Depuis le début des années 2000 et même avant, des écrivains haïtiens avaient tiré la sonnette d’alarme. Notre pays, avec cette gouvernance prétexte, c’est-à-dire une gouvernance du faire semblant, pendant que la vraie réalité est une délinquance généralisée favorisant l’ignorance et l’incompétence, allait se transformer une sorte de zoo sociologique, un pays mis en quarantaine dans l’espace caribéen. Actuellement, il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que nous sommes dans un état de quarantaine qu’on ne reconnait pas officiellement. On ne permet plus aux Haïtiens de quitter le pays. Les États-Unis d’Amérique, responsable de notre chaos par son soutien toujours apporté à tout ce qui est glauque et malsain, prennent les devants comme pour se protéger d’une peste qu’ils ont contribué à créer.
Aucun dit responsable politique ne reconnait le désastre de notre société. On prétend aller aux élections sans toucher au fond du problème. D’ailleurs on a gardé le silence durant tout ce temps. Ce qui se passe, c’est l’inexistence de gouvernance sur notre territoire, mêlée à un effroyable mépris social engendré une misère telle qu’on peut constater partout ce qu’on pourrait appeler des aberrations sociologiques. Les gangs en sont la manifestation la plus visible. Leur violence gratuite qui va même plus loin que l’expression d’une grande frustration. Quand de jeunes délinquants se réfugient dans un cimetière, au fond de caves où pourrissent des cadavres, manifestant un total irrespect pour les morts, quand on incendie, on viole, on pille, on tue sans état d’âme, on n’est plus au stade d’êtres humains. Nous sommes une aberration que nos experts en sociologie, nos psychiatres auraient dû étudier.
Mais nos hommes politiques aussi, de nombreux journalistes, des militants des droits humains, des hommes d’affaires sont aussi dans leur grande majorité des aberrations sociologiques et auraient dû suivre un traitement psychiatrique. Ils ont fabriqué leurs déchets et ils veulent que tout un peuple continue à patauger dans la boue.
Ces malades mentaux qui se disent politiciens n’ont jamais lancé un cri d’alarme sur notre situation peu enviable dans la caraïbe ? Pourquoi ignorent-ils le fossé qui se creuse entre notre pays et la République dominicaine ? On va au pays voisin pour une opération de la prostate, mais, au pouvoir, on ne fera rien pour construire et faire fonctionner un centre médical moderne pour de telles interventions, ce qui est totalement dans les possibilités de l’État haïtien. On investit bien des millions pour l’acquisition d’un immeuble pour un ministère, dans l’état actuel des choses, sans aucune utilité pour la nation.
On ne se rend pas compte. Mais Haïti a un grave problème de santé mentale. Au pays des aberrations sociologiques !
Gary Victor
