Ce 10 juillet 2026 marque les 13 ans depuis que le gouvernement de l'ancien président Michel Joseph Martelly a adopté le décret qui interdit la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation, sous quelque forme que ce soit, des sacs en polyéthylène et des produits en mousse à usage alimentaire unique, tels que les plateaux, les bouteilles, les sachets, les gobelets et les assiettes, conformément à l'article 1er dudit arrêté.
Treize ans plus tard, aucune de ces mesures n'a jamais été mise en application par aucun gouvernement. Les autorités restent inactives face à cette situation qui continue de dégrader l'environnement, tout en laissant ce poison envahir les marchés, les rues et l'ensemble du territoire. Ces produits détruisent les sols, polluent les mers et menacent également la santé publique.
Dans le but de poursuivre ce plaidoyer afin d'exiger que les autorités de l'État prennent conscience de l'urgence environnementale, le Groupe d'action francophone pour l'environnement (GAFE Haïti) et Altènatiba Ayiti, qui regroupent plus d'une cinquantaine de groupes locaux répartis dans presque tous les départements du pays, se mobilisent pour dénoncer la contrebande des produits en mousse et sensibiliser la population aux menaces que ces produits représentent pour la santé publique et l'environnement.
En ce 10 juillet 2026, dans plusieurs zones du pays, les militants d'Altènatiba continuent de dénoncer l'inaction des dirigeants. Ils profitent également de cette journée pour exhorter l'État haïtien à appliquer ce décret, en vigueur depuis déjà 13 ans, tout en lui rappelant que la loi existe et qu'elle doit désormais être effectivement mise en application.
Par ailleurs, ils ont rappelé que le présent arrêté est entré en vigueur le 1er août 2013. À l'époque, les autorités avaient affirmé qu'à partir de cette date, tout arrivage de colis contenant les objets visés par cet arrêté serait confisqué par les autorités douanières et que leurs propriétaires seraient sanctionnés.
Cette passivité de l'État témoigne de l'absence d'une réelle volonté de faire respecter l'arrêté du 10 juillet 2013 interdisant la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation des produits en styromousse, alors que le pays continue de subir les conséquences des déchets plastiques et du styromousse qui obstruent les ravines, les rivières et les canaux, aggravent les inondations et menacent la santé publique.
Le Mouvement national citoyen pour le climat, Altènatiba Ayiti, réaffirme sa détermination à continuer de renforcer la mobilisation citoyenne afin de défendre l'environnement et les droits des communautés.
Yasmine sanon
