La réussite de quelques importantes activités culturelles a montré que le pays n’a pas encore perdu sa frange saine en dépit de toutes les manœuvres de la masse des ignorants pour que nous cessions d’exister en tant que peuples. la Foire "Livres en Folie" a drainé des milliers de jeunes venus soit acheter des livres, soit rencontrer des auteurs qu’ils n’imaginaient pas vivants, car les cours de littérature, quand il y en a, ne mettent en avant que des écrivains longtemps disparus. La littérature contemporaine, qui aurait dû être importante pour la compréhension de notre monde d’aujourd’hui, de notre pays tel qu’il était, tel qu’il est devenu, figure très peu dans les programmes et si nos jeunes ont connaissance de nos auteurs vivants, c’est souvent grâce au travail de nombreux professeurs qui comprennent qu’ils ne peuvent s’en tenir uniquement aux directives d’un ministère souvent à la solde de quelques experts étrangers ayant leur propre agenda. Que nos jeunes ne connaissent plus rien de l’histoire du pays. Que sa littérature disparaisse. Ce sont les plus surs moyens de transformer une nation en une masse d’êtres humains taillables et corvéables à merci.
L’intérêt pour la culture est là. Les talents, on les découvre partout, surtout en milieu scolaire. Le problème, c’est qu’aucun programme gouvernemental n’est mis en place pour accompagner notre jeune matière grise. La science et la vraie culture, par cette fausse qui consiste à battre tambour et à danser dans les rues, sont essentielles pour former des citoyens capables de résister aux dominations réductrices, racistes et souvent meurtrières. Le secteur privé déjà mis a mal par une non-gouvernance s’investit très peu dans l’aide à la diffusion du savoir, à l’acquisition des connaissances et à la créativité dans tous les domaines. Comme on aime à le faire remarquer, il n’y a jamais de budget pour l’essentiel, mais des millions peuvent être dépensés en futilité comme en voyages et frais pour des dignitaires de l’État qui n’offrent rien à la nation en retour, car l’incompétence ne peut que se nourrir de privilèges.
Le pays vit et vibre malgré tout. À l’extérieur comme à l’intérieur. Les activités culturelles proposées au pays, que ce soit dans notre capitale détruite, que ce soit dans nos villes de province, ou à l’extérieur dans la diaspora, prouvent qu’on ne pourra jamais effacer ce que notre peuple a en lui de possibilités et de talents. Dans les prochains jours, notre pays va vibrer au rythme des résultats de notre sélection nationale. On espère un exploit. Une sélection nationale qui ne doit pas nous faire oublier que nous devions nous battre pour que la vie sportive reprenne sur le sol national.
Le national doit rester toujours prioritaire.
Gary VICTOR
