monde et les résultats seront présentés et discutés au cours du sommet 2021 sur les systèmes alimentaires qui aura lieu en septembre 2021.
Geneviève Rose Murdith JOSEPH
