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« En ce qui concerne la résurrection, l’apôtre Paul dit dans 1Corinthiens 15:6 que les sceptiques devraient aller parler aux plus de 500 témoins qui ont vu Jésus après sa résurrection ; comme la plupart d’entre eux étaient probablement encore en vie à l’époque, on aurait pu les localiser pour qu’ils attestent de ce qu’ils avaient vu. »
Cette affirmation semble plausible, sauf qu’aucun nom ni aucune adresse de « témoin oculaire » n’a été donné. Ces prétendus témoins n’ont pas non plus laissé de témoignages écrits. Ils n’ont laissé aucune trace, tout comme ceux que Jésus aurait littéralement tirés de la mort ; tout comme ces personnes mortes depuis longtemps qui seraient revenues à la vie et auraient défilé dans les rues de Jérusalem — une scène fantastique relatée uniquement dans l’Évangile de Matthieu. Ils n’ont laissé aucune trace. Ils ont simplement disparu. Ces revenants miraculés sont-ils encore en vie quelque part ? Ou furent-ils décédés une deuxième fois ? À moins que ces événements aient un sens allégorique ; le retour de la mort symbolisant le réveil spirituel. Ce renouveau n'est-il pas également la signification des baptêmes ?
En l'absence de points de repères, comment un historien ou toute autre tierce partie indépendante aurait-il pu consulter les témoins cités plus haut en vue d'évaluer l'affirmation de Paul, qui n'était pas lui-même témoin ? Paul n'a même pas expliqué comment il a su ce qu'il affirmait. Dans 1Corinthiens 9:1 et 1Corinthiens 15:8, Paul laisse entendre qu'il a vu Jésus revenu de la mort. Mais il n'était pas question de face-à-face, mais d'expérience de révélation, selon les dires de Galates 1:15-16, à savoir :
« Elohim a bien voulu révéler son Fils en moi afin que je l'annonce parmi les Païens... »
En d’autres termes, dans l'état actuel des connaissances, il n’existe aucune preuve définitive que le Jésus biblique soit revenu de la mort et ait mené une seconde vie sur terre. Comme on le dit, des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires. De même, des événements spectaculaires nécessitent des corroborations indépendantes. Or, aucun des hauts faits relatés dans la Bible, y compris les apparitions post-mortem de Jésus, n’est mentionné ailleurs.
À cet égard, les manuscrits les plus anciens de l'Évangile de Marc, ne sont d'aucune aide. L'auteur anonyme de ces manuscrits exclut toute manifestation de Jésus après sa mort. Aucune mention d'apparitions ni d'ascension. Notez, en passant, le caractère abstrait et subjectif des « apparitions ». L'auteur dit seulement que « les femmes trouvèrent le tombeau vide, s'enfuirent, prises de peur, et ne dirent rien à personne. » Et là, l'histoire s'arrête : à Marc 16:8. Tel est le large consensus parmi les spécialistes.
Certains diraient : Pourquoi s'en tenir seulement à Marc ? Il y a quatre évangiles, sans compter les apocryphes.
Il se trouve que la version des faits présentés par Marc fait plus d'autorité pour la simple et bonne raison que l’Évangile de Marc est le premier des évangiles narratifs. Ses données sont donc les plus fiables. Apparemment, d'évangile en évangile, l'histoire du Jésus biblique aurait évolué pour accomoder les agendas et les théologies. Les variations entre les quatre évangiles officiels en témoignent. Il ne s'agit pas là de simples différences de point de vue entre témoins, mais de divergences flagrantes, de discordances irréconcilables.
Même si des ajouts tardifs à l'Évangile de Marc font état d'apparitions post-mortem, celles-ci n'ont pas duré 40 jours, mais un jour avant l'ascension. Luc 24:51(b), un passage interpolé (un ajout tardif), mentionne également une ascension le jour même où Jésus serait revenu de la mort. Cela contredit le ou les auteurs anonymes du Livre des Actes qui rapportent que « Jésus s'est présenté vivant à ses apôtres par de nombreuses preuves convaincantes, leur apparaissant pendant quarante jours... » avant d'être enlevé dans l'espace. En supposant que Jésus soit effectivement revenu de la mort, il n’aurait pas eu le temps d’accomplir tous les actes rapportés à la fin de l’Évangile de Jean et au début des Actes des Apôtres. Notez bien que l’ascension elle-même est purement hypothétique, puisque ni l’auteur de Matthieu ni celui de Jean n’en font mention. Ce dernier fait allusion à une ascension, mais n’en rapporte rien.
Même la scène du tombeau vide pose un problème et est inconcevable. L'auteur de l'Évangile de Jean a signalé la présence de disciples lors de la crucifixion de Jésus. Il est l'unique à le faire. D'autres évangiles montrent Pierre dans la cour du grand prêtre pendant le procès de Jésus, le suivant à distance. Cependant, selon ces mêmes auteurs, Jésus avait prédit que tout le monde l'abandonnerait. Et, en effet, selon les auteurs de l'Évangile de Marc et de l'Évangile de Matthieu, « tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite » après son arrestation. Par conséquent, la présence d'un disciple, n'importe où et n'importe quand après l'arrestation, est non seulement improbable, mais contredirait également la prédiction de Jésus lui-même. Si tous les proches de Jésus étaient en fuite, comment certains d'entre eux auraient-ils pu se rendre à son tombeau, gardé militairement, selon l'auteur de Matthieu, et constater la disparition du corps de Jésus ?
Sans accès au lieu de sépulture, assurément réfugiés loin des environs de Jérusalem, désemparés, choqués par la tournure des événements, les disciples de Jésus auraient naturellement fait l'expérience de perceptions ou de sensations les portant à croire que leur maître était encore en vie. Les auteurs des évangiles ont fait état d'apparitions suivies de disparitions ; phénomène relevant du paranormal et indiquant que les "voyants" étaient dans un état second. À noter que le terme "apparition" n'est pas utilisé pour décrire les manifestations des personnages que Jésus aurait tirés de la mort.
Les visions ou apparitions de personnes décédées sont fréquentes. Rien que dans la Bible Grecque, dite le Nouveau Testament, les disciples et les adeptes de Jésus l'auraient « vu » au moins en dix ou treize occasions après son décès. Pour rappel, les manuscrits les plus anciens de l'Évangile de Marc, qui sont les plus fiables, n'en mentionnent aucune. Est-ce à dire que les apparitions de Jésus rapportées ailleurs dans le Nouveau Testament étaient toutes des inventions ? Faut-il leur refuser tout crédit ? Pas nécessairement. Ces apparitions pourraient s’expliquer facilement par le phénomène appelé ADC (After-Death Communications, ou Communications Post-mortem). À ce sujet, voici des extraits de l’article The Healing Effects of ADC, publié dans Psychology Today à l’adresse https://share.google/IOBHfbtAl9ROWoJt0.
« Les expériences liées au deuil peuvent être si bouleversantes que de nombreuses personnes affectées craignent de perdre la raison. Les personnes endeuillées sont submergées par des pensées, des expériences et des émotions inhabituelles. Généralement, ces expériences n'ont rien d'anormal ; cependant, certains les perçoivent comme le signe d’une psychopathologie.
Ces expériences sont appelées After-Death Communications. Les communications post-mortem sont définies par Guggenheim et Guggenheim (1995) comme une « expérience spirituelle qui se produit lorsqu’une personne est contactée directement et spontanément par un membre de sa famille ou un ami décédé ». Douze catégories d’expériences de ADC ont été identifiées, notamment :
Des expériences visuelles allant d'une apparition furtive à la perception d'une forme plus tangible. Elles se produisent le plus souvent la nuit, au pied du lit.
Des visions dans lesquelles le défunt ferait une apparition réaliste, montrant le corps entier, et qui semble tangible et réelle.
Des expériences qui peuvent survenir dans la pénombre lors d'états de conscience modifiés, tels que au moment où l'on s'endort, au réveil, en prière ou en méditation. »
Malgré l’absence de preuves fiables, en dépit des explications scientifiques du phénomène d'apparition, beaucoup de croyants jurent que Jésus est revenu de la mort. Ils font valoir que plusieurs apôtres sont morts à la défense de cette croyance, et que personne ne mourrait pour un mensonge. Cet argument ne tient pas debout dans la mesure où les gens meurent tout le temps pour diverses causes, par fanatisme aveugle, par manque de bon sens ou par erreur de bonne foi. Les sectaires, tant dans le domaine religieux que politique, sont connus pour leur capacité de faire abstraction de la réalité. Certains préféreraient mourir ou se faire martyrs plutôt que reconnaître, par exemple, que leur leader est un imposteur ou un criminel. Cela s’est produit dans le passé et se produit encore sous nos yeux. Demandez aux disciples de David Koresh et de Jim Jones. Demandez à ceux qui sont épris de figures dictatoriales.
En conclusion, jusqu'à preuve irréfutable du contraire, la vie de Jésus après sa mort n'est pas un fait avéré, mais une question de croyance personnelle. Il serait plus productif pour un chercheur conséquent d'explorer la vie de Jésus avant sa mort ainsi que les principes de sagesse universels qu'il a enseignés. Toutefois, si croire que Jésus est revenu de la mort aide quelqu'un à absorber son message fondamental et à le mettre en pratique, qu'ils cultivent religieusement cette croyance sans négliger de chercher la connaissance !
