L’identité nationale prévaut au-delà de tout fanatisme et de toutes passions. Qui aurait imaginé que les haïtiens et haïtiennes, fervents fanatiques des ténors comme le Brésil et l’Argentine, doivent se départager pour supporter nos Grenadiers.”Lè w pa jwenn manman ou tete grann”. Le peuple haïtien était à l’épreuve pour faire montre de son patriotisme et son attachement à la cause nationale.Le peuple a gagné l’unité lors du match en coupe du monde Brésil/Haïti en date du 19 juin 2026 à Philadelphia.
La culture est le reflet d’une société. En effet, il y a des réflexes, gestes, habitudes, us, coutumes actes et actions qui filtrent les valeurs culturelles. Le football au même titre que la musique et la danse habite l’âme du peuple. Ces trois éléments culturels s’enchevêtent pour constituer un ciment collectif. Dans le cas du football, il est plus qu'un sport en Haïti. Il est partie prenante d’une tradition ancrée dans la culture haïtienne. Ce n'est pas du fanatisme mais de l'engagement envers l'équipe nationale alors qualifiée un jour d’anniversaire de la bataille de Vertières, le 18 novembre 2025.Ce qui rappelle les prouesses du peuple haïtien qui , dans son passé a cultivé le sens de la hardiesse. Et cela partage la frontière culturelle avec la tradition des taïnos et des caraïbes.
Alors que la sélection haïtienne de football n’est pas présente dans la coupe du monde depuis 1974 mais l'enthousiasme et le fanatisme ont hanté le peuple haïtien. Ils ont chanté pour le football. C’était le cas de Shabba King et Black Alex dans “Haïti mondial “(2006) entonnaient les refrains qui suivent “ A donde vas, a done vas A la copa del mundo.
Mondyal la rive mpoko high mpoko fon yon bagay poum ka high.Haitien yo kote nou ye.Fanatic Bresil Argentine yo ap tann pou yo vin fete nou ka gen kriye.
S’il fallait nous remonter plus loin, Raoul Guillaume a vénéré le football haïtien en 1964 en dépit de l’absence de nos Grenadiers dans les compétitions d’alors. Dans le contexte actuel, le groupe "Rock Fame" dans son titre "Grenadye " de 2026 a-t-il fait état de notre capacité de résilience et notre sens patriotique. Dans les refrains, il ressort que " Nous sommes un peuple vaillant et intrépide. Nous sommes de l’orient là ou il n’y a pas de soleil couchant. Notre esprit de hardiesse nous a toujours guidé. Nous résistons face aux souffrances. Et, notre saga de peuple qui a créé l’humanité nous conforte davantage. A l’Assaut. Nous avons marqué l’histoire du monde.
"Anbyans Tètdwàt" de 2026.Dans un message clair, pour ce groupe l’équipe haïtienne pourra défier toutes les équipes de son groupe (Ecosse, Brésil et Maroc) voire d’autres comme l’Argentine, Etats Unis et la France. Il agite la question des réparations. La version originale du texte créole du carnaval "Anbyans Tètdwàt exprime ce qui suit :” Pito yo ba w Lafrans pou manje pou kò w pou reparasyon m nan.Grenadye alaso".Ce qui est le leitmotiv de toute la population de toutes les couches sociales.
L'inclusion, la cohésion et le patriotisme sont au rendez-vous. Les Haïtiens et fils des haïtiens de la diaspora se sont serrés les rangs pour venir défendre la cause nationale. La cause identitaire est avant tout non négociable. Les haïtiens et haïtiennes se sont bravés contre toute menace pour faire la navette des stades de Boston, de Philadephia et bientôt Atlanta pour supporter les Grenadiers qui ne sont pas seuls car la nation toute entière est debout.
Un acte fort qui eut témoigné de l’attachement au sport comme culture fut la mobilisation du peuple haïtien à la rescousse du joueur Emmanuel Sanon pour être alors libéré d’un club belge avec lequel il était engagé .En la circonstance, Radio Métropole avait organisé une levée de fonds pour compenser ce club. Et cela avait couté la qualification des Grenadiers face à la sélection nationale de Cuba pour la Concacaf de 1977 au Mexique. Cet exploit n’aurait pas eu lieu dans une circonstance autre que celui du sport du football. Nous faisons autant pour la mobilisation dans le cadre du carnaval ou des festivités de rara.
Nous avons profité de l'occasion de la Coupe du monde 2026 pour projeter et faire prévaloir nos forces culturelles dans le football et la musique après avoir été distingués par notre gastronomie , notre peinture et l'artisanat pour ne citer que ces atouts culturels. Le drapeau haïtien s’est hissé même en absence d’Haïti dans des coupes du monde à travers les talents de nos ambassadeurs de la musique.
Nous avons gagné la mémoire collective marquée par le symbolisme de Vertières alors invisibilisé durant plus de deux siècles. Ce qui constitue notre grande victoire à la coupe du monde 2026.
