La Police Nationale d’Haïti annonce poursuivre ses opérations contre les groupes armés dans plusieurs régions du pays, tout en intensifiant le renforcement de ses effectifs et sa coopération internationale dans un contexte de crise sécuritaire persistante.
Dans l’Artibonite, les forces de l’ordre ont mené, dans la nuit du 22 au 23 mai 2026, une vaste opération à Carrefour Machand et dans les zones avoisinantes afin de reprendre le contrôle de plusieurs axes routiers paralysés par des barricades érigées par des groupes armés.
Selon les informations communiquées par la police, plusieurs unités spécialisées, appuyées par des véhicules blindés et des drones de surveillance, ont été mobilisées pour sécuriser le périmètre et empêcher les déplacements d’individus armés. Les agents ont notamment progressé jusqu’à la zone de Rigaud en direction de « Point Rouge », présenté comme un espace stratégique utilisé par des groupes criminels.
L’opération a permis le déblaiement partiel de la route de Canaan-Périsse ainsi que le retrait de plusieurs barricades à hauteur de Kokorat San Ras. Deux barricades importantes installées à Kwaperis ont également été complètement démantelées, tandis que les autorités annoncent la poursuite des interventions afin d’éliminer d’autres obstacles constitués de troncs d’arbres et de consolider les positions reprises.
Parallèlement, une importante saisie d’armes et de munitions a été réalisée à Saint-Marc le vendredi 22 mai 2026 par la Police Nationale d’Haïti avec le soutien des agents de la douane locale. D’après les autorités policières, les agents ont confisqué un fusil de marque Hi-Point Firearms, un pistolet Glock de calibre 9 mm, quatre chargeurs contenant 53 cartouches ainsi qu’une vingtaine de boîtes de munitions. Ces équipements auraient été découverts dans un colis destiné à un individu identifié sous le nom de Théophile Odile.
Alertée par les douaniers, la police, accompagnée du juge de paix Faneld Michel, a procédé à une perquisition au domicile du suspect. Ce dernier avait toutefois quitté les lieux avant l’arrivée des forces de l’ordre et fait actuellement l’objet de recherches actives. Une enquête a été ouverte afin de déterminer l’origine et la destination de ces armes.
Dans le même temps, la police nationale informe mettre l’accent sur le renforcement de ses capacités humaines. Les 1 200 aspirants policiers de la 36e promotion poursuivent leur formation à l’École Nationale de Police dans le cadre du programme P4000+ destiné à accroître les effectifs de l’institution.
Les futurs agents, dont 239 femmes, suivent depuis février des formations portant notamment sur les sciences policières, la gestion de crise, les droits humains, la circulation routière ainsi que les techniques de tir et de tactique. À l’approche de leur graduation, plusieurs évaluations ont été organisées afin de mesurer leur niveau de préparation.
En parallèle, le processus de recrutement de la 37e promotion se poursuit, alors que les autorités cherchent à renforcer la présence policière face à la montée de l’insécurité.
Cette dynamique de renforcement s’accompagne également d’une coopération accrue avec le Brésil. Une délégation conduite par l’ambassadeur brésilien en Haïti, Luis Guilherme Nascentes da Silva, a rencontré le haut commandement de la PNH à l’École Nationale de Police afin d’évaluer les possibilités de collaboration dans les domaines de la formation et de l’appui institutionnel.
Le directeur général a.i de la police, André Jonas Vladimir Paraison, en a profité pour encourager les aspirants policiers à faire preuve de discipline et de professionnalisme dans l’exercice de leurs futures responsabilités.
Par ailleurs, le climat sécuritaire reste marqué par des préoccupations au sein même de l’institution policière. Le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) a exprimé sa vive inquiétude après la disparition de l’agent 3 Joseph Jn Pois Walex, membre de la 27e promotion et affecté au service des Gardes-Côtes.
Selon le syndicat, le policier participait à une opération à bord d’un bateau-citerne de la compagnie MV Tuckernuck en provenance des Gonaïves lorsque sa disparition a été signalée. Son corps n’a toujours pas été retrouvé.
Le SPNH-17 appelle les autorités judiciaires, le Conseil supérieur de la Police nationale ainsi que l’Inspection générale de la PNH à diligenter une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur cette affaire, qui relance les interrogations autour des conditions de sécurité des agents engagés dans les opérations maritimes.
Vladimir Predvil
