À l’approche du 7 février, les esprits fous s’échauffent. Ces esprits malades carburent à la politique du vide, à la politique du ôte-toi que je m’y mette, à la politique de la chaise musicale, à la politique de la quête du pouvoir pour le pouvoir, comme le conçoit une tradition haïtienne. Un pouvoir qui se fout du territoire, qui se fout du quotidien de la population. Un pouvoir qui à la première occasion vient discourir sur les exploits des aïeux pendant qu’il se fait le domestique et le valet de l’étranger. Un pouvoir qui peut dépenser des dizaines de millions de dollars pour du vent, mais oser prétendre qu’il n’y a pas de ressources pour la moindre activité essentielle, le moindre projet visant la santé et le bien-être général des jeunes en particulier et de la population en générale.
Se retrouvent face à face dans le cirque de la politique haïtienne, le Conseil Présidentiel de transition et ladite Primature. Le premier n’a de légitimé que celle que lui confèrent la communauté internationale et quelques éléments d’une classe politique nulle et discréditée. La deuxième a été portée par le premier sur les fonts baptismaux du pouvoir haïtien. Comme toujours, ont commencé les croques en jambe pour savoir qui détient véritablement le pouvoir, le pouvoir pour le pouvoir, le pouvoir pour ripailler. On entend des discours de part et d’autre pour prendre position. Mais, finalement, pour qui ? Partout c’est le vide, le néant. La presse, sans aucune honte, donne le micro à des délinquants en cravate qui devraient être derrière les barreaux. Ces groupes, qui ont désigné des membres au CPT et qui ont donc accepté cette proposition boiteuse qui ne marcherait jamais dans la logique haïtienne, vont-ils monter au créneau pour désigner d’autres « personnalités » pour une énième transition qui sera encore un échec, car, quand l’input est mauvais et pourri, l’output ne peut suivre que le mouvement ?
Dans cette lutte d’inconscients, de nuls, d’apatrides, le pays continue à s’enfoncer dans son marasme. On est prêt à se servir des délinquants pour arriver à ses fins ! On est prêt à tous les compromis, à toutes les félonies pour garder le pouvoir ou pour s’en emparer. ! Pendant ce temps, la république voisine, elle, se réjouit de sa stabilité et de sa prospérité. Les mêmes délinquants en cravate viennent se faire soigner chez elle, viennent passer du bon temps avec leurs femmes et profitent surtout pour faire du business san kè sote.
Notre société paie le prix de ses génuflexions devant l’ignorance et la corruption.
Gary Victo
