Ces derniers temps, on parle beaucoup de la signature d’une sorte de « pacte républicain », fruit d’un accord entre partis politiques et le Premier ministre. Le texte a largement circulé sur Internet. Il comporte des points importants, comme la sécurité, la relance économique et l’organisation d’élections libres dans un environnement technologique adapté à notre époque, permettant une publication immédiate des résultats.
L’opinion publique aurait souhaité que cette démarche associe l’ensemble de la classe politique, ainsi que les secteurs clés de la vie nationale, autour d’une véritable feuille de route pour la transition. Or, au moment où nous écrivons cet éditorial, ce qui inquiète, c’est qu’un silence assourdissant entoure cet arrangement politique.
Pour l’instant, on ne sait pas qui l’assume réellement. Il y a, bien sûr, quelques signatures vérifiées, d’autres seulement annoncées. Aucune cérémonie solennelle n’est venue conférer à cette entente une dimension historique. La seule réaction émane de six partis, pas parmi les plus grands, qui ont publié un communiqué pour dire non à ce qu’ils qualifient de « pacte du chaos », tout en se disant « debout contre la trahison ».
Des doutes subsistent quant à l’ampleur de l’accord et à sa solidité. S’agit-il d’un document marquant, d’une pierre blanche, ouvrant la voie à une entente cordiale pour une transition apaisée ? Ou n’est-ce qu’un de ces faux-semblants dont nous sommes si friands ?
Le pays a besoin de réponses. En politique, le silence nourrit les soupçons, fragilise la confiance et prépare les désillusions. Une telle initiative, censée ouvrir la voie à une transition apaisée, ne peut pas naître dans l’opacité. Si elle veut être un acte fondateur, elle doit être rendue publique, expliquée, portée et assumée devant la nation. À défaut, elle risque de n’être qu’un texte de plus, et le pays, une fois encore, en paiera le prix.
Roody Edmé
