La Force de répression des gangs (FRG) s'est dotée d'une feuille de route qui fixe un horizon au 30 septembre 2028 pour réduire durablement l'emprise des groupes armés en Haïti. Présentée par son chef, Jack Christofides, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, cette stratégie s'articule autour de trois priorités : reprendre les territoires contrôlés par les gangs, sécuriser les infrastructures critiques et renforcer les capacités des forces de sécurité haïtiennes.
Dans son premier rapport soumis au Conseil de sécurité le 29 juin 2026, Jack Christofides précise que la mission n'a pas pour objectif d'éradiquer totalement l'insécurité à cette échéance, mais de réduire durablement la capacité des groupes armés à contrôler le territoire national et de créer les conditions d'un retour progressif de l'autorité de l'État.
La première priorité consiste à démanteler le contrôle territorial exercé par les gangs à travers des opérations ciblées destinées à reprendre les zones sous leur domination. La deuxième vise à sécuriser les infrastructures jugées essentielles au fonctionnement du pays, notamment l'aéroport international, les principaux ports et les routes nationales, afin de faciliter les déplacements, les échanges commerciaux et l'approvisionnement de la population.
Le troisième axe porte sur le renforcement des capacités de la Police nationale d'Haïti (PNH) et des Forces armées d'Haïti (FAd'H). La FRG entend permettre aux institutions nationales d'assumer progressivement et de manière autonome les responsabilités liées à la sécurité du territoire.
Pour mesurer les progrès réalisés, la mission s'appuiera sur plusieurs indicateurs, dont le nombre d'opérations conduites contre les groupes armés, les armes saisies, les arrestations de membres de gangs ainsi que la réouverture des principaux axes routiers actuellement perturbés par l'insécurité. Ces critères devront permettre d'évaluer l'efficacité des actions entreprises et, au besoin, d'ajuster les opérations.
Au-delà de la réponse sécuritaire, la stratégie vise également à favoriser le redéploiement des institutions publiques, le retour des services essentiels et la relance des activités économiques dans les zones reconquises. Selon le rapport, l'amélioration durable de la sécurité constitue une condition préalable à la reconstruction de l'État et au rétablissement de l'État de droit.
Cette feuille de route intervient alors que la crise sécuritaire continue de se détériorer dans plusieurs régions du pays, où les groupes armés maintiennent leur emprise sur de nombreux quartiers et axes stratégiques, limitant les déplacements de la population et compliquant les opérations des forces de sécurité.
À rappeler qu'un contingent militaire de la Sri Lanka Army est arrivé à Port-au-Prince ce jeudi 9 juillet 2026, dans le cadre de la poursuite du déploiement des officiers pour la Force de Répression des Gangs (FRG) en Haïti. Les troupes sont arrivées à bord d’un avion Airbus A340. Elles ont fait une escale à la base aérienne de Lajes aux Açores, au Portugal, avant d’atterrir en Colombie dans la matinée, puis à l’aéroport Toussaint Louverture.
Les soldats ont été transportés à la base de la FRG dans la commune de Tabarre. À rappeler qu’Amnesty International continue de plaider pour la transparence dans le choix des soldats désignés pour participer à la force, en raison d’accusations visant d’anciens militaires sri-lankais impliqués dans des violences sexuelles en Haïti lors de leur participation à la MINUSTAH.
« Si les objectifs de la FRG sont désormais clairement définis, leur concrétisation dépendra notamment du renforcement des effectifs, des moyens logistiques et de la capacité des forces nationales à reprendre progressivement le contrôle des territoires encore dominés par les gangs. »
Vladimir Predvil
