Il est courant d’entendre chez nous que des employés de l’État, contractuels ou pas, passent plusieurs mois sans recevoir leur salaire. Six mois… Sept mois. Huit mois. Pendant ce temps, ces employés se présentent chaque jour à leur poste. Comment arrivent-ils à vivre tout ce temps sans salaire ? C’est vrai qu’ils vivaient avant sans. Mais maintenant, ils doivent souvent payer un transport en commun, se nourrir. Le fait qu’ils travaillent attire les convoitises. Bref, ces employés sont dans un cercle vicieux qui n’a jamais interpellé ceux qui devraient avoir un minimum de sensibilité pour notre peuple souffrant. Car ceux qui sont dans cette situation viennent des classes populaires. Les fonctionnaires les mieux payés, eux en général, ne foutent pas grand-chose en dépit de leurs privilèges : frais, fiches de carburant, véhicules de service. Comme quoi plus on est inutile, plus on est un parasite, plus on mérite de la patrie.
Les absurdités dans notre système sont légion. On vit avec. Les anormalités deviennent la norme et malheur à celui qui viendrait proposer autre chose. C’est le fondement du slogan : Kite peyi m mache qui peut se définir autrement : Kite m manje pa anmède m.
Peut-être qu’on ne s'en rend pas compte, mais notre pays devient le modèle que les maîtres de l’Occident chrétien voudraient bien implémenter partout. Un pouvoir politique réduit à néant avec aux commandes des rampants. Un pays fragmenté par une insécurité programmée, installée, qui permet un contrôle total de l’étranger sur les ressources. Tous les foyers possibles de contestation, souvent détenteurs d’immenses richesses, doivent être mis sous contrôle. C’est une question existentielle pour les nations occidentales qui doivent une grande partie de leur richesse au pillage du Sud. On comprend pourquoi on rêve tant de balkaniser la Russie, dont le sous-sol en Sibérie et dans le Grand-Nord recèle de colossales richesses qui permettraient au système de continuer à fonctionner encore pour des décennies.
Un Nouveau monde veut émerger. Les luttes seront sans pitié. Seules survivront les nations avec de réelles élites, un peuple dont le niveau de culture lui permet de penser de multiples formes de résistance. Les peuples qui ne pensent qu’à danser, à chanter, à battre du tambour, à défiler dans les rues comme des moutons, sont condamnés à disparaître. Le leader du Burkina Faso, Ibrahim Traore l’a fait comprendre plusieurs fois.
Dans ce cas de figure, notre pays est dans la zone rouge. Le calibre de nos dirigeants frise la nullité et pire, ils ne sont que l’émanation d’une société en pleine déliquescence. Le sursaut est encore possible. Mais nos ennemis intérieurs et extérieurs mettront tout en place pour que cela ne se produise pas.
Gary VICTOR
