Le projet de décret électoral élaboré par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé continue de provoquer des réactions au sein de la classe politique haïtienne. Plusieurs acteurs dénoncent un texte qu’ils jugent « anticonstitutionnel » et craignent une prise de contrôle du processus électoral par l’exécutif.
Le responsable du parti EDE, Claude Joseph, considère ce projet comme une « provocation » envers la nation haïtienne et les démocrates du pays. L’ancien Premier ministre critique particulièrement la disposition prévoyant la nomination d’un directeur général du Conseil électoral en Conseil des ministres. Selon lui, cette mesure réduit considérablement le rôle des neuf conseillers électoraux issus de différents secteurs de la société.
Claude Joseph estime également qu’une telle décision risque d’affecter l’indépendance et la crédibilité des futures élections. Il accuse le chef du gouvernement de ne montrer aucune réelle volonté d’organiser un scrutin libre, honnête et démocratique. À ses yeux, ce document servirait surtout à tester les réactions des forces politiques et sociales du pays.
De son côté, André Michel, porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, accuse également l’exécutif de vouloir compromettre les élections prévues en 2026. Il affirme que le gouvernement a choisi "la voie de la confrontation "avec les partis politiques et le CEP.
L’avocat dénonce lui aussi la création du poste de directeur général au sein du Conseil électoral, estimant qu’il s’agit d’une tentative de contrôle de l’appareil administratif et technique de l’institution. André Michel critique en outre les nouvelles conditions d’éligibilité introduites dans le projet de décret, qu’il considère contraires à la Constitution haïtienne.
Selon lui, le document initial soumis par le CEP bénéficiait déjà d’un large consensus, avant d’être modifié par l’exécutif. Il soutient enfin que le pouvoir en place ne manifeste pas une réelle volonté d’organiser les élections annoncées pour 2026.
Les réactions se multiplient autour de ce projet de décret électoral, dans un contexte où l’organisation des prochaines élections demeure au centre des préoccupations politiques en Haïti.
Sorah Schamma Joseph
